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même sont formés de cellules à cytoplasme très épais. Les plastes se montrent comme de petites granules ou de petits bâlonnets, mais ne présentent jamais l'allure de filaments flexueux ;: en un motils n'ont pas l'apparence «chondrioconte ». Ceci vérifie absolument les données vitales qui ne nous avaient pas révélé de plastes filamenteux.
Sphérome. — Ce système n'est pas toujours différencié d’une façon parfaite par la méthode de Regaud. C’est le cas pour le Cèdre du Liban où les microsomes ne sont pas nettement fixés et colorés. Comme nous n'avons pas l'intention de faire une étude spéciale de ces éléments, nous nous contentons de signa-
ler ce fait.
Vacuome. — Il est formé par l’ensemble de l'appareil vacuolaire dont nous connaissons déjà si bien l'évolution grâce aux observations vitales. Après fixation, ce système se trouve ‘représenté en général sur les coupes, par des lacunes non colorées ; mais il n’en est pas toujours ainsi et parfois les réseaux vacuolaires se retrouvent intacts sur les préparations et très bien colorés.
Comme ces différences de comportement tiennent à la nature des substances vacuolaires, nous allons décrire suecessivement le vacuome des cellules embryonnaires, puis celui des cellules tannifères.
À. Cellules embryonnaires. — Les cellules les plus jeunes qui occupent le sommet du point végétatif, les cellules épidermiques et les cellules de parenchyme qui ne sont pas sécrétrices, tous ces éléments renferment un vacuome non coloré qui se détache sous forme d'espaces clairs au milieu du cytoplasme.
Or, nous savons par l'observation vitale que toutes ces cellules ont un système vacuolaire dont le suc est épais et de réaction alcaline et que la disposition de leur vacuome est tantôt celle de réseau délié, tantôt celle de petites vacuoles arrondies et indépendantes.
Tous ces aspects peuvent se retrouver sur des coupes fixées et colorées, mais les réseaux vacuolaires étant coupés, ne sont plus représentés en général que par des trabécules assez courts et il serait par conséquent difficile, par cette méthode, d'avoir une idée exacte de la configuration du vacuome: La méthode vitale est donc supérieure dans cette circonstance à la méthode des coupes.
En ce qui concerne la substance vacuolaire elle-même, nous devons reconnaitre quelle est dissoute en partie par la fixation, puisqu'on ne la retrouve plus sur les coupes colorées. Elle n'a pas disparu cependant en totalité, car, dans bien des cellules, on peut remarquer à l'intérieur des vacuoles de petites granulations noires arrondies. S'il s'agit de vacuoles très petites des cellules méristématiques les plus jeunes, ou encore de canalicules vacuolaires, il devient difficile de reconnaître si les granules en question sont bien intervacuolaires et non pas intracytoplasmique. Dans les cas favorables, on se rend compte très facilement qu'un corpuscule coloré se trouve à l’intérieur d’un espace vacuolaire, mais dans les cellules les plus jeunes et si l’espace vacuolaire est très petit, la distinction devient très ardue.
Nous attirons l'attention sur le fait que les granulations chromophiles du vacuome sont nées par précipitation sous l’action du fixateur, dans une vacuole primitivement homogène Comme ils sont assez clairsemés,. il arrive souvent qu’on ne les trouve pas sur une coupe de la vacuole, mais il ne faudrait pas conclure pour cela à l’absence de toute substance colorable dans le vacuome.
Il est donc possible que dans tous les cas où les vacuoles ne montrent aucune coloratton et où elles apparaissentcomme des espaces clairs absolument vides, il ÿ ait néanmoins une petite quantité de substance chromatique qui n'a pas été rencontrée par la coupe: Nous inclinons à penser que des granules de précipitation vacuolaire, colorables par l'hématoxyline, sont présents dans toutes les vacuoles des cellules embryonnaires.
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Ces corpuscules résultent de la précipitation, à l'intérieur du vacuome, d’une substance primitivement à l’état de solulion colloïdale dans le suc vacuolaire et cette substance est très vraisemblablement identique, à celle qui à la propriété de fixer les colorants vitaux dans la cellule vivante. M. P. A. Dangeard l’a découverte chez les Phanérogames et l’a comparée à la métachromatine des Champignons et des Algues. Bien que l'assimilation précédente ne doive pas probablement être poussée jusqu'à l'identité complète, il n’en est pas moins certain, et les recherches de M. P. A. Dangeard l’on montré, qu'il y a’‘dans les vacuoles de tous les végétaux, Champignons, Algues, Cryptogames vasculaires, Phanérogames, une substance fondamentale présentant un certain nombre de traits communs et qui donne au vacuome ses principales propriétés.
