‹ Recherches d'anatomie et de physiologie pathologiquesChapitre 24 sur 66 · III · texte numérisé non relu

III

potion avec la liqueur d’Hoffmann et teinture de castoréum. )

Une demi-heure après l’emploi de ces divers moyens ( le sinapisme avait produit une rubéfaction vive), les convulsions se calmèrent un peu.

Huit heures. La petite malade était plus calme ; les mouvemens convulsifs avaient cessé dans les extrémités , mais il en existait encore de temps en temps dans les lèvres et toujours dans les yeux. Elle était plongée dans un profond assoupissement ; respiration précipitée , stertôreuse ; fonctions des sens et de l’intelligence complètement nulles : le tiers de la potion avait été pris.

Cet état continua jusqu’à deux heures et demie du matin , où les convulsions la reprirent avec autant de force qu’auparavant ; les pupilles étaient très-dilatées ; la cornée avait perdu sa transparence et se couvrait de stries muqueuses. Le ventre n’était plus volumineux ni tendu ; il y avait eu plusieurs évacuations après les lavemens donnés la veille. Une assez grande quantité, d’écume incolore remplissait la bouche.

(Sinapisme à un pied , vésicatoire à une cuisse. On lève celui de la nuque qui a bien pris. Douze à quinze gouttes d’éther sont administrées en une seule fois dans une demi -cuillerée de solution

gommeuse. ) Demi-heure après , nouvelle dose ; pas de changement.

Peu à peu les mouvemens convulsifs se calmèrent jusqu’à neuf heures et demie du matin.

Alors coma profond ; mouvemens convulsifs, bornés aux yeux et aux lèvres ; obscurcissement de la cornée , et stries muqueuses plus prononcées ; respiration précipitée , stertoreuse ; pouls très-fréquent , donnant environ 200 pulsations par minute ; insensibilité complète ; les pincemens les plus forts ne paraissent pas sentis. Toute la potion prescrite la veille avait été prise.

( Prescription de M. Jadelot : six sangsues aux tempes, décoction de mousse de Corse |j , potion gommeuse , liniment camphré sur le y entre.)

L’état de la malade demeura le même pendant toute la journée ; les sangsues saignèrent fort peu ; la peau commençait à se refroidir. Vers le milieu du jour, on appliqua un vésicatoire sur la tête.

Huit heures du soir. Face cadavéreuse ; yeux fixes , immobiles , recouverts d’un enduit muqueux ; refroidissement général ; pouls insensible aux poignets; repiration bruyante, précipitée ; immobilité complète. Mort à neuf heures du soir*

ouverture bu cadàvre , 'soixante * douze heures après la mort.

Tête. Le vésicatoire , appliqué sur le crâne n’avait pas pris ; légère infiltration séreuse cle la pie-mère , au-dessous de l’arachnoïde ; substance cérébrale saine , non - injectée , molle ;] nulle trace d’inflammation dans les méninges;! ventricules latéraux dans l’état natureî, contenant seulement quelques gouttes de sérosité; sérosité un peu plus abondante , d’une teinte perlée , dans les fosses occipitales inférieures ; il s’en écoula aussi un peu du canal vertébral, en tout environ une cuillerée et demie. Le canal vertébral et la moelle étaient sains ; il se trouvait seulement quelques gouttes de sérosité entre les membranes.;

Thorax. Cœur et poumons sains , le bord postérieur du poumon droit paraissait un peu plus engorgé de sang que le gauche ; le larynx et le commencement de la trachée contenaient un peu de mucus blanchâtre , mais leur membrane muqueuse était saine.

Abdomen. Estomac sain , présentant seulement à son intérieur une teinte rosée de quelques lignes d’étendue , occupant sa petite courbure. Les intestins furent ouverts dans toute leur longueur. L’intestin grêle contenait des matières

liquides , jaunâtres , peu abondantes ; dans un

, » point elles avaient une couleur verdâtre ; c»

Outre, six vers lombrics assez volumineux, dont plusieurs étaient réunis en une seule masse. Les matières contenues dans les gros intestins étaient un peu plus consistantes. La membrane muqueuse, pâle, blanche dans plusieurs endroits, offrait dans quelques autres une légère rougeur. Les autres viscères ne présentaient rien de particulier.

'Réflexions. Voilà sans doute un exemple remarquable du peu d’efficacité des anti-spasmodiques dans le traitement des convulsions dont était atteinte Amélie Boutmy. Le calme qu’ilsdéterminèrent ne fut que passager. Or, si, an lieu de diriger les a gens thérapeutiques vers la tête, et d’insister sur leur emploi ; si , au lieu de faire la médecine du symptôme , on eut prescrit des antlielminthiques , bien persuadé que tous les accidens étaient dus à la seule présence des vers, nul doute qu’on n’eût prévenu la mort. Aussi nous ne saurions trop répéter que les moyens les plus efficaces pour traiter' le plus grand nombre des affections dites cérébrales des enfans, consistent dans les vermifuges, les sangsues sur l’abdomen , les demi-bains tièdes et les lavemens. Nous ne prétendons pas en exclure les émétiques et les purgatifs ; mais, pour y avoir recours, il faut que les indications soient bien prononcées*

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