‹ Recherches d'hydrographie médicale. 1er. mémoireChapitre 1 sur 3 · Recherches d'hydrographie médicale. 1er. mémoire · texte numérisé non relu

Recherches d'hydrographie médicale. 1er. mémoire

Les maladies, de même que tous les produits de la nature, ne sont pas toujours et partout les mêmes. Les caractères fondamentaux qui les distinguent et qui ont servi à les dénommer et à les classer, ne varient pas, il est vrai; mais de même qu’une plante transportée des climats tempérés sous un ciel brûlant ou près des glaces des pôles, éprouve dans son port, dans son développement et dans son mode de reproduction, des changements remarquables; de même la maladie dont le germe a été contracté dans nos climats et qui ne se développe que sous les chaleurs des tropiques ou dans les régions glaciales, présente dans sa physionomie , dans sa marche et dans sa terminaison , des particularités dignes du plus grand intérêt. Mais ce n’est pas tout ; une maladie existant actuellement sur un sujet sera puissamment modifiée, et modifiée de diverses manières, suivant que le

malade passera d’un pays chaud dans un pays froid , ou des régions tempérées dans les pays chauds.

Il est également constant que, sous une même latitude et dans des contrées qui présentent une température semblable, on n’observe pas toujours les mêmes maladies, ce qui indique l’existence de causes diverses en dehors de la température. Dans les pays chauds , les Européens ne sont pas atteints des mêmes maladies que les indigènes, ou du moins leurs maladies présentent des caractères que l’on ne retrouve pas dans celles des habitants. Ce n’estque par l’acclimatement, c’est-à-dire en s’habituant aux conditions diverses qui caractérisent le climat, que les Européens peuvent rentrer dans la loi commune et se maintenir en bonne santé. Or, l’acclimatement en pays étranger est une opération longue et compliquée , lorsque le climat que l’on quitte et celui sous lequel on se fixe ont des caractères sensiblement différents ; ce qui le prouve, c’est la grande mortalité qui pèse sur les Européens qui vont se fixer dans les régions intertropicales. Le passage d’un climat chaud à un climat froid est plus facilement supporté que le changement inverse ; mais il ne faut pas oublier que dans les pays les plus chauds, tels que le Sénégal et les Antilles , l'air est chargé de miasmes délétères qui agissent principalement sur les nouveau-venus, ce qui rend tous les phénomènes complexes.

L’hydrographie médicale est , d’après la définition qu’en a donnée Keraudren , « cette partie de la médecine nautique qui a pour objet d’étudier l’influence de la

mer ou de la navigation sur la santé de l’homme. » Sous ce litre et sous cette définition, l’auteur que nous venons de nommer a traité successivement: 1° des dispositions propres à maintenir la salubrité sur les vaisseaux ; 2° de l’état physique et moral de l’homme à la mer; 5° de la santé des marins dans leur navigation près des côtes et dans les relâches, il nous semble que , pour que cette définition correspondit à tous les objets qu’embrasse l’hydrographie médicale , elle pourrait être modifiée de la manière suivante : — Cette partie de la science médicale qui s’occupe d’étudier l’influence qu’exercent la mer et la navigation sur l’homme sain ou malade, les maladies qu’elles produisent, les moyens d’en empêcher le développement et d’en amener la guérison. — L’hygiène navale , la pathogénie et la thérapeutique sont dès-lors des branches de l’hydrographie médicale. Traiter d’un aussi grand nombre d’objets de cette importance serait au-dessus de nos forces; nous nous contenterons de présenter successivement des observations et des recherches ayant trait à quelques-uns d’entre eux. Mais , avant d’aborder cette étude , il est indispensable d’étudier le milieu dans lequel se passent les phénomènes que nous désirons faire connaître: nous voulons parler de l’atmosphère maritime.

[. De V atmosphère maritime .

