I. — Sagcharomyces Pastorianus I (Hansen
Le S. Pastorianus /, découvert par Hansea dans la poussière de Tair d'une tannerie de Copenhague, ressemble beaucoup à celui que Pasteur a appelé de ce nom dans ses études sur la bière. Les cellules sont ordinairement allongées; il en existe cependant de rondes. Les spores sont petites et n'atteignent que rarement 5 jx. Le plus souvent leur diamètre varie entre 1,5 et 5^5 [X. Leur nombre dans une môme .
cellule varie de un à quatre, mais peut atteindre les chiffres de cinq à dix. Les voiles sont formés de cellules très allongées.
Développement végétatif. — Dans le liquide Mayer, on observe chez cette levure un développement qui ressemble beaucoup à celui que nous venons de décrire pour le S. cerevisiœ.
Lés cellules jeunes ont une forme ovale ou sphérique. Elles possèdent à leur centre de petites vacuoles renfermant quelques corpuscules métachromatiques ; plus tard les vacuoles se réunissent ordinairement en une seule, en môme temps que les corpuscules métachromatiques se développent et augmentent de nombre.
Le noyau est le plus souvent en contact avec cette vacuole et vers le milieu de la cellule. Il atteint environ i ;/. de diamètre et se présente asse^ souvent comme une masse homogène, qu'on emploie pour sa différenciation Thématoxyline au fer ou Thémalun. Cependant, dans les meilleures préparations, il montre une structure analogue à celle que nous avons observée chez le S. cerevisiœ avecun nucléohyaloplasme incolore^ une membrane^ un nucléole et quelques grains de chromatine très irrégulièrement disposés. Très souvent on n'aperçoit que le nucléole (PI. IV, fîg. de 8 à i4).
Le bourgeonnement s'effectue de la même manière que chez le S. cerevisiœ. La vacuole envoie dans le jeune bourgeon un petit prolongement, qui se sépare ensuite de la A^acuole
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mère en gardant une partie des corpuscules métachromatiques.
Le noyau se divise soit en même temps, soit, plus fréquemment, après la vacuole. Sa division s'accomplit par un procédé analogue à celui que nous avons décrit chez la levure précédente.
Sans changer de place, il s'allonge légèrement et se partage en deux portions dont Tune va rejoindre le bourgeon, ou plus souvent il s'allonge beaucoup, gagne l'orifice du bourgeon, se rétrécit et se coupe en son milieu, 'et l'un des deux noyaux fils ainsi formés s'introduit dans le bourgeon.
Au bout d'un certain temps les cellules manifestent une tendance à s'allonger, elles deviennent ovales et se remplissent de glycog^ne ; cependant quelques-unes d'entre elles restent sphériques. Dans les cellules allongées, qui sont de beaucoup les plus nombreuses, le glycogène qui avait d'abord apparu dans le protoplasme se localise ordinairement dans deux vacuoles, situées aux deux pôles de la cellule.
La cellule comprend alors une ou un certain nombre de vacuoles à corpuscules métachromatiques au centre et au voisinage des noyaux, et deux vacuoles glycogéniques aux deux pôles.
Dans les formes sphériques, les vacuoles glycogéniques occupent ordinairement l'un des côtés de la cellule.
Cette structure paraît se conserver pendant longtemps. Le glycogène, moins abondant que dans le S. cereçisiœy reste localisé dans les deux vacuoles polaires, et les vacuoles à corpuscules métachromatiques subsistent pendant tout le développement.
Dans les voiles, le3 cellules sont quelquefois très allongées, mais malgré cela possèdent une structure semblable et on n'observe ordinairement qu'un seul noyau par cellule.
Sporulation. — Pans les premières jphasef?
de la sporulation les cellules prennent un aspect alvéolaire. Le protopl^rsme apparaît alors entièrement formé de petites vacuoles délimitées par des mailles très fines de protoplasme. (PI. XI, fig. de 3 à 6). Il existe toujours deux catégories de vacuoles, les unes, ordinairement disposées au centre de la cellule, qui contiennent une très grande abondance de corpuscules métachromatîques, et les autres, généralement polaires, qui renferment exclusivement du glycogène. Cette vacuolisation effectuée, on voit se produire daps rintérieur des vacuoles à corpuscules métachromatiques le phénomène que nous avons déjà constaté dans la levure précédente : les corpuscules métachromatiques diminuent de nombre et les vacuoles qui les contiennent prennent une couleur rouge pâle avec la plupart des matières coloraptes (PI. XII, fig. de 29 à 38).
Le noyau se trouve presque toujours au voisinage des vacuoles à corpuscules raétachromatiques. Il apparaît sous forme d'une masse sphérique homogène. Le protoplasme s'accumule bientôt autour de ce noyau et c'est à ce moment que ce dernier commence ses divisions successives en vue de la formation des spores.
Cette division se produit delà même manière que dans le .9. cereçisiœ et sans qiVon puisse s'en faire une idée exacte. Les noyaux fils vont se placer aux pôles delà cellule ou restent très prochQp les uns des autres^ *
Les spores naissent comme dans le S. cereçisiœ; elles apparaissent d'abord sous forme de très petites masses de forme irrégulière contenant chacune un noyau et se délimitant par une bordure protoplasmique sombre qui commence à naître au voisinage du noyau, pour se fermer ensuite dans sa région opposée; puis elles s'enveloppent bientôt d'une zone hyaline, qui marque le début de la formation de la membrane cellulosique (PI. IV, fig. de i5 à 21).
