‹ Recherches d'anatomie et de physiologie pathologiquesChapitre 57 sur 66 · OBSERVATION XLI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLI

Sis ans et demi ; anorexie; digestions laborieuses; selles frequentes ; écoulement puriforme à l’oreille droite; douleur frontale ; vomissemens bilieux procurés par un vomitif; dilatation des pupilles; léthargie; strabisme; convulsions violentes de tous les membres; conjonctives très-injectées; mort le 10e jour. — Entérite très-intense y adhérence du poumon droit avec la plèvre costale , dorsale , sternale , et le médiastin ; épanchement de sérosité dans les ventricules latéraux , le troisième ventricule et la cavité de la moelle épinière.

(Observation recueillie par M. le docteur Trappe , Bibliothèque méd.y tom » JLLll , p . 7 3 à 75.)

MIle âgée de 6 ans et demi , d’une

constitution lymphatique , avait joui d’une bonne santé jusqu’à l’automne dernier. A celte époque, elle fut prise d’un rhume , perdit l’appétit , l’embonpoint et les forces. Les pectoraux et les bachiques lui furent vainement administrés. Les digestions devinrent laborieuses et les selles fréquentes. On fit usage de boissons toniques et mucilagineuses sans aucun succès. Ensuite il se manifesta à l’oreille droite un écoulement puriforme , pour lequel un vésicatoire fut appliqué -au bras.

Le 21 février i8i3 , l’enfant s’alita pour un mal de tète qu’elle avait depuis quelques jours : elle en indiquait le siège en portant la main au front. G elle céphalalgie fit soupçonner un enF

barras gastrique ; l’ipécacuanha fut administré i il y eut des vomissemens bilieux.

Le 22 , pouls , chaleur , langue , respiration et sécrétions dans l’état naturel ; envie de vomir ;■ douleur de tête fixe et continue.

( Yésicatoire à la nuque. )

Le 23, douleur de tête augmentant progressivement ; pouls intermittent.

(Sangsues au cou, fomentations froides sur la tête, elle soir, sinapisme.)

Le 24 , langue jaune et pâteuse ; ventre souple et indolent au toucher ; décubitus facile ; flexion constante des membres et du tronc. À la visite du matin , 70 à 75 pulsations; à celle du soir , îoo par minute.

Le 25 , figure pâle; pupilles un peu dilatées ; 85 à go pulsations régulières ; grande sensibilité pendant le pansement des vésicatoires; une légère évacuation. Le soir , violente céphalalgie ; application d’un large vésicatoire sur la tète.

Le 26, symptômes plus graves.

(Prescription d’un gros de pommade mercurielle pour frictionner les extrémités , et de quatre grains de caiomélas , mêlés avec deux gros de sucre, et divisés en douze paquets pour, en donner un toutes les deux heures.)

Le 27 , figure alternativement pâle ou rouge; léthargie ; clignotement spasmodique ; pupilles

très-ouvertes J encore sensibles à fimpression de la lumière.

( Calomélas et pommade mercurielle. )

Le 28, céphalalgie et strabisme continus ; langue jaune ; carphologie et bâillemens fréquens.

( Calomélas et pommade.)

Le ier mars , à chaque redoublement , excitation de la sensibilité ; forte céphalagie ; coloration des joues ; dilatation des pupilles ; pouls fréquent ; trois selles poracées.

( Pommade mercurielle. )

Le 2 , 6q pulsations ; peu de chaleur à la peau ; langue jaune et humide ; urine aqueuse ; paupière convulsive et sensible au toucher ; strabisme ; doigts souvent portés à la bouche, au nez et à la tête pour se gratter.

Le 3 , de onze à midi , lésion des facultés morales ; trismus ; convulsions violentes de tous les membres ; voix rauque ; strabisme ; conjonctives très-injectées ; joues colorées ; pupilles très-dilatées et paralysées ; cris aigus en rendant les derniers soupirs ; mort à 8 heures et demie.

Pendant la maladie , on fit usage de boissons muciiagineuses ; acides , aïuèirq çt anti-spasmodiques.,

Autopsie cadavérique1.

Tête. Veines cérébrales très-injectées ; trois décagrannnes de lymphe épanchée dans les ventricules latéraux , le troisième ventricule , et la cavité de la moelle épinière.

Thorax. Organes de la cavité gauche sains ; adhérence du poumon droit avec la plèvre costaie , dorsale , sternale et le médiastin , si forte qu’on ne pouvait les couper sans déchirer le tissu du poumdn ; le sang et l’air devaient y circuler au dernier moment , parce qu’il avait beaucoup d’élasticité , et contenait beaucoup de sang.

Abdofrien . Ulcération à la base de l’appendice cœcale , avec désorganisation du tissu de l’intestin ; adhérence de la pointe de cet appendice avec deux anses de l’iléon ; même ulcération à l’anse inférieure qu’au cæcum , et à la supérieure ; la tunique péritonéale était noire , et les autres saines. Cet intestin avait encore d’autres parties plus ou moins altérées. Ces lésions , marquées par des taches noires , étaient sans ou avec des ulcères fuligineux et fongueux * tous les autres organes parurent sains.

Fœftexions. Il ne fallait pas un grand effort d’attention pour voir que M. R*** était atteinte

rk ?

(Fane irritation intestinale ; mais comme oÉ croyait à un embarras gastrique , l’ipécacuanha fut administré. A ce moyen irrationnel , on joignit encore le mercure. Peut-on s’étonner , apres 1 usage d’un pareil traitement , et de l’exaspération de tous les symptômes , et de leur funeste terminaison ?

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