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OBSERVATION XII

Dix ar\s ; constitution délicate; céphalalgie ; douleur à la régie® antérieure du cou et à l’épigastre; dévoiement; toux sèche; délire; cris: — amélioration successive ; conpalescencele quinzième jour. ( Thibeaudj dissertation citée,')

Henriette Gérard , âgée de dix ans , d’une .Constitution délicate , maigre , tempérament sanguin -lymphatique , fut prise, le 29 juillet [1819, après un repas copieux , d’une vive douleur dans la tête et les membres, de nausées et de vomissemens très-douloureux. Un émétique administré procura plusieurs vomissemens bilieux et la sortie de deux vers par la bouche. Le troisième jour, soif vive ; douleur à la gorge et à l’épigastre ; vomissemens pendant la nuit précédente ; agitation continuelle ; fièvre intense 7* délire le soir. (Boissons adoucissantes. )

2 Août au soir. Entrée de la malade â l’hôpital. Elle offre l’état suivant : face rouge, contractée ; conjonctive injectée ; lèvres sèches ; langue rouge, sèche, racornie; douleur à la

gorge et à l’épigastre ; dévoiement abondant ;

urines rares ; pouls petit , fréquent et serré ; chaleur vive ; peau sèche ; toux assez fréquente et sèche ; délire. ( Boissons délayantes. )

3 Août , 5e jour. Même état que la veille. M. Jadelot la vit ce jour pour la première

fois , et fit appliquer dix sangsues sur l’aMomenJ (Limonade, mauve.) Le lendemain au soir , redoublement très-prononcé, (Sinapisme à une jambe. )

5 Août , 7e jour. Etat à peu près le même. Face triste, grippée ; pulsations rapides des carotides; continuation du délire ; cris; abdomen douloureux , tendu ; un peu de dévoiement.

(Huit sangsues autour de la tête, cataplasmes avec décoction de pavot sur le ventre, sinapismes aux pieds ; le soir, glace sur la tête. )

Dans la soirée , après l’application de la glace, il y eut du calme ; la nuit fut assez tranquille jusqu’au matin du 6 , où le délire la reprit ( Cinq sangsues à l’anus. )

Le soir, pas de changement remarquable.

7 Août , qe jour. La nuit a été très-bonne, le délire a complètement cessé ; l’expression de tristesse de la face est beaucoup moins prononcée ; la malade répond bien aux questions, et se plaint de souffrir encore un peu de la tète ; langue humide , d’une couleur rosée ; abdomen encore un peu tuméfié , mais à peine douloureux a la pression ; dévoiement peu abondant ; pouls faible, peu fréquent; la peau est souple, elle a perdu la sécheresse et la chaleur qu’elle présentait les jours précéder^. ( Boissons délayantes / cataplasmes. )

Le lendemain , il survint mie légère exacerbation , la langue se sécha , se rougit ; l’abdomen redevint un peu douloureux, la face plus triste ; l’enfant se plaignit un peu. Ces symptômes cessèrent promptement. Pendant quelques jours, elle conserva un peu de diarrhée et de sensibilité à l’abdomen. On s’en tint aux boissons délayantes et à quelques bouillons.

Le i3 août , la douleur de ventre avait entièrement disparu. Il subsiste encore un peu de diarrhée ; on permet quelques potages. Peu après y la diarrhée se supprima. On augmenta graduellement la quantité d’alimens ; et l’enfant sortit de l’hôpital parfaitement rétablie vers le milieu de septembre.

Réflexions. On ne peut s’empêcher de reconnaître , dans cette observation , une irritation de la muqueuse gastrique , survenue à la suite d’un repas copieux. Si, à cette cause déterminante , nous joignons l’emploi de l’émétique , on concevra sans peine , et l’augmentation de 3 irritation gastrique , et l’apparition des symptômes cérébraux, dont l’intensité réclama un traitement particulier. Toutefois , on ne mit des sangsues autour de la tête qu’après en avoir appliqué dix sur l’abdomen. Ce cas vient donc confirmer la proposition que nous avons énoncée

plus haut , que lorsqu’un malade-, atteint iF une inflammation de la muqueuse gastro-intestinale , éprouvé en meme temps des symptômes bien prononces dans F encéphale , il faut , pour obtenir un succès complet, attaquer, pour ainsi dire , simultanément ces deux parties , sans néanmoins jamais perdre de vue que la phlegmasie abdominale doit être traitée la première ,j et exige , en outre , des moyens plus énergiques,! C’est en suivant une pareille méthode qu’on peut4 ■espérer de diminuer la mortalité, si fréquente à cette première période de la vie. L’observation dont nous venons de tracer l’histoire est un* exemple frappant de cette vérité. Nous voyons en effet , après une nouvelle application de sangsues à l’anus, le délire cesser complètement , tous les symptômes, en un mot, perdre leur intensité, et finir par disparaître complètement à laide des boissons délayantes.

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