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D. LARIX EUROPEA

Chez le Larix la transformation des grains d'aleurone est particulièrement rapide au moment de la germination.

Les plus jeunes plantules examinées, proviennent de graines qui ont été mises en terre à l’étuve à 20° pendant quinze jours et dont la coque n’est pas encore ouverte.

L’embryon extrait de son endosperme n’a que trois ou quatre millimètres de longueur et il est encore complètement incolore. Placé dans une solution de rouge neutre au moment où il est recueilli, il se colore bientôt sur toute une surface en quelques minutes, l’épiderme se teint en orangé.

L'observalion microscopique montre, qu’il y a dans l'épiderme hypocotylaire des granules et des filaments plus ou

moins anastomosés, dont la forme est variable. C’est le vacuome qui se colore en rouge orangé par le rouge neutre.

Dans les cotylédons il existe encore à ce stade des grains d'aleurone qui sont arrondis, peu nombreux et n'ont pas encore subi d’altération (fig. 14, pl. IV). Nous savons déjà que c'est dans les cotylédons que les grains d'aleurone conservent le plus longtemps leurs caractères, tandis que leur évolution en vacuole se fait rapidement dans l'hypocotyle. Ce phénomène paraît général.

Sur des plantules plus âgées, les grains d’aleurone ne sont plus distincts et le vacuome se trouve, à l’état réticulé dans la plus grande partie de l'épiderme (fig. 15 et 16, pl IV). En outre le tannin apparait dans l'hypocotyle, puis ensuite dans les cotylédons, suivant ainsi un ordre d'apparition ascendant.

Lorsque la plantule montre sa racine au dehors, les réseaux vacuolaires des cotylédons prennent encore une teinte orangée et ne réduisent pas l'acide osmique: dans l’hypocotyle à ce stade, le vacuome contient au contraire du tannin réducteur et se précipite facilement par l'action du colorant vital, sous forme de granulations rouges.

Plus tard, les cotylédons cux-mêmes deviennent lannifères et leur vacuome prend une teinte rose; la forme du réseau vacuolaire très changeante, puisqu'on la voit se modifier pendant la durée de l'observation, est surtout caractérisée par la présence de trabécules allongés et sinueux disposés autour du noyau (fig. 15 et 16, pl. IV); lorsque ce réseau se transforme en vacuoles ordinaires, ce sont d’abord les extrémités qui s’épaississent, tout en restant reliées entre elles, pendant un certain temps, au moyen des trabécules périnucléaires ; puis ceux-ci disparaissent et le vacuome est transformé en vacuoles typiques.

Réaction des tannins observés chez le Larix europea. — Dans les très jeunes germinations dont la radicule n’atteint encore que quelques millimètres de long, il est facile de constater la

présence de fannin dans l’épiderme de l’hypocotyle et des cotylédons, soit au moyen d'acide osmique, soit par l’action du bichromate.

D'autre part, le système des tubes sécréteurs est déjà extrêmement développé dans l’assise sous épidermique et se voit comme un ensemble de lignes noires, lorsqu'on à placé la plantule pendant quelques minutes dans une solution d'acide osmique. Ce système est tout aussi bien mis en évidence après action du bichromate à 3 0/0 ou du perchlorure de fer à 4 0/0.

Ces réactifs montrent, que le contenu des tubes sécréteurs est constitué par un tannin, qui existe en abondance dans les grandes vacuoles s'étendant sur la plus grande partie de la longueur de ces éléments.

STATS BAC CAMTASE

Les graines de l’If germent avec une certaine difficulté et demandent ordinairement deux ans pour lever. Des graines d’If de, l’année ont été placées en terre à l’étuve à 20° le 21 janvier 1922 et humectées d'eau de temps en temps. Le 2 mars, une des graines est ouverte et l'embryon extrait de l’endosperme : on constate que l'embryon s’est accru et qu'il a presque doublé de longueur par rapport aux dimensions normales qui existent dans la graine mûre. Placé tout entier dans le rouge neutre, il absorbe le colorant par toute sa surface et prend rapidement une teinte orangée. Cette teinte est due à la coloration vitale des grains d'’aleurone dans toutes les cellules épidermiques. Si, en effet, on prélève une portion de la surface de l'embrjon au moyen d’une coupe tangentielle, (ce qui nécessite un bon rasoir et présente une certaine difficulté, étant donné la pelitesse de l'embryon), on constate que les cellules épidermiques contiennent un nombre assez élevé (20 à 30), de grains d’aleurone admirablement colorés en orangé, au milieu d'un cytoplasme bourré de très petits globules d'huile; les grains sont ordinairement colorés en totalité, mais on en