Personne n’ignore avec quelle rapidité sont franchies les plus grandes distances par le moyen puissant de la vapeur, et il suffit de rappeler que, dans l’espace d’un

mois, un pyroscaphe dont ia marche est ordinaire peut franchir une distance de 1,600 à t ,800 lieues, pour que Ton comprenne sans peinecombien sont vives les impressions diverses exercées sur notre organisme par cette succession rapide de chaleurs et de froids , d’étés et d’hivers. Dans les voyages sur terre , et par suite d’une foule de circonstances qui tiennent à la configuration géographique des pays que l’on traverse, on ne peut que très-imparfaitement saisir les modifications imprimées par le changement de latitude ; ce n’est qu’en pleine mer, loin des côtes , que l’on peut espérer de reconnaître avec quelque certitude l’action qu’exercent sur notre organisme les différents états de l’atmosphère.

Le climat n’étant autre chose que l’ensemble de toutes les conditions extérieures propres à une partie du globe et susceptibles de nous influencer d’une manière quelconque, il est évident que moins ces conditions seront nombreuses, plus il sera facile de déterminer l’action de celles qui sont constantes et qui tiennent à la température , à l’humidité et au degré d’électricité de l’atmosphère. Un navire de guerre est le théâtre sur lequel ces observations peuvent être faites avec plus de fruit; car là tout est réglé, et l’on connaît d’avance tout ce qui est relatif à ralimentation et à la manière de vivre.

« La mer est une plaine immense sur laquelle rien ne s’oppose à la libre circulation de l’air. Elle ne réfléchit pas les rayons du soleil comme la terre; on estime que la lumière solaire pénètre à 600 pieds de profondeur dans l’eau de la mer, et sa chaleur à 150 pieds ( Buffon ,

Epoques de la nature). Si l’on fait attention que le calorique ne pénètre pas à plus de 15 ou 20 pieds dans le sol , la glace se conservant à cette profondeur dans les étés les plus chauds , on sera convaincu que l’accumulation de la chaleur qui se fait à la surface de la terre , ne peut également avoir lieu sur les eaux. L’ondulation des flots, le flux et reflux, les courants et l’évaporation, contribuent sans cesse à agiter les couches inférieures de l’atmosphère et à les rafraîchir (1). »

A la mer , les conditions atmosphériques , en tant que causes de maladies, se présentent en quelque sorte dans toute leur pureté , parce qu’aucune cause étrangère ne vient les modifier. On peut dire, d’une manière générale, qu’il y a, dans une région donnée du globe, beaucoup plus de constance dans toutes les qualités de l’atmosphère, sur mer que sur terre»

Toutes les observations s’accordent pour faire reconnaître qu’en pleine mer la température elle froid sont moins considérables que sur les continents, à latitude égale: ainsi, on sait que la chaleur moyenne de l’année , sous l’équateur , est de 27° centigrades, et que la température ne dépasse jamais 50 degrés; tandis que , sur les cotes d’Afrique et d’Amérique, la température moyenne est de beaucoup plus élevée. La configuration des terres, leur nature , leur exposition et leur degré d’élévation au-dessus du niveau de la mer , sont les principales

(I) Keraudren , Dict. des sciences médic. , T. II, art. Atmosphère maritime .

causes de cette différence. Sans avoir besoin d’accumuler les exemples , il me suffira , pour mettre ce fait hors de doute, de rappeler que Bassora , lieu où la température moyenne observée a été de 45° cenlig. , est située par 30 degrés 45 minutes de latitude Nord(l); tandis que, dans 1 Amérique septentrionale , la température moyenne vers le 59e degré de latitude est de 10 à 12 degrés.

En nier, sous une même latitude et dans une même saison , la température est toujours à peu près la même; on na pas, que je sache, noté de différences pour les régions intertropicales. Il n’en est pas tout-à-fait de même lorsque 1 on se rapproche des pôles : par exemple, Vancouver et les autres explorateurs des côtes N.-O. d’Amérique observent que les mers du détroit de Béerin^

sous le cercle polaire, sont beaucoup plus froides encore que l Islande et la partie du Groenland située dans nos mers du Nord par les mêmes latitudes (2). On peut également dire, d’une manière générale , qu’en mer la différence de température du jour et de la nuit est peu considérable, relativement à ce que Fon observe sur les continents. Sous les tropiques, cette différence est à peine de 3 ou 4 degrés; elle augmente dans les régions tempérées pour diminuer près des cercles polaires , au moins pendant 1 hiver. Ces résultats sont ceux que fournit presque toujours le thermomètre, ce qui n’empêche pas que, même dans les régions les plus chaudes, on

(1) Annales de physique et de chimie, T. XXVH.

