Annotât, ad cpistol. Judœ
2. Les quatorze évêques qui précèdent sont : Jacques, Siméon, Sadoc le juste, Zacchée, Tobîe, Benjamin, Jean, Matthias, Philippe, Sénèque, Sadoc j Lcvi, ephrée, Joses. Voy. Eusèbe, Hist. eccl., lir. IV, chap. 5.
3. Mais vous, mes bien-aimés, souvenez-vous des choses gui ont été prédites par tes apôtres de notre Seigneur Jésus- Christ , qui vous disaient qu'au dernier temps
i INTRODUCTION.
pas sur un argument que nous examinerons plus loin , à propos d'une autre question.
Il s'appuie ensuite sur ce que l'épitre n'a pas été d'abord traduite dans toutes les langues, et reçue dans toutes les églises; mais cette objection est sans poids en présence des nombreux témoignages que rendent à notre épitre les auteurs ecclésiastiques des premiers siècles.
Enfin Grolius prétend que les mots «JfA^oç <ffc IakoCv ont été ajoutés par les copistes pour faire croire que l'épitre étaitde l'apôtre Jude, qui avait un frère du nom de Jacques (iuToi [ctftXÇoç] Iatxû»C«)i mais aucun manuscrit connu ne laisse supposer que ces mots aient été mis à la marge et se soient introduits dans le texte; nous concluons donc avec De Wette 1 que «l'opi- «nion de Grotius est toute gratuite.»
Arrivons à celle de Dahl* qui est toute une histoire. D'après lui un certain prêtre nommé Jude, à qui on apporta par hasard la seconde épitre de Pierre, pour qu'il la communiquât aux églises , se persuada qu'elle n'était pas assez forte pour émouvoir l'esprit léger des hérétiques. Il résolut donc de séparer une partie de l'épitre des autres parties 3 , de telle façon qu'il en sortit une nouvelle plus accommodée à son dessein. Il conserva çà et là les mots et les phrases de Pierre, changea plusieurs choses, et partisan des traditions et des mythes juifs, y mêla plusieurs récits tirés de livres apocryphes. L'ayant ainsi mutilée de sa propre autorité, il n'osa pas la livrer au public comme venant de l'apôtre Pierre ; il eut peut-être aussi l'idée d'acquérir de la gloire par une épitre pastorale. De là vint qu'il la livra au public chrétien après l'avoir revêtue de son nom; alors il
1. Aehrb. der hisL krit. Einl. in dat N. T. ; 3/ édit.; Bcrl., 1834.
2. Comm. exeg. critic. de *i/9ivri* epp. Petr. poster, alq. Judœ , etc. ; Rostock , 1807, p. 86 et 87.
3. On sait déjà que la seconde épllrc de Pierre et celle de Jude se ressemblent considérablement, surtout le second chapitre de 2 Pierre, qui renferme à peu de chose près toutes les idées de l'épitre de Jude.
de l'auteur de l'épitre. 5
prit peut-êlre soin de faire faire plusieurs copies de sa petite lettre , ce qui fut la cause qu'elle fut connue de bonne heure , grâce surtout aux mythes qu'elle contenait et qui plurent à beaucoup de gens. Il retint enfin l'épitre de Pierre, de peur qu'elle ne devînt publique sur le lieu même de sa fraude pie. Cependant cette dernière fut découverte lorsque l'autorité de l'épitre de Jude était déjà reconnue. a Dès lors on ne peut plus • s'étonner, ajoute Dahl, qu'elle fut peu recherchée, mise en « doute par plusieurs et tout à fait négligée. »
Cette hypothèse, qu'il suffit d'émettre pour en démontrer le peu de fondement, peut être facilement réfutée.
Et, d'abord on ne comprend pas la hardiesse avec laquelle un prêtre aurait pu, du vivant même de Pierre, changer, mutiler et mettre au jour sous son nom , une épitre de cet apôtre , qui lui aurait été remise pour qu'il la communiquât aux Églises; il eût été plus sûr et plus facile pour lui de mettre le nom de Pierre à l'épitre qu'il avait fabriquée. Quant à l'accusation que Dahl fait à l'auteur, d'avoir voulu s'attirer de la gloire par une épitre pastorale, elle est sans fondement, attendu qu'on ne découvre dans l'épitre aucune, trace d'ambition ou d'amour de la gloire. L'auteur ne parle pas une seule fois de lui. Ce qu'affirme ensuite Dahl , que le prêtre imposteur a peut-être fait faire plusieurs copies de sa lettre (ce qui expliquerait la connaissance rapide qu'on en a eue), n'est qu'un soupçon dénué de tout fondement, inventé pour rendre raison de l'autorité de notre épitre auprès des Pères de l'Eglise, autorité supérieure à celle de 2 Pierre ' , dont Dahl soutient l'authenticité au détriment de la nôtre. En effet, si plusieurs des anciens Pères de l'Église n'ont pas cité 2 Pierre , comme s'ils ne la connaissaient pas ou ne la regardaient pas comme authentique , et si , au contraire , ils ont parlé avec avantage de la nôtre, il est évident qu'ils