CONCLUSIONS
I. — Les caractères différentiels généralement admis en clinique pour la diagnose des bacilles diphtériques et des bacilles pseudo-diphtériques, basée sur la morphologie et la cytologie (présence ou absence de granulations) paraissent suffisants dans la pratique.
Ils ne constituent pas toutefois des caractères bactériologiques strictement spécifiques en raison de leur contingence el de leur variabilité.
IT. — On peut, en effet, dans certaines conditions expérimentales, faire apparaître des granulations chez des bacilles pseudo-diphtériques qui en sont ordinairement dépourvus.
Leur aspect peut ainsi se confondre avec celui des bacilles diphtériques vrais.
III. — Les Corynébactéries diphtériques possèdent également dans leurs formes typiques et leurs formes atypiques dites d’involution, des granulations cytoplasmiques contribuant à mettre encore en évidence les degrés de similitude existant entre les trois espèces : corynebacterium diphleriæ, corynebacterium pseudo-diph-
lerilicum, corynebacterium æxerosis,
re IV.— De même que les granulations de C, diphleriæ et de C. æerosis, les granulations de C. pseudo-diphterilicum sont colorables par le procédé d’Ernst- Neisser et la méthode de coloration vitale. Cette dernière technique illustre les affinités de ces corpuscules pour des groupements moléculaires déterminés de certains colorants (métachromasie).
V. — D'une façon générale, l'apparition de granulations chez les bacilles des groupes diphtériques dépend de conditions trophiques favorables, en particulier, de la présence dans les milieux nutritifs d'une combinaison phosphorée (nucléoprotéide).
VI. — Les formes granuleuses des corynébactéries sont nettement plus abondantes sur milieux solides.
En cultures liquides on les trouve plus fréquemment chez les bacilles se développant en voile que chez ceux végétant en dépôts.
VII — Le pouvoir fermentatif sur les sucres, de même que le pouvoir pathogène paraissent indépendants de la présence des corpuscules métachromatiques.
Les bacilles granuleux n'offrent pas une résistance plus marquée aux actions modificatrices biologiques, chimiques ou physiques.
VIIT. — Le pouvoir lytique des sérums antagonistes se manifeste nettement sur les corpuscules métachromatiques.
Les modifications de leur aspect, après coloration vitale, permettent de suivre la marche de la bactério-
EU
lyse. Parmi les formations de la cellule bactérienne soumise à l’action des sérums antimicrobiens, ce sont les granulations qui résistent le plus longtemps.
Ainsi l’on peut voir après coloration vitale, les sérums normaux décolorer seulement la membrane bactérienne, tandis que l’action des sérums antimicrobiens s'exerce sur le cytoplasme tout entier et sur les corpuscules métachromatiques.
IX. — L'acquisition expérimentale par C. pseudodiphlerilicum de caractères cytologiques habituels à C. diphleriæ doit retenir aussi bien l'attention du bactériologiste que celle du clinicien.
Cette variabilité morphologique, pouvant s'accompagner probablement d'une semblable variabilité du pouvoir pathogène, justifie encore les réserves de certains auteurs, lyonnais en particulier, se refusant à établir une démarcation absolue entre les bacilles granuleux ou non, trouvés dans les régions amygdalienne et naso-pharyngienne et d'en donner des conséquences formelles au point de vue hygiénique et prophylactique.
X. —— Au point de vue biologique, les corpuscules métachromatiques des Corynébactéries semblent en tous points assimilables, en raison de l'identité de leurs réactions tinctoriales et de leur genèse, à ceux observés chez d’autres microorganismes.
XI. -— Présentant la même variabilité de caractères que d’autres espèces microbiennes, les Corynébactéries sont en outre susceptibles de revêtir des formes atypiques rappelant certains aspects mycéliens.
3 = THPFSE 2
XII. — Dans la famille des Actinomycètes où on les classe actuellement, les Corynébactéries se placent comme un groupe intermédiaire entre les bactéries et les champignons avec lesquels elles ont plusieurs degrés
de similitude.
Aussi leur étude comporte un grand intérêt biolo-
gique.