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Fig. 2. — Quelques aspects du vacuome, coloré vitalement, chez les Conifères.
1, 2, 3, 4, 5. Cellules épidermiques de Larix europaea. Les figures 4 et 5 montrent des réseaux formés par une substance ductile. — 6, 7. Cellules épidermiques de Taxus baccata. 6, vacuome lannifère coloré. 7, vacuome analogue après la précipitation de sa substance. — 8. Cellule épidermique de Gingko biloba.
eau, ils affectent la forme de petites vacuoles rondes ou ovales
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ebil se précipite fréquemment à leur intérieur de petits granules rouges qui sont animés de mouvements browniens à l'intérieur de la vacuole.
Dans les cellules tannifères de l’épiderme, la coloration vitale n'est jamais métachromatique, par conséquent elle est bleue avec le bleu de crésyl, rouge avec le rouge neutre (fig. 13, pÜErT):
Le colorant vital pénètre également bien dans l’assise de cellules sous épidermiques où le vacuome se colore également en bleu. Cette coloration non métachromatique résulte de la présence de composés lanniques, abondants dès cette époque dans le sous-épiderme (1).
Les mêmes caractères de l'appareil vacuolaire s’observent dans les bourgeons d'une époque plus avancée (février ou mars), mais déjà en février, les jeunes feuilles sont plus riches en tannin et une partie des cellules embryonnaires est transformée en cellules tannifères. Leur vacuome toujours métachromatique est moins souvent en forme de filaments étroits et on observe quelquefois tout simplement de petites vacuoles violettes.
Enfin, lorsque le bourgeon s'ouvre en mars et que les jeunes feuilles s'allongent, leur épiderme se montre uniformément tannifère. L'apparition du tannin se fait donc rapidement, mais elle est progressive, comme le montre, soit la teinte prise en coloration vitale et qui passe insensiblement du violet au bleu, soit l'emploi des réactifs des tannins.
C’est le moment d'indiquer les essais microchimiques sur ces composés. Les réactifs employés ont été l'acide osmique à 1 0/0, le bichromate de potasse à 3 0/0, le chlorure ferrique, l’acétotungstate de soude, le réactif de Courtonne. Tous, ont donné des résultats négatifs dans les cellules embryonnaires ; ils ont fourni au contraire des précipitations caractéristiques dans les vacuoles des cellules sécrétrices à tannin : ces réactifs
(1) Nous n’avons pas observé de feuilles assez jeunes pour trouver des cellules embryonnaires dans le sous-épiderme,
permettent donc de distinguer les cellules embryonnaires des autres cellules et la localisation ainsi faite correspond exaclement à celle que l’on établit au moyen de l'observation sans aucun réactif ou après coloration vitale. Les réseaux colorés peuvent être très bien conservés par l'acide osmique (fig. 15, DIRE
Par conséquent de même que chez l'If, les conclusions suivantes s'imposent. Les cellules épidermiques présentent au début du développement un « état embryonnaire » caractérisé par un: vacuome de réfringence semblable à celle du eyloplasme, se colorant métachromatiquement par les colorants vitaux, done de réaction alcaline et dépourvu de composés phénoliques (ou n'en renfermant qu'une infime proportion): ces cellules se transforment au cours de leurs divisions successives, en éléments sécréteurs lannifères qui ont un vacuome réfringent, visible dans la cellule vivante, et colorable sans métachromasie par les teintures vitales.
Teiles sont les conclusions auxquelles nous avons été con-
duits : elles correspondent exactement à celles que nous avait révélées l'étude du Taxus baccala.
ABIES Nordmanniana (fig. 1 à 5, pl. II et fig. x à 5, pl. AT).
Nous avons cherché à connaître les premiers stades de la formation des vacuoles et à déterminer le mode d'apparition des tannins comme dans les deux exemples précédents. On s'aperçoit vile que même les très petites feuilles renferment déjà du tannin et qu'il est nécessaire pour connaître son origine de remonter jusqu'aux premières ébauches foliaires qui prennent naissance sur le point de végétation et même jusqu’à ce dernier.