(2) Virey , Dict. des sciences rnéd. , T. XVII! , art. Géographie médicale.

puisse éprouver quelquefois une véritable sensation de froid; la force du vent et la direction suivant laquelle les voiles du navire reçoivent son impulsion sont d’ordinaire les causes de celte différence. Les deux hémisphères ne jouissent pas d’une égale température sous des latitudes semblables ; les chaleurs sont généralement moins fortes dans l'hémisphère Sud que dans le INord; mais ces différences sur lesquelles je n’insisterai pas sont peu considérables, et importent peu pour le sujet qui m’occupe.

La même raison qui fait que la chaleur n’est jamais très-élevée en pleine mer, fait que les froids y sont un peu moins vifs que sur les continents. Par les mêmes motifs, les régions tempérées méritent ce nom d’une manière beaucoup plus vraie à la mer qu’à terre; la chaleur y est moins forte pendant l’été, et les froids de l’hiver sont , sinon beaucoup moins intenses , au moins plus réguliers ; les différences entre la chaleur du jour et celle de la nuit y sont aussi moins considérables.

L’air est plus humide à la mer que sur les continents. Ce fait ne peut guère être mis en doute, si l’on considère combien est grande la quantité d’eau qui est chaque jour entraînée par l’évaporation. 11 est d’ailleurs certain que le voisinage de la mer rend les vents humides , et que plus les terrains sont bas , plus l’air y est constamment chargé d’humidité. L’humidité atmosphérique augmente en général proportionnellement avec la chaleur des climats , et sous les tropiques les époques de l’année les plus chaudes sont également celles de la plus grande humidité.

Ces observations nous permettent de conclure , d'une

manière générale, qu’en mer, le degré d’humidité de

l’air est plus ou moins considérable suivant les saisons et

suivant les diverses latitudes. On ne peut douter aussi

que le jour et la nuit varient sous ce rapport. Dans les

régions intertropicales, et surtout à l’époque des grandes

chaleurs, celte différence doit être peu considérable, et

la rosée que l’on observe la nuit sur le pont de tous les

bâtiments qui naviguent dans ces régions, est due plutôt

à un rayonnement du calorique qu’à une différence réelle

dans l’hygrométrie de l’air. Cependant , comme cette

action s’exerce sur notre corps aussi bien que sur nos

instruments, il est certain qu’il faut en tenir compte

dans l’étiologie des maladies. Les brumes si fréquentes # »

sur certains continents et au voisinage de presque toutes les terres existent assez rarement à la mer; elles semblent indiquer qu’au voisinage des côtes , l’air est presque toujours plus chargé d’humidité qu’à de grandes distances au large. On ne voit ces brumes être trèsépaisses et durer pendant long- temps à la mer, que sur les confins des régions froides, comme par exemple sur le banc de Terre-Neuve.

Presque constamment, lorsqu’on arrive du large , la vue de la terre est dérobée par une brume épaisse. Keraudren (1) considère ce brouillard comme formé par la rencontre des deux atmosphères, et c’est de leur mélange qu’il fait dépendre les phénomènes que jusqu’à présent on a vaguement attribués aux approches de la terre.

(1) T)ict. des sciences méd. , T. XXII , art. Hydrogr. méd.

L'influence plus nuisible de l’air près des côtes paraît provenir , d’après le même auteur, de ce qu’il est modifié d’une manière quelconque par les émanations terrestres dont il est chargé.