trouve également qui renferment des inelusions (fig. 18,

pl. IV):

Il n'existe aucune forme de vacuome en réseau et aucune déformation des grains d’aleurone ne s’est encore produite ; à plus forte raison on observe encore aucune anastomose entre eux. On peut en déduire que l'énergie du métabolisme est encore très faible et qu'aucun mouvement dé brassage ne se manifeste encore dans ces graines. L'huile se trouve à l'état d'émulsion extrêmement fine.

De jeunes plantules d'If ont été examinées plus tard, alors que les graines dont elles provenaient avaient fa.t un séjour d'un an en terre. Les graines n'ont pas élé maintenues à l’étuve ; mais placées au bout de deux mois à la température du laboratoire.

La germinalion n'a pas encore commencé, mais les plantules ont acquis un développement notable à l’intérieur des graines dont la coque est encore intacte. Leur longueur atteint maintenant quatre ou cinq millimètres, c’est-à-dire à peu près le double des dimensions qui s’observent dans la graine.

La plantule, placée dans une solution de rouge neutre, au dix millième, se colore bientôt sur toute sa surface en rouge orangé. On constate, en prélevant un lambeau d’épiderme, que les cellules épidermiques sont courtes, aussi longues que larges et que leur vacuome n'est plus formé de grains d'aleurone, mais de masses vacuolaires arrondies, plus ou moins volumineuses et de réseaux à gros éléments. Tout indique que la substance de ces vacuoles possède une consistance épaisse demi-fluide. Le reste du cytoplasme est parsemé de petites soutelettes d'huile qui réduisent l'acide osmique,

On n'observe pas de tannin dans l’épiderme et le rouge neutre se colore en rouge orangé à l’intérieur du vacuome.

Des tubes sécréteurs lannifères à divers états de développement existent à ce moment dans la plantule, on les trouve

soit sous l’épiderme, soit dans le cylindre central (1). Ce sont des cellules allongées, renfermant un noyau vers le milieu de leur longueur et deux grandes vacuoles lannifères qui s'étendent jusqu'aux extrémités du tube. Ces vacuoles réduisent, l'acide

osmique.

F. GINGKO BIL0BA.

Les graines étudiées nous ont été fournies par la maison Vilmorin. Elles sont livrées avec la mention « graines stratifiées à semer de suite ». Si on les place en terre à l'étuve à une température de 20°, elles lèvent rapidement en quinze jours ou trois semaines.

Les graines, avant germination, renferment des embryons assez volumineux, généralement dicotylés. Si on les extrait de. leur endosperme et qu’on les place dans une solution de rouge neutre, on constate une absorption assez rapide par les surfaces épidermiques.

En observant au microscope, il est facile de voir que le vacuome n’est pas sous forme de grains d’aleurone, mais qu’il existe un réseau vacuolaire, ou bien des sphérules du vacuome colorées en rouge orangé par le rouge neutre, (fig. 17, pl. IV).

Ces réseaux vacuolaires s'observent encore sans changements importants durant la période germinative.

Comme nous n'avons pas examiné d’autres graines que celles qui nous ont été fournies préalablement stratifiées, nous ne pouvons pas dire s’il existe des grains d’aleurone dans l'embryon à un moment donné.

IL est possible que la graine de Gingko ne présente jamais une période de vie ralentie suffisamment caractérisée pour que le vacuome s’y établisse sous la forme de grains d’aleurone.

(1) Ces tubes n'existent dans la graine que sous forme d’ébauches peu allongées, non tannifères.

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