OUVERTURE DU CADAVRE
Tête. Arachnoïde enflammée dans toute son étendue; exsudation puriforme entre cette membrane et la pie-mère, plus abondante sur les parties latérales et la face supérieure que partout ailleurs. Cette membrane était un peu rouge à la base du cerveau. Six onces environ de sérosité floconneuse dans les ventricules latéraux. Mollesse de la substance cérébrale.
Poitrine. Quelques adhérences anciennes dans les plèvres.
- Abdomen . Rougeur vive et inflammation de toute la muqueuse de l’estomac principalement vers le cardia. Inflammation moins intense de la fin de la muqueuse des intestins grêles. Injection de l’épiploon.
Réflexions. Dans cette observation , on voit les nausées , les vomissemens et la céphalalgie débuter en même temps , offrir une intensité à peu près égale ,. et s’aggraver dans une proportion semblable. Y avait-il deux affections ? On doit répondre négativement , si l’on se rappelle que la céphalalgie accompagne presque toujours les affections abdominales de quelque nature qu’elles soient, et que, seule , elle ne suffit point pour prononcer §ur l’existence d’une affection
cérébrale. Il nous paraît donc impossible de la considérer autrement que comme un symptôme de l’irritation gastrique qui tourmentait le malade. Ce qui le prouve , c’est que jusqu’au 5® jour , il ne se manifesta point d’autres symptômes cérébraux. Or , est-ce là , je le demande , la marche de la méningite ? Mais pourquoi le 5e jour , les symptômes de cette maladie furent-ils portés à un si haut degré? L’emploi intempestif de l’émétique est là pour en rendre raison. Cet agent thérapeutique , dont nous avons signalé les dangers dans les réflexions de l’Observation XXX VH , sert à expliquer, en même temps , pourquoi les symptômes offrirent une intensité à peu près égale , et s’aggravèrent dans une proportion semblable. Il vint enfin mettre dans tout son jour l’inflammation de l’estomac et des intestins. Toutefois , malgré l’intensité des phénomènes abdominaux , la gastro-entérite fut entièrement négligée. N’auraitil pas été possible , sinon de prévenir la mort , du moins de procurer une amélioration bien sensible dans l’état général du malade , si l’on eut dirigé simultanément des moyens thérapeutiques très-énergiques vers les cavités abdominale et encéphalique? Plusieurs faits analogues nous portent à le croire.