Nous avons réussi à plusieurs reprises, sur des bourgeons cueillis au mois d'août et au mois de septembre, à colorer vitalement le sommet du point végétatif lui-même. Là sont les cellules initiales, qui par leurs cloisonnements, produisent
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le tissu épidermique tout entier et c'est 1à évidemment qu'il faut rechercher l'origine de toutes les différencialions cellulaires.
Lorsqu'on a enlevé les écailles qui protègent le jeune bourgeon, on met à découvertun petit mamelon formé par un axe court. Celui-ci est recouvert sur la plus grande partie de sa longueur par de petites feuilles imbriquées qui le masquent complètement. Le sommet de l'axe est libre el constitue une petite intumescence en forme de cône, à la base duquel s'observent les premières ébauches foliaires.
IL est assez facile de constater, que Le sommet de l’axe, ainsi que les premiers mamelons foliaires, ne renferment pas de tannin. Il suffit pour cela de les laisser séjourner dans une solution d'acide osmique à r 0/0 pendant 1/2 heure à 1 heure. On s'assure ainsi que le lannin apparaît bien dans les plus pelites feuilles, mais que le cône végétatif lui-même, ainsi que les premières ébauches qui sont à sa base en sont complètement dépourvus.
Pour obtenir une coloration vitale du point végétaiif, il faut détacher avec précaution le sommet du méristème avec les premières feuilles et le plonger tout entier dans une solution de rouge neutre. Au bout d’une heure environ, le colorant a pénétré dans un assez grand nombre de cellules situées au sommet et donne lieu à une excellente coloration vitale.
Nous décrirons d’abord les cellules épidermiques qui occupent le sommet végétatif, telles qu’elles se présentent, lorsqu'on les examine directement dans l'eau sans aucun artifice.
Ces cellules sont d’assez grande taille, polygonales, et elles renferment un gros noyau arrondi. Leur cytoplasme est rempli d'un grand nombre de granulations parmi lesquelles on peut distinguer deux sortes : d’une part dès corpuscules assez gros, arrondis ou un peu lenticulaires, assez régulièrement groupés autour du noyau, qui sont des plastes, d'autre part des granules plus petits toujours arrondis, les nicrosomes. Le vacuome est invisible dans les cellules vivantes el nous avons dit précédem-
dre
ment qu'il ne donnait pas les réactions des tannins. On peut donc assurer que le sommet du point de végétation de lAbies, est occupé par des cellules toutes semblables, ayant les caractères de cellules embryonnaires.
Après coloration au rouge neutre, on observe dans toutes les cellules sans exception, un vacuome de couleur orangée, affectant la forme de réseaux très fins et très variés; souvent aussi il n'existe dans le cytoplasme, que des granules vacuolaires rappelant beaucoup les grains d’aleurone par leur aspect général (fig. 1, pl. II).
Les mêmes cellules possédant un vacuome identique se retrouvent dans les jeunes feuilles (fig. 2 el 3, pl. IT); plus tard et à mesure que l’on s'éloigne du sommet du point végétatif, on observe dans l’épiderme la formation de plus en plus fréquente de cellules tannifères aux dépens des précédentes (RAS pl): |
Les bourgeons que nous venons de décrire passent l'hiver sans qu'il se produise beaucoup de modifications.
Dans les feuilles des bourgeons de l'hiver et du printemps, il y a donc encore des cellules embryonnaires à vacuome non tannifère et métachromatique en coloration vitale, accompagnées de cellules sécrétrices. Les cellules embryonnaires s’observent surtout sur les bords des très jeunes feuilles et à la base, car le mode de croissance est basipète comme dans les feuilles précédentes.
Le vacuome des cellules tannifères comme celui des cellules embryonnaires présente souvent des formes de réseau. Dans le cas des cellules tannifères, ces réseaux sont très visibles sur le frais, car ils sont très réfringents. Leur forme est parfois très contournée et leur substance a une consistance demi-fluide. Ils fixent rapidement le bleu de crésyl et se teignent en bleu, non métachromatiquement.
Enfin nous avons observé plus tard, au mois d'avril, de jeunes bourgeons d'Abies. Les feuilles les plus jeunes étudiées, sont complètement incolores et n’ont que 1/2 millimètre envi-
te
ron de longueur. Le sommet de la feuille est occupé par des cellules à grandes vacuoles et à gros plastes lenticulaires, À la base on peut trouver quelques cellules sans sécrétion (cellules embryonnaires), mais elles sont assez rares. Le vacuome étant très réfringent, on peut observer les détails de sa structure dans la cellule vivante.