Nous conserverons donc le nom de métachromatine pour la substance fondamentale du vacuome et nous appellerons corpuscules métachromatiques les granulations formées de cette substance.
B. Cellules sécrélrices lannifères. — Les observations vitales nous ont amené à celte conclusion, que les tannins sont élaborés à l'intérieur du vacuome, où ils apparaissent peu à peu au cours de l’évolution que subissent les cellules embryonnaires.
Par la méthode vitale nous n'avions constaté qu’une seule phase dans l'élaboration des composés tanniques; sur les coupes fixées ont peut distinguer assez neltement deux phases.
Première phase. — Au début des transformations, le vacuome devient colorable par lhématoxyline dans sa presque totalité comme sil ÿ avait eu formation d’une plus grande quantité de métachromatine. Suivant l’état du vacuome, à ce moment, on peut observer alors des réseaux vacuolaires colorés en totalité par l’hématoxyline en noir foncé, ayant conservé la fo:mce exacte de ceux que nous connaissons maintenant si bien
ne
grâce à l’étude vitale, (Fig. 11 et 12. PI. XII). Ou bien, il y a dans le cytoplasme, des sphérules de tailles diverses qui fixent très forlement le colorant: comme ces globules sont légèrement contractés au sein d’une petite vacuole arrondie, il en résulte qu'ils se montrent entourés d’une auréole claire.
Ce sont des sphérules du même genre et de gros bâtonnets qui ont été observés par M. Guilliermond dans le Ricin, mais ce dernier ne signale pas de réseaux vacuolaires colorés dans leur totalité et montrant conservés leurs plus fins trabécules, comme ceux que nous avons observés et que nous venons de décrire dans le Cèdre du Liban.
Nous ferons remarquer à ce propos, qu'il y a là un cas de coloration de l'appareil vacuolaire « in toto », par une méthode mitochondriale : c’est un fait qui n’a pas encore été signalé. Il prouve que la méthode de Regaud ne donne pas une différenciation d’un système d'éléments particuliers, mais qu'elle peut mettre en évidence, suivant les circonstances, des corpuscules n'äyant aucun lien génétique entre eux.
Je crois d’ailleurs qu'il est inutile d'insister plus longuement sur cette question, car personne ne croit plus à la spécificité des méthodes dites mitochondriales, depuis les travaux de M. P. A. Dangeard.
Les réseaux vacuolaires colorés ne sont pas toujours conservés dans leur intégrité comme celui qui a été figuré PL. XII, mais très souvent, on ne retrouve sur les coupes, que des fragments de l’appareil vacuolaire, sous forme de pelotons ou de filaments isolés colorés en noirintense. Ces réseaux s'observent non seulement dans l'épiderme, mais aussi dans les cellules de parenchyme qui évoluent en éléments sécréteurs.
Dans les cellules de parenchyme et surtout dans l'axe du bourgeon, on observe souvent de grosses boules teintes en noir foncé : elles représentent des masses de sécrétion dont le volume est considérable.
Il est facile de se rendre compte en examinant la disposition des cellules sécrétrices et par comparaison avec les résul-
tats des chapitres précédents, que celles d'entre elles qui ont un vacuorné ainsi colorable par l'hématoxyline, correspondent à des éléments qui sont déjà tannifères. On les trouve à l’extrémité des ébauches foliaires les plus jeunes; au contraire sur des feuilles plus âgées, ils sont remplacés par des cellules qui présentent un caractère différent qui est celui d’une deuxièmie phase de la sécrétion.
Deuxième phase de la sécrétion. — Dans les cellules tannifères dont le vacuome est coloré en noir, on voit apparaître un produit jaune d’or qui se montre de plus en plus nettement.
Les vacuoles ne sont plus colorées en noir foncé, mais leur teinte devient indécise, brunâtre ou jaunâtre. On trouve fréquemment à l’intérieur d'une même cellule, une masse vacuolaire colorée en noir d’un côté du noyau et une autre masse colorée en jaune de l’autre bord, avec dans l'intervalle quelques trabécules rompus..