Autrefois on admettait, comme un fait certain, que l’air de la mer tient en dissolution des particules salines, et c’est à cette circonstance que l’on attribuait les effets avantageux que les voyages sur mer produisent chez beaucoup de malades. Gilchrist (1) a édifié toute une théorie sur ce faux principe , et c’est , en grande partie , par l’action topique des particules salines qu’il explique les effets avantageux qu’exerce la navigation sur certaines maladies chroniques, et sur la phthisie pulmonaire en particulier. De nos jours, on sait, à ne pas en douter , que l’air de la mer a une composition identique avec celui de la terre , et qu’il n’en diffère que par un peu plus d’huinidité ; on pourrait théoriquement admettre qu’il renferme un peu moins d’acide carbonique. Ce qu’il y a de vrai dans l’opinion des anciens au sujet de la présence dans l’air des particules salines , c’est que , lorsque le vent souffle avec violence , il entraîne une certaine quantité d’eau de mer très-divisée , qui peut ainsi être mise en contact avec la peau ou avec l’organe pulmonaire; mais lorsque le temps est calme, on n’observe rien d’analogue.

La pression atmosphérique est plus uniforme à la mer que sur terre ; mais il est remarquable que , sous la même

(1) UtHilé des voyages sur mer; trad. par Bourru , ch. IPr.

latitude, tantôt cette pression varie beaucoup d’après l’état électrique de l’atmosphère , au lieu que d’autres fois, dans des circonstances exactement semblables, le baromètre n’indique presque aucune différence. Jusqu’à présent, nous ignorons à peu près quel degré d’influence exerce sur nos fonctions le degré de pression de l’atmosphère ; notre ignorance provient de ce que nous ne pouvons parvenir à isoler cette pression, de la température , de l’humidité et de la tension électrique qui lui sont intimement liées. Il faut espérer que, plus tard , nous arriverons a cette connaissance ; les expériences de M. Pravaz sont un premier pas fait dans celte voie.

Le fluide électrique n’est pas également réparti à la surface du globe, et sa tension n’est pas partout la même. Entre les tropiques , à cause de la grande humidité de l’air, les couches inférieures de l’atmosphère sont plus ou moins dépouillées d’électricité, tandis que les vapeurs qui se sont élevées à une certaine hauteur en sont trèschargées. La condensation de ces vapeurs opérée par le froid des régions supérieures amène un rétablissement de l’équilibre électrique auquel sont dus les ouragans, les grains etc. , phénomènes qui ne se manifestent que trèsrarement dans les latitudes froides où l’air est habituellement plus sec et par conséquent moins bon conducteur de l’électricité. Sur les côtes des pays équatoriaux , où la température est extrêmement élevée, l’air très-humide conduit tellement l’électricité qu’il en dépouille tous les corps qu’il environne. 11 est naturel de croire avec Kerau-

clren que ce manque d’électricité peut produire des maladies , ou aggraver celles qui existaient déjà ; et ce qui tendrait à prouver qu’il en est ainsi , c’est que l’on a vu quelquefois des épidémies sérieuses disparaître après ces secousses de l’atmosphère.

Si nous jetons un regard d’ensemble sur tous les phénomènes que nous avons étudiés jusqu’ici , comme constitutifs de l’atmosphère maritime , nous reconnaîtrons que les degrés de chaleur et de froid que l’on éprouve en naviguant ne sont pas extrêmes , et que la température sur l’océan est plus modérée et plus uniforme que sur terre dans les mêmes latitudes. L’air de la mer est plus humide que celui des continents, et son degré d’humidité est en rapport avec le degré de chaleur de l’atmosphère; il en est de même de la tension électrique , et sans doute aussi du degré de pression de l’atmosphère. Tous ces phénomènes sont liés entre eux, et se trouvent réunis de manière à agir défavorablement dans les régions intertropicales. Heureusement que dans ces régions l’air est agité d’un mouvement à peu près constant d’orient en occident, qui diminue les effets de la température, et que l’on connaît sous le nom de vents alizés . Cette agitation de l’air est encore entretenue par les mouvements de la mer et par les courants qui ont lieu à sa surface, de sorte qu’il est fort rare que l’air soit véritablement calme. En dehors des tropiques, les vents sont plus fréquents et plus variables sur mer que sur terre; les mouvements de l’air sont plus grands, plus vifs et plus constants, et de toute manière son agitation est plus grande. Les autres quar

lités que l’on a attribuées à l’air de la nier, sont d’être plus pur, plus compact parce qu’il est plus homogène, et conséquemment d’être plus élastique (i).