Les formes filamenteuses sont nombreuses et il arrive que les cellules contiennent un vacuome uniquement filamenteux. Dans ce cas, les formes vacuolaires à contenu épais et réfringent ont beaucoup d'analogie avec les vacuoles à composés phénoliques du Rosier ‘fig. 7. pl. XI).
L'acide osmique à 1 0/0 fixe bien les réseaux fins et les filaments tannifères observés sur le vivant. La fixation a lieu en quelques secondes et elle conserve admirablement les moindres délails (fig. 6, pl. XT). C'est l'emploi de l'acide osmique dans des conditions analogues, qui 2 permis à Pensa en 1917, de figurer des réseaux dans des cellules végétales, sans en reconnaître la nature vacuolaire. On constate de plus, qu'il y a un vacuome très riche en tannin dans les cellules de l’assise sous-épidermique et l’évolution des vacuoles y est en avance sur celle de l’'épiderme.
A ce moment de l'année, l’épiderme paraît entièrement sécréteur, et les cellules qui pouvaient passer pour des éléments embryonnaires sur le vivant, montrent, après l’action de l’acide osmique. quelques grains noirs qui correspondent très probablement à des composés tanniques.
Ainsi, par une série d'étapes que nous avons suivies, l’épiderme est devenu entièrement sécréteur dans les jeunes feuilles développées. Il l'est encore sur les feuilles adultes comme il est facile de s’en assurer.
On réussit assez facilement à obtenir la coloration vitale au moyen du rouge neutre, qui donne une très bonne coloration rose de l’épiderme : même après six heures de séjour dans le colorant, il y a des cellules vivantes avec réseau fin coloré, mais dans beaucoup d'éléments se produit à la longue une
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précipitation de corpuscules bruns accompagnée d’une rupture des trabécules.
Le bleu de crésyl et le bleu de Nil ont coloré les vacuoles dans les mêmes cenditions que le rouge neutre. Quelques indications sont utiles au sujet des autres éléments du cytoplasme. On constate que les microsomes s’observent à tous les états du développement sans modifications sensibles. Les plastes qui sont de petits bätonnets dans les cellules embryonnaires, se transforment en gros corpuscules elliptiques dans les éléments plus âgés tannifères (fig. 1, pl. XI). Les plastes ne présentent donc jamais une allure filamenteuse comparable à celle des
plastes vermiformes de l'/ris par exemple.
PIGEA excelsa ‘fig: 6 à 8,wplILet fig: Sa uxS, pl Xn.
Les jeunes bourgeons de Picea ont beaucoup d’analogie avec ceux de l'Abies. Ils en diffèrent cependant par le mode d'apparition du tannin, qui se produit ici bien plus tardivement.
De jeunes bourgeons cueillis au mois de septembre, sont déjà formés d’un petit axe, recouvert de nombreuses feuilles ayant une fraction de millimètre de longueur et encore presque incolores. Le point végétatif qui est au sommet, est arrondi et il donne constamment naissance à sa base à de nouvelles feuilles, qui, au fur et à mesure de leur croissance, arrivent à se recouvrir en partie les unes les autres, de façon à prendre une disposition imbriquée (Fig. 11, PL. XP).
Si l’on emploie l'acide osmique pour reconnaitre Ia présence du tannin dans le bourgeon, on remarque que Île méristème terminal, ainsi que les premières feuilles, sont dépourvus de tannin et que ce corps ne se montre que sur les feuilles les plus grandes et seulement dans les cellules de la pointe de Ia feuille.
Le bourgeon passe dans cet état l'hiver à l’état de vie ralentie; il se produit seulement un lent accroissement des feuilles et
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une légère accumulation de tannin dans les cellules épidermiques pendant cette période.
Au début du printemps, lorsque le bourgeon n’est pas ouvert, il existe un petit cône végétalif assez volumineux recouvert de feuilles à divers états de développement.
