‹ Recherches d'anatomie et de physiologie pathologiquesChapitre 45 sur 66 · OBSERVATION XXX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXX

Vingt-quatre jours; symptômes de coryza et d’ophthalmîe palpébrale; taches rouges très-petites sur les joues et le menton; vomissemens des alimens ; dévoiement; mouvement fébrile continu; trémoussemens convubifs au visage; ris sardonique; gonflement du ventre; respiration presque nulle; mort. — TS-inlte-, adnite et kératite ; cssophago-gastro-entéro-colite j pleura -pneu mo-* nite j encéphalite ; lithiasie urique «

(Denis, eue , oit,, ois, 8e, p. 55o à 52.)

^coriche (Pétronille immatricule n° 25^

âgee de 24 jours, est entrée à l’infirmerie le 22 janvier avec un coryza et une ophthàlmie palpébrale ; elle offre les symptômes connus de ces maladies, et en même temps quelques taches rouges très-petites, exubérantes et discrètes sur les joues et le menton, (Tisane pectorale gommée, injection émolliente dans les yeux, et

vapeur émolliente dans les narines ; alimens , lait et bouillon.) L’intensité de ces affections ayant cédé, on remet F enfant à sa nourrice qui la rapporta le ier février. Le coryza et F ophthàlmie sont à un très-haut degré. (Même traitement.)

Le 8 février, le coryza a disparu, mais les yeux sont dans le même état.

Le i3 , les paupières sont tellement gonflées qu’on ne peut les entr’ouvrir ; elles versent beaucoup de pus. Le coryza se reproduit légèrement. (Collyre excitant.) Jusqu’au iermars, amendement considérable dans l’état des yeux et des narines ; mais la santé se détériore , les alimens sont fréquemment vomis , et il se manifeste un dévoiement quelquefois jaune et quelquefois vert. Un mouvement fébrile continu , avec un peu d’agitation , accompagne ces symptômes ; la face reste toujours assez pleine ; le corps maigrit ; l’éruption signalée au commencement de la maladie a disparu ; il reste un léger eacliifrènement , et il se forme une très-*

légère e'rosion sur les cornées transparentes. On néglige alors de suivre la succession des phénomènes qu’offre l’enfant , tant à cause de leur peu de variation , que parce qu’on attend leur prompte cessation. Cependant le marasme est devenu extrême ; les pertes par le dévoiement et la non digestion sont excessives ; la réaction est presque nulle. Tout-à-coup , trémoussemens convulsifs au visage avec ris sardonique et quelques mouvemens dans les bras, puis calme profond et refroidissement prolongé avec gonflement du ventre et respiration presque nulle. Mort le 21 mars. Le traitement a été constantment le même.

autopsie cadavérique;

Corps de 19 pouces de long ; le tube digestif ayant 17 pieds ; peau flasque ; point de graisse* Œsophage: état gélatiniforme dans son tiers inférieur. Estomac: distendu par des gaz, couleur d’un blanc opaque, il conserve de la cohésion sur la grande courbure et au pylore où il est simplement épaissi et d’un blanc mat ; mais,1

dans le reste de son étendue , il est détruit et fondu en bouillie gélatiniforme, avec effusion des matières qu’il contenait dans la cavité péri-.

tbnéale. Intestin grêle .* dilate' par des gaz et des liquides jaunes ; muqueuse épaissie , sans valvules , résistante et d’un beau blanc mat. Ganglions mésentériques : volumineux , d’un beau blanc. Gros intestin : plein de matières jaunes ; sa muqueuse est fortement injectée , et couverte de follicules dilatés au deuxième degré. Péritoine: il renferme des matières alimentaires facilement reconnaissables et un fluide albumineux. Foie : Volumineux , assez sanguin , flasque ; son grain est fin et serré. Hâte: très-molle. Reins : de petits graviers se trouvent dans leurs calices ; deux d’entre eux ont deux lignes de diamètre. Fessie : vide et saine.

Cœur et gros vaisseaux : renfermant peu de sang ; caillots gélatineux dans l’oreillette et le ventricule droits ; fluide roussâtre dans le péricarde ; membrane interne des grosses artères assez rouge. Pierres : celle du côté droit est remplie par une vaste fausse membrane. Poumons : celui du côté droit est d’une couleur lie de vin , assez dense , ne gagne pas le fond de l’eau et ne crépite pas. Bronches : la division droite est rouge et pleine de sang. Fosses nasales: muqueuse épaisse sans rougeur; la muqueuse du sommet du pharynx est sur-tout très-épaisse et paraît couverte de végétations. ^Ÿeux : conjonctives injectées , épaissies , gra-

buleuses ; taches blanches sur les cornées ; Tin* térieur des globes est sain.

Encéphale : le cerveau se termine en pointe vers l’occipital ; l’arachnoïde de toute la périphérie du cerveau et de l’encéphale est opaque. Sous elle est de la sérosité, et, dans sa cavité , une couche membraniforme , albumineuse, jaunâtre , très-molle ; la pulpe cérébrale est ramollie dans les lobes cérébraux postérieurs , ailleurs elle est dense et injectée ; les ventricules sont pleins de fluide transparent , leurs parois sont fort injectées. Moelle : saine.

Réflexions. Nous voyons encore dans cette observation une gastro-entéro-colite se présenter, en partie sous la forme de l’altération blanche,! et en partie sous celle du ramollissement gélatiniforme ; nous la voyons amener consécutivement une forte inflammation de l’arachnoïde , et par, suite un épanchement de sérosité dans les ventricules. Ce fait nous avertit de tous les dangers que peut entraîner une inflammation extérieure, en vertu des liens étroits qui unissent la peau à la membrane muqueuse gastro-intestinale. Instruit parce malheureux exemple auquel il serait facile d’en joindre d’autres , nous ne saurions- trop recommander de se tenir en garde contre ces affections généralement regardées comme lé«*

gères , parce qu’elles ont leur siégé dans le système cutané , et de les attaquer sur-tout avec énergie , vu la rapidité de leur propagation à çette époque de la vie, si l’on veut prévenir les accidens toujours funestes auxquels elles donnent lieu.

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