Dans les cellules plus évoluées, les vacuoles montrent toutes une belle teinte jaune d’or, mais il est toujours possible de remarquer sur le pourtour un liseré de métachromatine coloré en noir par l'hématoxyline.
Interprétation des fuils. — L'élaboration du composé tannique dans ces vacuoles peut s’interpréter de la façon suivante.
Dans les cellules jeunes embryonnaires, il n'y a pas de tannin et le vacuome renferme une petite quantité de méta-. chromatine que l'on retrouve précipitée et colorée en noir sur les coupes. Plus tard, il se forme des composés tanniques, mais la vacuole continue à renfermer de la métachromatine et même cette substance est devenue très abondante: il en résulte que la substance vacuolaire se colore en noir foncé, parce que la teinte jaune naturelle des composés phénoliques précipités sous l’action: du bichromate, est masquée par la coloration de la métachromatine.
Enfin, dans les cellules sécrétrices les plus évoluées, la quantité de métachromatine cest redevenue très faible et ne forme
plus qu'une mince bordure noire autour des masses jaune d'or des composés phénoliques.
Des observations semblables ont été faites chez Abies Nordmanniana et chez Larix leplolepis.
ART. 2. — ABIES NORDMANNIANA.
Les observations faites chez l'Abies correspondent presque point par point à celles que nous venons de relater chez le Cèdre.
Nous avons fait des coupes de bourgeons du mois de septembre, alors que les feuilles encore très petites ne renferment pas beaucoup de tannin.
Le vacuome des cellules embryonnaires non sécrétrices, qui fixait le colorant vital et se montrait si souvent sous forme de réseaux variés, ne se retrouve plus sur les coupes qu'à l'état de lacunes claires non colorées. Il est de même rare, que les vacuoles ainsi observées, présentent des granules colorés à leur intérieur, comme c'était le cas quelquefois chez le Cèdre.
Ilen résulte que la substance vacuolaire assez épaisse, qui se: montrait élective vis-à-vis des colorants vitaux, n’est plus représentée après fixation. On doit la considérer comme ayant été presque entièrement dissoute.
Par contre, dès qu’un composé phénolique apparaît dans le vacuome, celui-ci se teint fortement en noir, Si l'appareil. vacuolaire est en réseau, comme c'est souvent la cas, ce dernier peut être entièrement coloré ‘fig. 13, PE. XID). Il y a concordance parfaite avec les observations faites chez le Cèdre, mais nous avons rarement vu chez l'Abies des réseaux fixés el colorés d’une manière aussi parfaite.
Lorsque les composés tanniques sont abondants, ils apparaissent au sein du vacuome comme des masses jaune brun qui demeurent entourées par une bordure mince colorée en noir,
Les plastes chez l'Abios, comme chez le Cèdre se colorent en
ASE
noir par la méthode de Regaud. On les trouve dans toutes les cellules des jeunes feuilles sans exception. Ce sont des grains ou de petits bâtonnets n'ayant jamais une allure filamenteuse. Les microsomes ne paraissent pas s'être colorés au moyen de
cette méthode.
ART 3. = LARIX LEPTOLEPIS"
Des bourgeons recueillis au mois d'octobre, ont été fixés dans du liquide de Regaud. A cette époque, les jeunes feuilles contiennent du tannin assez abondamment dans l’assise sous épidermique et dans plusieurs cellules de parenchyme ; dans l’épiderme, seules les cellules du sommet de la feuille sont tannifères.
Les circonstances de la formation du tannin dans l'appareil vacuolaire sont à peu près les mêmes que pour les exemples précédents. Lorsqu'une cellule devient ftannifère, il se précipite dans le vacuome une quantité de sphérules qui se colorent en noir par l'hématoxyline. Plus tard, apparaît dans chaque boule de sécrétion un noyau jaunâtre qui reste entouré par une écorce noire.
Enfin, dans les cellules sécrétrices les plus évoluées, les grandes vacuoles se montrent remplies de gros globules jaune d'or, formés par des composés phénoliques. Ces masses de produits vacuolaires sont souvent entourées encore d’une mince bordure noire de métachromatine.
Dans toutes les cellules des feuilles de Larix, existent des plastes nombreux. Leur forme dans les cellules jeunes est souvent contournée, filamenteuse, même dans les cellules épidermiques, où pourtant l'observation vitale ne révèle que des plastes en bâtonnets allongés, toujours rectilignes.