Les feuilles les plus petites sont naturellement au sommet et elles se montrent déjà assez riches en produits tanniques. Dans l'épiderme, le tannin est localisé dans toute la moitié supérieure de la jeune feuille: la base est encore occupée par de nombreuses cellules embryonnaires sans tannin. Plus bas, dans les feuilles les plus grandes, tout l'épiderme est devenu tannifère.
On peut donc chez le Picea, comme chez les Conifères précédemment étudiées, connaitre le mode d'apparition des composés tanniques, en observant les feuilles des bourgeons cueillis aux diverses époques de l’année.
Nous avons dit que les jeunes feuilles, pendant l'automne, renfermaient encore très peu de composés tanniques dans leur épiderme. Ce tissu dans sa région moyenne est formé de cellules ordinairement allongées à noyau volumineux et d'apparence granuleuse. Dans le cytoplasme qui paraît compact et dépourvu de vacuoles, se voïent quelques petits plastes en bâtonnets, très réfringents et quelques microsomes extrêmement petits. Aucune autre différenciation n’est reconnaissable (fig. 8, PL. AT); vers la pointe de Ta feuille, les cellules ont le méme caractère, mais les plastes sont plus gros, et les microsomes plus nombreux. Enfin les cellules tannifères assez rares, ont un vacuoime réfringent bien visible.
Dans l’assise sous épidermique, les cellules sont un peu plus grandes; elles ont les mêmes caractères, maïs les plastes sont légèrement colorés en vert au lieu d’être incolores comme dans l’épiderme ; en outre les vacuoles sont visibles comme des espaces clairs assez volumineux à chaque extrémité de ‘a cel-
lule.
Les mêmes caractères s'observent dans les cellules du
sommet du point végétatif lui-même, mais la forme des éléments est assez régulièrement polygonale.
Il est possible de réaliser de bonnes colorations vitales soit du point végélalif, soit d'une jeune feuille. Cependant le rouge neutre employé, pénètre inoins facilement que chez l'Abies et le système vacuolaire a beaucoup plus tendance à se précipiter aussitôt après la coloration, en petits granules fortement colorés qui se montrent animés de mouvements browniens à l'intérieur des vacuoles: aussi les réseaux vacuolaires qui existent, sont-ils assez instables.
Le rouge neutre met en évidence un vacuome formé par de petites vacuoles arrondies ou des réseaux variés. La teinte prise est orangée, indiquant une réaction un peu alcaline du suc vacuolaire. Lorsque la substance vacuolaire est peu abondante, il peut se présenter des réseaux très fins dans les cellules (fig. 8, pl. IT); nous représentons plusieurs de ces réseaux tels qu’ils se montrent au début d’une coloration vitale et dans une préparation réussie : nous avonsdit en effet plus haut qu'ils ne se montraient pas très stables et se transformaient au bout de quelque temps en granules et en globules variées (fig. 6 et AD LA)
Les très jeunes feuilles des bourgeons du mois d'avril ont fait l’objet d'observations spéciales, en vue d'y reconnaître le mode de formation des tannins.
Les plus Jeunes feuilles examinées ontenviron 1/2 millimètre de longueur. La pointe de la feuille est occupée par des cellules à sécrétion donnant les réactions des tannins. L’appareil vacuolaire qui renferme les composés phénoliques est réfringent et tous les détails de sa forme sont visibles dans la cellule vivante : les aspects qu'il présente sont aussi variés que les cellules elle-mêmes, mais peuvent se ramener au type que nous avons déjà rencontré chez les autres Conifères, c'està-dire à deux masses vacuolaires situées aux deux extrémités des cellules et reliées entre elles par des trabécules très fins ceux-ci sont irréguliers et ils serpentent dans l'intervalle cyto-
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plasmique assez étroit, existant entre la membrane et le noyau, dans la zone moyenne de la cellule. Ces {rabécules dessinent parfois de vérilables arabesques très déliées qui sont évidemment formées par une substance assez visqueuse (fig. 12, pl. XI).
Dans {oute la deuxième moitié de la feuille, on trouve beaucoup de cellules embryonnaires sans aucune sécrétion visible (fig. 12, pl. XI. les deux cellules inférieures).
Coloralions vilales. — On peut réussir la coloration vitale au rouge neutre des cellules épidermiques, mais comme les membranes se laissent difficilement pénétrer, elle est assez difficile à obtenir.
