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seuls avec Schott ] , ont prétendu que la langue originelle de l'épitre n'était pas le grec; que, primitivement, cette épitre avait été écrite en araméen , puis traduite en grec; mais aucune bonne raison ne peut appuyer cette hypothèse; on peut en juger par les deux que donne Schmidl :
1. ° «Si Jude écrivit après la mort de son frère pour s'opposer «aux désordres de tout genre qui troublaient la Palestine, on «doit croire qu'il employa dans son épître le dialecte du pays.» Luther 1 ajoute : « L'apôtre n'est pas venu dans un pays où l'on «parlait grec; c'est ce qui explique pourquoi on dit qu'il n'a «pas écrit en grec.»
Mais de ce que la langue grecque n'était pas celle du pays s'ensuit-il qu'elle ne fût pas connue et qu'on ne la parlât pas assez souvent? Toutes les données qu'on possède sur cette question prouvent le contraire, comme on peut le voir par les autorités que cite De Welie (p. 2), les indications de Josephe*, les démonstrations de Hug (t. 2, $. 10) et de Créditer 3 ', et l'existence enfin, à Jérusalem; d'une synagogue grecque (Act. VI, 9). D'ailleurs, on pourrait faire le même reproche à S. Paul, qui écrivait en grec à des lecteurs qui habitaient, pour la plupart, des pays où cette langue n'était pas celle du peuple.
2. ° Schmidl ajoute que, peut-être, «Jude n'était pas en état «de composer une épitre en aussi bon grec, attendu qu'il n'avait «pas quitté la Palestine.» Cette idée ne peut être que fort téméraire; car on ne voit pas à quel titre on pourrait refusera Jude la faculté d'avoir su le grec et d'avoir écrit une lettre dans cette langue, quoique, d'après Hègèsippe ti il n'eût pas quitté son
1. Zween Epist. Petr. und eine Judœ autgel. Wittemb., 1524. Ennaral. in epp. D. Petr. duat et Jud. unam. Argentor., 1534.
2. Antiq. , liv. XVII, oh. 11. Guerre juive, liv. III, ch. 0; liv. II, ch. 14.
3. Beitriige zur Einleitung in die bibl. Schriften. Halle, 1838; t. I, p. 374 cl suiv.
pays. D'ailleurs , il n'y a dans l'épi Ire aucune trace qui indique qu'elle soit une traduction de l'araméen , et cela est si vrai , que Scholt, qui partage l'opinion de Schmidl, sans en donner des raisons, est obligé d'admettre que «le traducteur, quel qu'il «soit, n'a pas traduit littéralement en grec l'araméen de Pépitre « originale. *