CONCLUSIONS DU CHAPITRE PREMIER
Chez tous les Gymnospermes étudiés, les grains d’aleurone subissent une transformation en un système vacuolaire. On n'observe jamais la naissance de novo de vacuoles au cours de la germination, mais toutes les parties du vacuome dérivent directement des grains d’aleurone présents dans la graine.
Dans les jeunes plantules, les plus petits grains d'aleurone qui sont dépourvus d’inclusions et que l’on trouve dans les épidermes, la gemmule et le méristème vasculaire, prennent des formes filamenteuses et s'unissent en réseaux avant de se transformer en un vacuome normal largement dilaté. Ces formes doivent être comparées à celles que M. P. A. Dangeard a découvertes dans les méristèmes des Phanérogames, et que nous avons retrouvées dans les bourgeons des Gymnospermes. Elles correspondent à un état généralement visqueux de Ia substance vacuolaire.
Chez toutes les plantules étudiées, il apparaît du tannin dans l’'épiderme au cours de la germination (1); cette substance se montre dès le début de son élaboration à l'intérieur du vacuome et on ne la trouve jamais ailleurs. La production du tannin a toujours lieu au début, d’une part dans les cellules de la coiffe, d'autre part dans l'épiderme de la radicuie et de l’hypocotyle, d'où elle progresse de proche en proche sur les plantules de plus er plus âgées, jusqu’au sommet du cotylédon.
Chez Pinus marilima, Cedrus libani, Cupressus sempervirens, de l’anthocyane succède aux tannins dans le vacuome de l’'hypocotyle, comme si le pigment dérivait directement d'une transformation des composés tanniques.
Les tubes sécréteurs décrits par M. Chauveaud dans les plantules des Conifères, sont des cellules tannifères extrêmement allongées, ainsi que le montrent nos observations. Chez le Cèdre du Liban, ces tubes contiennent déjà dans la graine un composé tannique très abondant.
(1) Sauf chez l’If et chez le Gingko dont les plantules âgées n’ont pas d’ailleurs été examinées dans ce but.
Dangeard 9
Il a suivi la formation et l’évolution des grains d'aleurone sur des coupes fixées et colorées. Il est conduit à rapprocher la substance azolée des globoïdes des corpuscules métachromaliques des Protistes, principalement en raison d> la coloration métachromatique prise par ‘ces corps après coloration au bleu polychrome de Unna.
M. Mottier (1921), employant les méthodes de fixation et de coloration mitochondriales, croit pouvoir affirmer que les cristalloïdes chez le Ricin, proviennent de primordia existant dans les cellules d’albumen très jeunes et qu'il assimile à des chondriosomes ; les cristalloïdes du Ricin auraient donc une origine mitochondriale.
Peu de temps après, nous montrons (1921), au moyen de colorations vilales, quels sont les stades de l’évolution des vacuoles aleuriques pendant la maturation et pendant la germination. Ces observations rattachent les transformations de l'aleurone à des phénomènes de même genre, décrits auparavant par nous chez le Pin maritime et à l’évolution générale du vacuome décrite par M. P. À. Dangeard.
Il est démontré que le chondriome ne participe pas à la formation des cristalloïdes comme le veut Mottier.
M. Guilliermond, peu de temps après, annonce l'indépendance du chondriome et des grains d’aleurone, ce qui confirme notre opinion.
Cet exposé montre que l’aleurone du Ricin a été très étudié. Cependant la plupart des travaux sont anciens et sont très imprécis en ce qui concerne l’évolution de l’aleurone (Pfeffer, Wakker, Werminski, Parmi les plus récents, certains sont d'interprétation erronée (M. Mottier), d’autres incomplets (MM. Beauverie, Guilliermond.
Nos résultats, obtenus par un emploi méthodique des colorations vitales, permettent de se faire maintenant une idée plus exacte et plus complète de l’origine des grains d’aleurone, de leur nature et de leur évolution, dans ses rapports avec le vacuome de la cellule. Ces résultats ont d’ailleurs été vérifiés
et confirmés par l'examen de nombreuses coupes en série, après fixation et coloration.