Le vacuome des cellules à sécrétion lannique a pris une coloration rose et dans les cellules embryonnaires une teinte orangée.
Le bleu de crésyl et le bleu de Nil ont permis d'obtenir également des colorations vitales, mais le bleu de toluidine s'est montré inefficace.
L'acide osmique pénètre rapidement dans l’épiderme et il fixe et colore en noir le système vacuolaire sécréteur. Grâce à la rapidité de la traversée des paroïs cellulaires, il se produit le minimum d'altération des formes délicates du vacuome et l’on retrouve les trabécules les plus fins fixés et colorés (fig. 10 el 13 pl. AT). On constale facilement ce fait que la proportion de tannin est à peu près semblable dans toutes les parties du vacuome et nous n'avons pas trouvé d'indices montrant un lieu d'élection particulier pour Ile tannin. Cette conelusion s’explique d’ailleurs, puisque toutes les parties du vacuome sont ordinairement en communication directe entre elles.
CÉDRUS'Libäni (fig. 9. pl. L etifig. ra 1r,-pl. À.
Dans les jeunes feuilles de Cèdre il se produit beaucoup de lannin au printemps. Observons par. exemple l'épiderme des feuilles du mois d'avril qui sonten Voie de croissance et n’ont
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encore que 1 mm. à 1 mm. 1/2 de longueur. Un simple examen vital montre que les cellules jeunes sont à la base et que ‘les ‘ellules âgées à grandes vacuoles occupent le sommet de la feuille. Le mode de développement de la feuille est donc le même que dans les cas précédemment étudiés, ce qui permet de suivre de la même façon l'évolution du vacuome, puisqu'il suffit d'examiner les cellulcs d’épiderme de la base au sommet de la feuille. Malheureusement, il y a déjà du tannin dans toute l'étendue de l’'épiderme et l'on ne trouve pas de cellules embryonnaires dépourvuesde sécrétion Leséléments les plus jeunes ont un vacuore en réseau qui est à peine réfringent ; il donne les réactions des tannins et l'acide osmique le colore en noir et conserve bien sa forme. Les réseaux parfois très fins et très délicats, à la base de la feuille, sont de plus en plus épais et riches en tannin vers le sommet et se transforment finalement en grosses vacuoles tannifères, suivant le procédé ordinaire (fig. 6 el 7, pl. X).
De même que dans le Larix, l'assise sous-épidermique est entièrement sécrétrice et tannifère et l'évolution du vacuome y est en avance sur celle de l’épiderme. En effet, il y a déjà dans le sous-épiderme un vacuome épais renfermant du tannin en abondance "fig. 11, pl. X , dans des masses vacuolaires assez volumineuses, alors que l’épiderme de la même feuille contient des réseaux tannifères dont la masse est parfois très minime (Cas identique à celui du Larix) (fig. 10, pl. X\1.
Nous venons de voir que l'examen des jeunes feuilles du mois d'avril ne permet pas d’élucider le mode de formation du tannin puisque, à cette époque, les assises épidermiques et sous-épidermiques sont déjà entièrement tannifères (x).
Nous avons repris la question sur des bourgeons de Cèdre recueillis au mois de septembre, époque à laquelle ils sont clos et dans un état de vie ralentie qui se prolongera durant tout l'hiver suivant.
(1) Il aurait fallu probablement remonter jusqu’au point végétatif lui-même pour observer le début de la sécrétion de tannin.
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On sait qu'il existe chez les Cèdres, de même que chez les Melèzes, deux sortes de bourgeons : les uns situés à l'extrémilé des pousses longues produisent des axes allongés portant des feuilles isolées alternes, les autres situés à l'aisselle des feuilles précédentes produisentdesaxes courts pousses courtes) portant des feuilles insérées suivant une spire très surbaissée, ce qui les fait paraitre verticillées.
Nous avons recherché le mode de naissance du tannin exclusivement sur les bourgeons des pousses longues.
Ces bourgeons, lorsqu'on les dissèque au mois de septembre, montrent déjà un certain nombre de petites feuilles bien développées, disposées en spirale sur la base d’un axe conique. Le sommet de l’axe est libre et forme un cône recouvert et protégé par les feuilles les plus longues (fig. 20, pl., X).