Il ne suffit pas de connaître d’une manière générale les qualités de l’atmosphère maritime pour pouvoir apprécier l’action qu’elle exerce sur l’homme; il faut encore, pour l’objet que nous nous proposons , connaître les modifications qu’éprouvent ces qualités par le lieu de l’habitation. Un navire , un bâtiment de guerre surtout , est une étroite habitation par rapport au nombre de personnes qu’il renferme. Cette accumulation de personnes amène dans la température et le degré d’humidité de l’air qu’on y respire, des modifications qu’il est important de connaître. D’après les observations de M. de Morogues (2), deux thermomètres égaux placés l’un dans la grande chambre, l’autre dans la cale aux vivres d’une frégate, indiquaient une température à peu près égale lorsque les panneaux étaient ouverts; lorsque ceux-ci étaient fermés, la température était plus élevée dans la cale, parce que le renouvellement de l’air ne pouvait pas s’effectuer. Lorsque la température extérieure était très forte, le thermomètre de la cale monlaitmoinsque l’autre; la différence était de 1 à 5 degrés. Peron a observé, à bord de la corvette le Géographe , que la température de l’intérieur du vaisseau était en général de h à S degrés plus haute que celle de l’air extérieur.

(1) Gilchrist , loc. cit. , ch. 1er, art. 4. Presque tous ces détails sont empruntés à Keraudren.

(2) Dict. des sc. méd. , T. XXII, art. Hydrographie médicale .

Houppe (1) a remarqué que lorsque les ouvertures du navire étaient fermées et que l’équipage était en bas , la température devenait plus élevée de plusieurs degrés.

On peut établir comme un fait constant que la température est toujours plus élevée à l’intérieur du navire qu’au-dehors; mais on ne peut pas dire exactement quelle est la différence , car elle varie d’après l’espèce du bâtiment et d’après la force de son équipage. Sur un vaisseau ou une frégate où de nombreuses ouvertures permettent la circulation et le renouvellement de l’air, la différence sera légère ; tandis qu'elle sera considérable sur un brig ou une petite corvette , sortes de bâtiments qui ayant un assez nombreux équipage ne sont pas percés d’ouvertures latérales. La différence, moindre pendant la journée, est toujours plus grande lorsque l’équipage est couché dans le faux-pont. La sensation de chaleur qu’on éprouve dans la cale et dans toutes les parties basses d’un navire , ne tient pas tant à la différence de température qu’à la stagnation de l’air, à son humidité et aux miasmes dont il est chargé ; car l’humidité règne constamment à bord , lors même que l’air paraît exempt de toute vapeur. Peron a constaté que la différence entre l’humidité de l’atmosphère et celle de l’intérieur du navire est plus grande que la différence de température.

L’étude que nous venons de faire de l’atmosphère maritime prouve d’une manière évidente, ainsi que nous

(1) Ludovici Rouppe AT. D. de morbis navigantium , etc. Leyde

l’avions annoncé en commençant, qu’il y a beaucoup plus de constance dans toutes les qualités de l’atmosphère, pour une région donnée du globe , sur mer que sur terre. On saura donc, d’une manière à peu près certaine, en entreprenant un voyage par mer, à quelles conditions climatériques on doit être successivement soumis; et il sera facile de reconnaître, par l’observation, quelle influence exercent sur l’homme sain et sur l’homme malade les qualités de l’atmosphère que nous avons passées en revue. Si l’on compare ensuite les phénomènes produits dans ces circonstances à ceux observés dans les pays où une ou plusieurs de ces conditions sont changées, ou bien dans lesquels on trouve dans l’atmosphère des éléments nouveaux , on pourra reconnaître d’une manière presque assurée à quelle cause sont dues ces différences. La différence non moins grande qui existe entre les phénomènes que l’on observe sur l’homme sain, par suite d’un changement de latitude à la mer, et les phénomènes observés dans certains pays, sous les mêmes latitudes, démontre encore l’existence des causes morbides spéciales que nous étudierons plus tard.

Page 1