LUE
dant aux éléments cellulaires de l'organisme parasité.
Et l'on a vu que l'étude de ces actions peut donner des précisions utiles sur la nature de quelques constituants de la cellule bactérienne.
On admet à la suite de Giemsa que l’affinité du noyau pour les colorants est due à sa richesse en acide métaphosphorique.
De même, après les hypothèses de Mayer, les analyses de Kossel, les travaux de Grimme et les observations de Guilliermond, on estime la substance des corpuscules métachromatiques formée surtout d'acide nucléique.
Nous avons vu en effet que l'addition de certains composés nucléoprotéiques ou lipoïdes (licithine) aux milieux de culture fait apparaître des granulations chez les bacilles pseudo-diphtériques.
Si parfois on peut constater ce phénomène se produire sur certains sérums (sérum de cobaye), on peut penser que leur teneur en licithine est très variable (2 0/00 après les repas).
Le rôle du phosphore indispensable dans les phénomènes biologiques est encore souligné ici : constituant essentiel des tissus vivants, des noyaux des éléments cellulaires, adjuvant utile des actions diastasiques, le phosphore se retrouve encore dans l'élaboration des substances de réserves, propres à chaque être vivant.
Guilliermond remarque que la volutine ou substance des granulations métachromatiques convient très bien comme matière de réserve précisément en raison de sa nature complexe (1).
(4) GUILLIERMOND. Bull. I. P. 1906, p. 197.
Aussi Lambling (1) explique la diversité des fonctions et des spécificités cellulaires «par l'intervention des lipoïdes phosphorés et surtout les protéiques, composés pour lesquels on prévoit un nombre presque illimité de variétés chimiques ».
Le rôle des corpuscules métachromatiques paraissant formés principalement de ces composés, semble done être bien celui d’une matière de réserve, analogue au vitellus, et sans doute destiné à la reproduction ou aux besoins de l'être lors d'une division nucléaire répétée.
On peut voir en effet les corpuseules métachromatiques disparaître, chez les levures, au moment de la formation des asques (Guilliermond) et, chez Hœmatococcus pluvialis, au moment d’une division cellulaire (Reichenow).
Chez les Corynébactéries on pourrait croire que les granulations facilitent la dissémination des bacilles qui, munis de substances de réserves, sont capables ainsi de se multiplier rapidement dans une occasion favorable.
Ce caractère (absence ou présence de granulations) n’est donc rien moins qu'attaché à une espèce ; il ne semble pas qu'on puisse le considérer comme une base certaine pour une détermination différentielle.
Il en résulte qu'au point de vue clinique, la sérothérapie précoce dans un cas probable de diphtérie doit être pratiquée suivant la conclusion de L. Martin et
(1) LamBLinG. Loc. citat., p. 147.
Darré (1) « avant le résultat de l’examen bactériologique ».
Cet examen bactériologique garde toute son utilité et sa nécessité au point de vue pronostique (associations microbiennes) et au point de vue hygiénique et prophylactique.
Si ces études de cytologie expérimentale n’ont fait qu'ajouter une confirmation de plus à des préceptes cliniques, il nous avait paru intéressant d'exposer et de commenter simplement nos recherches et nos résultats, croyant avec Claude Bernard, que « dans l’investigation scientifique, les moindres détails sont de la plus haute importance ».
(4) L. Mann et Danné, Traitement par le*sérum antidiphtérique. Journal médical français, janvier 1920.