Ce point de végétation, accompagné des premières feuilles qui l'entourent, est placé dans l'acide osmique à r 0/0.
On constate au bout d'un quart d'heure, que l'axe du cône végétatif tout entier a pris une teinte noire, causée par une abondante réduction au contact des tannins. L'épiderme., ainsi qu'un certain nombre d'assises sous épidermiques, ne noircit pas et prend seulement une teinte grise due à la faible réduction habituelle dans les éléments vivants fig. 2, pl. X).
La zone des cellules initiales qui occupe le sommet du cône se montre également dépourvue de tannin ‘fig. 1, pl. X).
Les premiers mamelons foliaires qui se forment à la base du cône, sont d'abord de simples intumescences dont toutes les cellules sont embryonnaires; mais dès le second cycle de feuilles, il y a un développement abondant de {annin dans l’épiderme et dans le sous-épiderme.
En même temps, une ramification du cylindre central de l’axe se rend dans la feuille, pour en constituer le faisceau conducteur et celte branche apparaît noircie par suite des nombreuses cellules à tannin qui l’accompagnent (fig. 1, pl. X).
Maintenant que nous connaissons dans ses grandes lignes le mode d'apparition du tannin dans le point de végétation, nous
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allons voir de plus près, comment il prend naissance dans les cellules épidermiques et sous-épidermiques.
Le sommet du cône végélatif, de même que les premiers mamelons foliaires, sont occupés comme nous l'avons dit par des cellules embryonnaires. Ce sont de larges éléments polygonaux, hyalins, qui renferment un gros noyau central (fig. 8 pl. X).
Le cytoplasme est très granuleux et renferme une grande quantité de microsomes arrondis et réfringents et de pelits bâtonnets assez courts qui représentent des plastes. Il existe également de petits corpuscules arrondis ou un peu allongés colorés en jaune citron et qui sont probablement des plastes teints par de la xanthophylile, des xanthoplastes.
Le vacuome est invisible dans la cellule vivante, à cause de sa réfringence semblable à celle du cytoplasme. On en oblient la coloration vitale au moyen de rouge neutre, en prenant la précaution d’immerger le point végétatif tout entier dans une solution du colorant. Dans ces conditions, au bout d’une heure ou deux, le rouge neutre a pénétré dans un certain nombre de cellules et s'est fixé sur les éléments vacuolaires (fig. onu)
La figure 9, montre deux cellules du sommet dans le point végétalif, colorées au rouge neutre.
On voit que le vacuome est formé de petites vacuoles rondes, dont le suc vacuolaire est légèrement alcalin, car il donne une teinte orangée au colorant vital.
La substance vacuolaire est probablement dans un état assez fluide, car on observe rarement des dispositions en réseau si fréquentes au contraire chez Abies et Picea.
L'action de l’acide osmique ne révèle aucune trace de tannin dans ces cellules : seuls les microsomes noircissent légèrement par suite de leur nature un peu oléagineuse.
Dans les premières ébauches foliaires, on n’observe pas de modification à l’état précédent, mais dans les premiers mame-
lons individualisés, on remarque le début de l'apparition du
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tannin, La sécrétion se montre d'abord au sommet des jeunes feuilles (ainsi dans les figures 4 et 5, PI. EF, la zonetannifère est indiquée par un grisé). Les cellules du sommet ont un vacuome cn réseau assez épais, qui renferme du lannin en abondance et se colore en noir par l'acide osmique (fig. 7. PL D).
Plus bas, on trouve des étapes diverses de la production de la sécrétion ; ainsi la figure 7 montre trois cellules dont la supérieure à déjà un vacuome fannifère en réseau, tandis que l'inférieure ne montre qu'un petit nombre de grains noirs précipités (1). Entin, plus près encore de la base de la feuille, il y à des cellules embryonnaires absolument dépourvues de tannin.
