‹ RECHERCHES CYTOLOGIQUES EXPÉRIMENTALES SUR LES CORYNÉBACTÉRIES (Bacilles diphtériques et pseudo-diphériques) ÉTUDE SUR LES CORPUSCULES MÉTACHROMATIQUESChapitre 16 sur 18 · PRE; EU · texte numérisé non relu

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phisme, nous croyons faire ici quelques considérations générales au sujet des variations morphologiques des Corynébactéries.

On admet avec Roger (1) que, pour les bactéries, « la variabilité des formes ne dépasse pas celle rencontrée chez les autres organismes ».

Sans doute à cause de leur évolution rapide, on suit plus aisément, chez les protistes, ces sortes d'oscillations plus ou moins amples, écartant momentanément l’'espèce du type normal.

Le polymorphisme naturel ou normal s'oppose au polymorphisme accidentel ou pathologique.

1° Polymorphisme normal

Il paraît dû à un cycle évolutif, accentué chez tous les organismes inférieurs, ainsi l’on trouve une alternance de formes très marquée nécessaire à la végétabilité de certains champignons. |

Danysz (2), après des recherches expérimentales, considère un microbe comme un être à croissance continue et illimitée dont les unités cellulaires deviennent libres et semblables en vivant dans des conditions identiques (structure dissociée).

Si cette indépendance ne se produisait pas, il se manifesterait tôt ou tard dans la masse de l'être une différenciation de formes et de caractères correspondant aux fonctions diverses d’un être complexe,

) RoGer. Traité de pathologie générale de Bouchard, t. I.

—— GrAssxrT. Traité élémentaire de physiopathologie clinique, t. IT, p.222

(2) Danysz. La vie d'un microbe, individu et espèce, Acad, des Sciences, 15 juillet 1919,

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Nous ajouterons donc qu'au point de vue biologique, il est vraisemblable de penser que les variations morphologiques des bactéries sont dues le plus souvent à des influences trophiques, à des conditions osmotiques : cette plasticité bactérienne est une conformation à des exigences vitales qui peuvent se produire aussi bien dans les humeurs d’un organisme que dans les milieux de culture d’un laboratoire.

2° Polymorphisme dysgénésique

Il est donc possible, comme nous l'avons vu, de faire varier le type d’une espèce bactérienne, dans de certaines limites, en modifiant les conditions du milieu.

La concentration saline peut provoquer des formes de dégénérescence chez les bactéries : nous avions déjà eu l'occasion avec mon ami Biot (1) de remarquer chez les trypanosomes du rat «des formes dysosmotiques que ces flagellés revêtaient dans les milieux anisotoniques ».

| À la suite de recherches récentes, on va jusqu’à penser que certains types de végétation bactérienne sont causés par des phénomènes de tension superficielle, dont on découvre, petit à petit, le rôle capital dans l’immunité.

Oliviero (2) considère que la tension superficielle est sous la dépendance de l’adhésion moléculaire ; les composés salins ont peu d'influence sur la production

(1) R. Bror et G. Ricrarp. Société de pathologie exotique, t. V, 11 décembre 1912.

(2) OrivieRo. Revue de pathologie comparée, 1920. Considéralions sur la tension superficielle des liquides.

du phénomène, tandis que les composés organiques à molécule complexe en ont beaucoup. C’est ainsi que la saponine ajoutée en quantités très faibles à un bouillon de culture augmèénte la quantité de microbes par le seul fait de sa présence. $

Govaerts (3) estime que dans les septicémies la stabilité des microbes dans le sang est « la condition essentielle de l'infection », que l’agglutination est le résultat de phénomènes d'attraction et de tension superficielle. ;

Rappelons enfin la modification de caractères que S. Arloing à imposé au bacille de Koch en déterminant, par l’agitation des cultures en bouillon glycériné, une végétation en trouble homogène.

Nous avons vu que dans certains milieux liquides les Corynébactéries restent en dépôt alors qu’elles forment un trouble homogène ou parfois spontanément un voile en surface dans d’autres conditions.

On remarque d’ailleurs que dans la circulation du sang la multiplication des bacilles diphtériques est possible mais très rare.

Ces faits sont dus sans doute à des conditions exceptionnelles, ces bacilles végétant naturellement à la surface des liquides ou sur un substratum solide.

Les recherches expérimentales d’Arloing et Chantre (4), de Charrin et Guignard, de P. Courmont, de

(3) GovarrrTs. Quelques données expérimentales sur la signification des septicémies. Presse médicale, 1918. (Travaux de l’ambulance Océan-La Panne.) =

(4) S. ARLOING et E. CHANTRE. Sur les variations morphologiques el pathogèniques de l'agent de l'infection purulente chirurgicale. Ach. de physiologie, n° 4, octobre 1895.

se

F, Arloing et Nicolas, et de bien d'autres, ont montré la possibilité d'influencer la morphologie bactérienne par diverses substances.

A. Gautier et Lambling (1) affirment que la spécificité chimique de la cellule est en corrélation avec la morphologie.

Nous avons relaté plus haut les modifications de la cytologie bactérienne suivant les variations des conditions trophiques.

B) Commentaires des observations cytologiques

en coloration vitale.

1° Rôle de la membrane bactérienne

Nos expériences de métachromasie faites « in vitro » avec des sacs de collodion, nos colorations vitales des bactéries en préparations fraîches, l’action décolorante des sérums antagonistes peuvent, pour ainsi dire, aider à comprendre les faits qui se passent au niveau de la membrane d'enveloppe des microbes.

On sait qu'Overton (2) a montré que la perméabilité de la cellule pour certains corps est liée à la solubilité de ces corps pour le ou les constituants sans doute lipoïdiques de cette membrane.

Or nous avons constaté au moyen de la métachromasie que certaines matières colorantes peuvent imprégner la membrane bactérienne à l'état vivant, atteindre le eytoplasme et colorer d'une manière spé-

) LAMBLING. Précis de Biochimie, MASsoN, 1920, p. 146.

({ (2) OQvERTON, .Jahre wissent, Botan, 1900, t, XXXIV,

ciale les corpuscules mélachromatiques dont la substance dissout la base de ces colorants. :

Nous avons d’abord fait les épreuves nécessaires pour nous assurer que ce phénomène était un phénomène compatible avec la vie.

Puis, d’autres observations nous ont permis de suivre l’action lytique de sérums antimicrobiens grâce à leur pouvoir d’imprégnation spécifique de la membrane bactérienne et à leur action consécutive sur le cytoplasme lui-même.

D'ailleurs, certaines bactéries, munies d’une capsule protectrice empêchant ou retardant cette action sérique, ont par ce fait leur virulence accrue (Levaditi).

Enfin, pour Mackenzie (1), les sérums et vaccins autogènes doivent sans doute leur valeur au pouvoir lipasique, destructeur de la constitution lipoprotéinique de la membrane bactérienne.

2° Nature et signification des corpuscules

métachromatiques

La métachromasie des granulations nous donne un aperçu des affinités chimiques pouvant s'exercer entre les formations cyloplasmiques et certains groupements moléculaires d’une substance déterminée.

Les travaux de nombreux auteurs (Erhlich, Mesnil) ont éclairé la valeur thérapeutique de quelques corps chimiques comme les couleurs de benzidine, pour atteindre les microbes dans leur vitalité sans nuire cepen-

(4) SHaw MACKENZIE. Sur le mécanisme de l’immunilé, rôle de la lipase, The lancet, t, CXCVII, 8 nov. 1919.

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