‹ Recherches d'anatomie et de physiologie pathologiquesChapitre 37 sur 66 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

Cinq ans 5 valétudinaire ; malaise général ; vertiges; douleur épigastrique; contraction des muscles de la face ; renversement de la tête en arriére; trismus; convulsions générales; stupeur; rire sardonique; teinte jaunâtre. — Eau stibiée ; voînissemens bilieux suivis d’ évacuations alvines copieuses ; guérison instantanée.

(Chalupfc j ouvrage cité. )

Un jeune mulâtre, âgé de 5 ans, d'une habitude valétudinaire , se plaignait depuis quelques jours d’un malaise générai. La veille il avait refusé de manger. Beux heures avant mon arrivée , il disait éprouver des vertiges quand il était debout , et accusait en outre une douleur fixe , mais peu intense , à la région épigastrique. Tout-â-coup , contraction involontaire des muscles de la face , tournoiement des yeux , renversement léger de la tête en arrière , perte de connaissance , trismus. Bientôt après, convulsions générales. Rendu auprès du malade, je le trouvai dans un état de stupeur, parfois interrompu par une sorte de rire sardonique. Le pouls était un peu plus fréquent que dans l’état naturel ; les pupilles étaient dilatées et immobiles ; les sclérotiques avaient une teinte jaune prononcée; l’habitude du corps était également plus jaune que d’ordinaire ; la portion de la langue , qu’on pouvait apercevoir par l’absence

de quelques dents de devant , paraissait manifestement saburrale. Je me décidai de suite à administrer de- l’eau stibiée. Au bout d’une demiheure , une première dose ne semblant produire aucun effet , j’en fis donner une seconde.' Peu de raomens après , le malade vomit une quantité considérable d’une bile d’abord poracée , et ensuite d’un jaune d’ocre , rendue avec une telle abondance ? qu’une partie s’engagea' par les fosses nasales. Ce vomissement fut favorisé par l’usage de beaucoup d’eau tiède , et bientôt suivi d’évacuations alvines copieuses.! Les accidens disparurent incontinent , pour ne plus revenir. La convalescence suivit de près et fut assurée par l’emploi des amers.

Rëjleccions . Les exemples de ce genre ne sont? pas rares : on en trouve de très- curieux dans les annales de la Science. Celui que nous avons sous les yeux est très-remarquable par la gravité des symptômes cérébraux : on aurait dit une lésion encéphalique très-intense. Il suffit cependant de deux doses d’eau stibiée pour faire disparaître sans retour tous les accidens. Stolî ^ qui , comme nous l’avons dit ailleurs (i) , a

(i) Voyez le Mémoire que nous avons publié en 1822 sur les sympathies eu général , et en particulier sur celles de l’estomac avec différentes parties du corps humain9

réuni , dans sa Médecine-pratique , une foule de faits précieux sur se sujet , n’a tant multiplié sans doute l’emploi des émétiques , que parce qu’il connaissait très-bien la grande influence de l’estomac sur toutes les parties du corps , et principalement son action spéciale sur la tète. Que l’émétique ait été nuisible dans beaucoup de cas, c’est un fait reconnu et avoué par tout le monde ; mais vouloir nier son utilité, c’est ce que contesteront toujours ceux qui , au risque d’ètre accusés d’aveuglement , continuent de l’employer (et le succès en justifie l’emploi), dans ces cas, connus en vieille médecine, sous le nom d’embarras gastrique , et dans toutes les maladies, en un mot, où prédomine X élément bilieux.

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