Il faut donc admettre que la fixation produit une déformation sensible des plastes et peut donner ainsi à des éléments en bâtonnets allongés l'allure de « chondriocontes ». C’est là une remarque intéressante à noter, car des chondriocontes
flexueux ont été souvent décrits dans des préparations fixées, alors qu'il est plus rare de les observer à l'état vivant (cas de l'Iris et de la Tulipe).
La question de la forme des plastes est d'ailleurs un peu secondaire, car l’on rencontre parfois dans des cellules voisines, dans l’épiderme des feuilles d'Iris par exemple, des plastes filamenteux ou mitoplastes et des plastes globuleux. C’est ce qu'ont montré de récentes études de M. P. A. Dangeard.
Les plastes apparaissent donc comme des éléments assez plastiques, susceptibles de se déformer dans la cellule vivante. Ils peuvent aussi subir ces modifications sous l'action des fixateurs comme nous venons de le montrer.
Dans les cellules adultes qui se trouvent au sommet des Jeunes feuilles, tous les plastes chez le Larix ont pris une forme globuleuse. À cet état, ils ne sont plus déformés sous l'effet de la fixation.
Nous attirons l'attention sur ce mince liseré noir que l’on constate sur la périphérie des boules vacuolaires de nature phénolique. [Il représente un dépôt de métachromatine, quis’est précipité sur le pourtour de la vacuole, tandis que le restant du suc vacuolaire, constitué par les composés tanniques, s’est coagulé en une masse jaune d’or sous l’action du bichromate.
Ces aspects permettent de comprendre comment les « mitochondristes » ont pu parler de l'élaboration des composés tanniques et de l’anthocyane par des mitochondries. Voyons, en effet, ce que dit M. Guilliermond à leur sujet chez le Noyer ; «les chondriocontes, qui constituent le chondriome dans les cellules les plus jeunes, s’assemblent pour la plupart autour du noyau ; puis ils s'épaississent par suite de l'élaboration dans leur intérieur d'une substance qui, avec les méthodes mitochondriales, apparaît fixée et colorée en jaune, grâce à l’action du bichromate de potassium, qui, comme on le sait, précipite les composés phénoliques et leur donne une coloration jaunâtre. À ce moment, les chondriocontes se montrent donc constitués d’un composé phénolique occupant leur axe et d’une écorce
mitochondriale ». Plus loin il parle de boules de composés phénoliques qui s'isolent entourées par une mince écorce mitochondriale.
Puis, lorsque la boule de composés phénoliques à achevé sa croissance. elle se déverse dans la vacuole et ne tarde pas à se dissoudre dans le suc vacuolaire (Guilliermond (11) 1914).
On se rend compte que cette description est complètement erronée parce que l’auteur interprète comme écorce mitochondriale un simple dépôt chromatique d’origine vacuolaire.
Le même cas se présente pour la formation des corpuscules mélachromatiques chez Puslularia vesiculosa où M. Guilliermond décrit des vésicules qui se séparent des chondriocontes, émigrent dans les vacuoles et continuent à s’accroître tandis que leur écorce mitochondriale s’amincit peu à peu (Guillier-. mond (7) 19x3). |
Dans les recherches récentes de M. Politis sur l’origine des tannins dans la vigne, on peut remarquer une erreur semblable. Les mitochondries se transformeraient en vésicules, contenänt à leur intérieur un produit tannique, entouré d’une enveloppe mitochondriale — (Sur les corpuscules bruns de la brunissure chez la vigne. 1921).
Il ne me paraît pas impossible que dans la cellule animale on ait pu être induit en erreur d’une façon analogue.
On sait que plusieurs auteurs ont décrit la formation de sécrétions diverses, qui apparaissent au moment de leur élaboration entourées par une écorce mitochondriale. Il pourrait s'agir, dans quelques-uns de ces cas tout au moins, de précipitations, sur la paroi d'une vacuole à sécrétion et non pas de la coloration d'un plaste élaborateur.
En ce qui concerne les exemples étudiés par nous, il est certain que l'étude vitale était nécessaire pour interpréter correctement les phénomènes, car sans cela, rien n'aurait été plus facile que de décrire comme une écorce mitochondriale, ce qui n'est en réalité qu’un dépôt, sur le pourtour d’une sphérule de sécrétion ou sur la paroi d'un vacuole.