,Les spores formées sont constituées d'un très petit noyau accolé à l'un des côtés de la membrane et d'un protoplasme rayonnant autour de ce noyau. Au fur et à mesure qu'elles grossissent, elles absorbent l'épiplasme, qui se désorganise et se transforme en un liquide cellulaire contenant du glycogène, la substance qui se
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colore en rouge et quelques restes de corpuscules métachromatiques qui diminuent de plus en plus et finissent par disparaître complètement.
Une fois mûres, les spores sont très grosses et occupent tout le volumei de Tasque.
Leur germination présente les mêmes caractères que le S. cereçisiœ et ne diffère pas du bourgeonnement normal des cellules • végétatives (PL IV, fig. de aa à lîS).,
IL — Saccharomyces Ellipsoideus I
(Hansen)
Le S. ellipsoideus I est une levure à fermentation basse, trouvée par Hansen sur des raisins mûrs dans les Vosges; il ressemble beaucoup au S. ellipsoideus de Reess et de Pasteur. Ses formes,* d'i^rdinaire elliptiques, peuvent devenir rondes ou même s'allonger en boudins.
Les spores atteignent tm diamètre compris entre 2 et 4 (^- l^eur nombre varie entre i et 4*
Les voiles renferment des* cellules très allongées. '
Déi^eloppement végétatif. — La structure du
S. ellipsoïdéUs diffère fort peu de celle des précédentes levures. Il existe, dan» les premières phases du développement, plusieurs petites vacuoles contenant un nombre variable de corpuscules métachromatiques. Ces vacuoles grossissent et se fusionnent, constituant alors une grosse vacuole occupant le centre de la cellule.
Le noyau, ordinairement accolé à cette vacuole^ possède une structure très visible dans les bonnes préparations avec nucléoplasme limité par une membrane^ nucléole et granules chromatiques (PL III, fig. de 4i à 48 et PL IV, fig. I, 2, 3).
Le bourgeonnement se produit suivant le même procédé que dans les levures que nous venons d'étudier. La division du noyau s'effectue toujours par amitose.
Le glycogène se montre en bien moindre abondance que dans les levures précédentes et se localise dans de petites vacuoles naissant à des endroits indéterminés de la cellule. Dans lés cellules allongées, on peut retrouver la disposition que nous avons observée chez le S. Pastorianus aveiî une vacuole centrale à corpuscules métachromatiques et ^ deux vacuoles polaires renfermant le glycogène.
Sporfilation. — Les spores sont difficiles à obtenir dans les cultures sur tranches de carotte:
•au contraire elles se forment très rapidement sur les blocs de plâtre •
Les phénomènes histologiques de la sporulation ne diffèrent pas de ceux que nous avons observés jusqu'ici.
On remarque encore une vacuolisation du protoplasme et Ton distingue des vacuoles renfermant du glycogène, et des vacuoles à? corpuscules métachromatiques, ' dans lesquels on observe à certains moments des phénomènes de dissolution.
La division du noyau et la formation des spores se produisent de la même façon, ainsi que le montrent nos figures (PL IV, fig. de 4 à 8 et PL Xn, fig, de Sg à 43),
IIL — Saccharomyces subcutaneu»
TUMEFACIENS (CuRTIs)
Cette levure fut découverte, il y a quelques années, par Gurtis dans certaines tumeurs malignes. Elle ne diffère pas des levures ordinaires. Les cellules ont une forme sphérique. La membrane peut, lorsque la levure vit en parasite d^ns les tissus, donner lieu à des formations capsulaires, comme cela existe chez la plupart des levures pathogènes.
Curtis a éherché à observer la structure de cette levure ; il signale^ comme nous l'avons vu, la présence de deux catégories de granules disséminés dans le protoplasme ; les uns, qui se colorent intensivement par le vert de méthyle, sont considérés par lui comme des granules de chromatine; les autres sont très réfringents et ne se colorent pas ; ce seraient des globules d'albumine jouant le rôle d'e produits de réserve. Le noyau serait donc diffus dans le protoplasme.
Le S. tumefaciens nous a montré dans ses cellules, au début du développement, uii certain nombre de petites vacuoles, renfermant chacune quelques granules métachromatiques que Curtis a pris pour des grains de chromatine. Nous avons toujours observé en outre un noyau qui se colore facilement par l'hématoxyline de Heidenhain et par l'hémalun. Il est toujours très petit et se présente sous l'aspect d'une masse sphérique et homogène enveloppée parfois d'une zone hyaline de nucléoplasme(Pl. IV, fîg. 26, 27 et 28).
Ce noyau se divise par le procédé habituel.
Tantôt, il se partage, en s'étranglant, en deux petites masses, dont l'une reste à sa position primitive et dont l'autre se dirige dans la nouvelle cellule, tantôt il s'allonge, pénètre dans le col du bourgeon et s'y sépare en deux portions.
l^e glycogène est toujours rare dans les cellules du 5. tumefaciens^ même dans les milieux les plus favorables à sa formation. Il apparaît, lorsqu'il existe, dans le protoplasme qu'il imprègne, mais il ne semble pas se localiser dans les vacuoles.
Vers la fin du développement on observe souvent la formation de gouttelettes réfringentes répondant probablement aux granules albuminoïdes de Curtis, et qui nous paraissent être des globules d'huile.