La figure 9 montre un des aspects présenté par l'appareil vacuolaire sous l'action de l'acide osmique, à l’époque où il commence à devenir tannifère. |
On voit que l'acide osmique fixe en général très bien les réseaux délicats, mais cependant, lorsque ceux-ci sont très fins et renferment encore peu de tannin, au lieu d'un réseau homogène, on observe un réseau de petits granules dus à la précipitation sur place de la sécrétion (fig. 9. Les cellules embryonnaires ne montrent pas trace de vacuome et l’on y remarque seulement de petits microsomes oléagineux : (ceux-ci ne peuven£ pas être confondus avec des grains de tannin, car ils sont toujours de même taille, ronds et il brunissent par l'acide osmique au lieu de devenir franchement noirs).
Les colorations vitales se font aisément dans ces jeunes feuilles : suivant la règle ordinaire, le vacuome dès qu'il est tannifère, se colore en rose par le rouge neutre. On colore ainsi des réseaux à tannin qui correspondent à ceux que nous avons décrit précédemment dans les feuilles du mois d'avril, mais alors que l'acide osmique fixait en général ces éléments
- (1) Il ne faudrait pas déduire de cette observation que le tannin apparaît sous forme de grains, car ces petits granule; correspondent à des précipitations à l'intérieur d’un appareil vacuolaire dont la forme peut être très variée.
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délicats dans de bonnes conditions, la pénétration du colorant occasionne rapidement l’altération des trabécules, et la précipitation de petits grains rouges dans les petites vacuoles formées, où ils se montrent animés de mouvements.
Dans les premiers mamelons foliaires, le rouge neutre colore des réseaux orangés dans les cellules embryonnaires, mais ceux-ci se montrent également très instables et se résolvent rapidement en granules.
Cette instabilité du vacuome du Cedrus est un caractère spécifique, dû à ce que le système vacuolaire, même dans les cellules les plus jeunes, est très aqueux et par conséquent très fluide.
Il n'offre par les mêmes particularités, comme nous l’avons vu, dans l’Abies ni même à un pareil degré chez le Picea.
GINGKO biloba (fig. x2 et 13, pl. IT).
Les jeunes feuilles du bourgeon en septembre. n'ont que quelques millimètres de hauteur et sont enroulées sur ellesmêmes. Leur épiderme est formé de cellules polygonales aussi longues que larges dont le contenu paraît très épais (CIDEMDENUINIES
Sans aucun artifice de préparation, on voit très bien le contour du noyau qui est parfaitement sphérique ; les plastes sont nombreux (20 à 50 par cellule), réfringents ; leur forme est celle de petits bâtonnets ou de fuseaux. Ge sont déjà des am yloplastes, car l'eau iodée les colore très fortemeat en bleu noir. Les microsomes sont extrêmement petits et difficiles à voir; ils sont mobiles, mais se déplacent lentement. Leur nombre est moindre que celui des plastes et il ne m'a pas semblé qu’il y en eût plus de 10 ou 20 par cellule. Le vacuome est à peu près complètement indistinct.
Les colorations vitales de fragments d'épiderme réussissent bien, soit avec le rouge neutre, soit avec le bleu de crésyl et la coloration se fait avec métachromasie, La ‘forme du
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vacuome est celle de sphérules, de filaments et même parfois de réseaux dont la consistance est certainement demi-fluide ia rorel 19. pl IE.
L'essai à l'acide osmique montre qu'il n’y a pas de lannin le cytoplasme et le noyau prennent une teinte brune; les vacuoles sont invisibles ou bien se montrent comme des espaces clairs ; elles réduisent done moins l'acide osmique que le reste de la cellule (1). Les plastes demeurent peu modifiés, mais les microsomes sont colorés et se distinguent comme de petits points noirs.
Pendant l'hiver, le vacuome des jeunes feuilles présente à peu près les mêmes caractères : il est métachromatique et dépourvu de tannin. Le système affecte souvent dès cette époque, l'aspect de vacuoles assez importantes en dimension, mais de consistance certainement demi-fluide.
La pénétration du colorant vital, surtout du rouge neutre, est très rapide et donne lieu à une coloration intense, orangée ou brique. Les formes en réseaux modifiables sont fréquentes. On distingue en outre aisément les microsomes et les plastes et ces derniers ne montrent jamais de formes filamen-
teuses.
TORREYA nucifera lfig. 10 et rt, pl. Il).
