OBSERVATION IX
Quatre ans; doulear dans la fosse iliaque droite; convulsions generales; mort. — Ver lombric d’environ cinq pouces } logé dans le cul-de-sac du cæcum ; inflammation de sa membrane muqueuse.
(Observation recueillie par M. le docteur Masclas. )
Un enfant de quatre ans, jouissant habituelle* ment d’une bonne santé, quoique d’une faible complexion , d’une mobilité nerveuse assez grande , est pris subitement de fièvre, après s’étre fréquemment plaint , pendant quelques jours d’une douleur qu’il rapportait à îa fosse iliaque droite. Tout-à-coup convulsions générales violentes et continues , dans lesquelles tous les symptômes qui les caractérisent sont portés à un assez haut degré. Le médecin appelé prescrit une potion anti-spasmodique , l’immersion dans un bain tiède , les frictions , les sangsues derrière les oreilles, et généralement tous les moyens appropriés en pareil cas. Les acculons semblent d’abord diminuer d’intensité pendant quelques momens, mais se reproduisent bientôt avec plus de force , et se succèdent enfin avec une telle rapidité, que la petite malade ne tarda pas à succomber, après avoir porté souvent îa main -du côté droit du bas-ventre.
'AUTOPSIE CADAVÉRIQUE
Tête. Toutes les parties sont dans l’état normal.
Poitrine. Cette cavité n'offre rien de remar-, quable.
Abdomen . Après des recherches exactes et long-temps prolongées , on trouva enfin un ver lombric long d’environ cinq pouces, logé dans le cul-de-sac du cæcum, et dont la moitié environ s’était introduite dans l’appendice de cet intestin, en formant un repli sur elle-même. Cet appendice était manifestement tendu. Sa membrane muqueuse était rougeâtre. Les autres intestins, 'étaient dans l’état naturel, et contenaient quelques mucosités.
Réflexions. Cette observation m’a paru digne d’être citée : i° â cause du lieu où séjournait le ver ; 2° par les accidens funestes qu’il développa sympathiquement , quoique logé en grande partie dans une portion d’intestin où il semble que la .sensibilité ne doit pas exister à un haut degré ; 3° par l’absence de tout désordre appréciable dans le cerveau , ainsi que dans les autres organes ; d’où on pourrait conclure que la mort n’aurait eu lieu que par suite de l’état convulsif trop prolongé des muscles de la respiration , ■lequel auraitame né eaüu la cessation de leurs
fonctions. N’en est-il pas ainsi quelquefois de la mort causée par le tétanos ? En effet , on ne rencontre, pour îa plupart du temps, aucune altération organique , mais seulement un engorgement des sinus cérébraux, qu’on ne doit considérer alors que comme effet.