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CHAPITRE IV

SYMPATHIES PATHOLOGIQUES DE LA MEMBRANE MUQUEUSE GASTRO - INTESTINALE ET DE LA MENINGINE.

Pour achever de porter la conviction dans l’esprit de nos lecteurs , nous allons faire coït*

naître , dans ce chapitre , les résultats que Fà^ natomie pathologique , Ce complément de là science medicale, nous a fournis relativement à Ja liaison qui existe entre le canal intestinal et la méningine. Cette liaison est tellement étroite y dit un laborieux anatomo - pathologiste , M. Scoutetten (i), que, quand le premier est irrité d’une manière aigue ou chronique , la membrane du cerveau participe toujours aux mêmes nuances d’irritation.

Celte proposition ne me paraît rigoureuse^ nient vraie , que lorsque l’inflammation de la membrane muqueuse gastro-intestinale se trouve tien établie , encore même faut-il qu’elle existe depuis un certain temps , pour que celle de la membrane du cerveau ait pu se développer. Sans doute , en vertu de Fétroite sympathie qui unit ces deux membranes , celle du cerveau doit par-* tager instantanément les souffrances de l’autre ; mais n’y aurait-il pas de l’exagération à dire f que les phénomènes qui se manifestent sont l’expression fidèle de la méningite? Pour nous , nous pensons qu’elle n’existe point encore , comme le prouvent la plupart des faits que nous avons

(0 Vôy. les Rfeéhefches d’anatomie pathologique que cet auteur a consignées dans le Journal univefsel des sciences- médicale*.; t. xxym , p. 25” et suivr

Consignés dans notre troisième partie , mais que les symptômes observés alors sont comme une sentinelle vigilante , qui nous avertit du danger auquel les malades se trouvent exposés.

Quoi qu’il en soit , pour éviter les erreurs ? M. Scoutetten a recherché quel est l’étal normal de la membrane du cerveau , désignée par M, Cliàussier sous le nom de méningine. B es observations sur des animaux vivans, sur des animaux qu’il avait fait périr, et sur des hommes qui avaient succombé à quelque mort violente, lui ont démontré que , dans l’état naturel , celle membrane est parfaitement transparente dans tous ses points; qu’elle ne présente des granulations que sur quelque endroit de sa surface ; que ses plus gros vaisseaux sont seuls remplis de sang. qu’elle n’offre par conséquent point d’injection dans tout le réseau capillaire 7 et sur-tout qu’on ne remarque à sa surface aucune exsudation sanguine. La partie de cette membrane qui recouvre la face supérieure du cerveau, est en tout semblable à celle qui se trouve placée à la partie inférieure de l’encéphale.

Toutes les fois donc que la méningine nê sera pas mince , pâle , transparente et sans aucune adhérence , elle sera dans un état pathologicfïie* 11 est digne de remarque que , parmi membranes du canal intestinal la membrane

Itiùqucüsé seule détermine le phénomène (îorrf il est ici question ; la membrane séreuse enflammée n’y concourt en rien. Chez un sujet qu’une péritonite aiguë a fait périr, la rnénmgine est parfaitement saine , si la membrane muqueuse de l’intestin n’a pas été préalablement altérée.

Lors donc, observe M. Scoutetten , que la membrane muqueuse du canal intestinal vient à être enflammée d’une manière aiguë, la meningine participant à cette nuance d’inflammation, ses vaisseaux sont injectés ; ils forment des plaques rouges sur un ou plusieurs points de sa face supérieure ; quelquefois on y remarque des exsudations sanguines plus ou moins abondantes. Toutes ces altérations sont partielles et se font principalement remarquer sur les lobes antérieurs du cerveau , et sur les parties latérales de cet organe , quand l’irritation est peu vive ; mais si l’inflammation du canal intestinal est violente , presque toute la méningine est enflammée , d'une couleur rouge très-foncé ; elle est sèche et luisante. Quelquefois il se forme entre les deux feuillets de cette membrane une exsudation albumineuse qui ressemble parfaitement à du pus. Quand l’inflammation est violente , souvent des adhérences se forment entre les deux hémisphères , et ce n’est qu’avec peine"

qu’on parvient à rétablir la grande scissure interlobaire. Les prolongemens de cette membrane , qui pénétrent entre les circonvolutions du cerveau, sont très-rouges, très-injectés; ils adhèrent ordinairement avec beaucoup de force, et ce n’est qu’avec la plus grande difficulté qu’ont parvient à séparer quelques lambeaux de la membrane.

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