Les Torreyers sont des arbres appartenant à la tamille des Taxinées : ils ont de grandes affinités avec les Ifs. Nous avons recherché quel était le mode de naissance des vacuoles, chez un Torreya nucifera planté dans l'école de botanique du Muséum de Paris.
Contrairement à ce qui a lieu chez les arbres précédents sauf le Gingko, ine se forme pas de tannin dansl'épidermedes feuilles. On s’en assure facilement au moyen de l'acide osmique, réactif
(x) Il y a pourtant dans la jeune feuille de Gingko des éléments qui réduisent fortement l'acide osmique ; ce sont des poches sécrélices ct de plus, un certain nombre de cellules situées sous l'épiderme et alignées le long des nervures, ont un
vacuome en réseau assez allongé qui noircit fortement par l’action de l'acide osmique.
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qui permet de déceler de très minimes traces de tannin, sur une coupe transversale d'une feuille adulte fraîche (1).
On constate après action de ce réactif, que seules quelques cellules de parenchyme chlorophyllien se teignent en noir foncé : l’épiderme reste incolore.
Examinons maintenant un très jeune bourgeon cueilli en automne. Au mois de septembre, le bourgeon est encore très petit et ne comprend qu'un nombre assez faible de petites feuilles, situées à la base d’un cône végétatif qui les dépassé longuement (fig. 18, pl. IX).
Un mois plus tard, l'aspect est légèrement différent, les jeunes feuilles se sont accrues et elles recouvrent presque complètement le sommet du point végétatif ;: ce sera la disposition hivernale. Quoiqu'il en soit, le développement des vacuoles est identique dans les deux cas.
Les cellules qui occupent la zone apicale du cône végétatif sont polygonales et lorsqu'on les observe vivantes, il est difficile du premier abord de reconnaître leur structure, car leur cytoplasme est très dense. Le noyau occupe une grande partie de la cellule, mais son contour n'est pas très net et l’on reconnait seulement sa présence grâce à sa réfringence spéciale- Un grand nombre de petits microsomes, tous arrondis et brillants se distinguent assez aisément. Dans certaines cellules, il est impossible de mettre en évidence des plastes et l’on n'y voit que des microsomes; dans d’autres, qui sont situées au voisinage, il est au contraire très aisé de reconnaître un certain nombre de plastes réfringents, en forme de petits bâtonnets, qui se trouvent ordinairement sur le pourtour du noyau et comme à son contact.
Le vacuome est totalement invisible dans ces cellules vivantes et le cytoplasme se montre homogène et d'apparence compacte.
Après coloration vitale au rouge neutre, il apparaît dans
(1) Gueillie en septembre.
chaque cellule des filaments, des granules et plus souvent encore un réseau vacuolaire qui fixe avec intensité et d’une manière élective le colorant vital. La teinte prise est rouge o“angé, indiquant une réaction légèrement basique. Les filaments et les réseaux sont d'une délicatesse extrême, très fins, modifiables lentement.
Ils ne sont pas pourtant instables, car on peut les observer plusieurs heures sans que la cellule manifeste d’altération (gro: PE. I).
Dans les jeunes feuilles qui se trouvent à la base du point végétatif, l’épiderme est formé de cellules allongées, environ deux fois aussi longues que larges. Comme dans le sommet du cône terminal, il y a des cellules dont les plastes sont invisibles et d’autres où on les distingue fort bien : dans tous les cas, il y a des microsomes, petits, arrondis et brillants.
Le vacuome, indiscernable sur le tissu vivant, se colore vitalement au moyen du rouge neutre et sa disposition est identique à celle qu'il présente dans le cône végétatif. La substance vacuolaire est encore très peu abondante et forme des trabécules très fins.
Les cellules épidermiques sont très peu épaisses et il arrive fréquemment, surtout si le bain colorant est assez concentré que le tissu est tué rapidement et dans ce cas le rouge neutre se fixe sur le système vacuolaire de l’assise sous-épidermique. Celui ci montre une disposition réticulée qui présente beaucoup d’analogie avec celle du vacuome épidermique, mais la substance dont il est formé est beaucoup plus abondante.
Tout porte à croire que ce vasuome a une consistance épaisse. La coloration prise est le rouge orangé comme précédemment(/10:27,-Pl- 11).