RE
donné la préférence au bleu de méthylène. Il n’a utilisé ni le rouge neutre ni le bleu de crésyl. Bien qu'il ait effectué un grand nombre de colorations vitales des vacuoles et qu'il ait expérimenté sur des plantes très variées, il n’a mis en évidence aucune particularité morphologique remarquable des vacuoles. En particulier, il n’a pas déeelé les formes vacuolaires spéciales des cellules de méristémes.
Il a vu que certains colorants ne pénétraient pas dans la vacuole, mais s’accumulaient dans le cytoplasme, tel est le cas du violet de méthylène et, dans cette circonstance, le colorant est fixé par de petites granulations cellulaires.
Il a remarqué que tantôt les vacuoles se coloraient d’une facon homogène, tantôt leur contenu se précipitait sous forme de granulations colorées. La présence de composés tanniques serait la cause, d’après lui, de la fixation du bleu de méthylène, et de sa précipitation au sein des vacuoles dans la plupart dés cas. Enfin, il a montré que la possibilité de fixer un colorant est lié à la vitalité de la cellule. Dès que celle-ci meurt, le colorant abandonne la vacuole et c’est au tour du noyau de se colorer.
Des essais qu'il a entrepris lui ont montré que la cellule peut extraire un colorant d’une solution extrêmement faible, au cent millième ou au millionème, et l’accumuler à l’intérieur de la vacuole (pouvoir d'accumulation élective).
Depuis les recherches de M. Pfeffer, le domaine des colérations vitales chez les végétaux est demeuré à peu près inexploré jusqu'aux travaux de M. P. À. Dangeard. On doit mentionner toutelois l'emploi fait par Lauterborn, du rouge neutre pour colorer les vacuoles des Levures; plus tard, M. Guilliermond signale les mêmes faits ; M. Nicolle colore les grains de métachromatine chez les Bactéries. Enfin, MM. Beauverie et Guilliermond donnent quelques brèves descriptions de grains d’aleurone colorés vitalement (Graminées, Ricin).
En 1916, sont publiées les recherches de M. P. A. Dangeard sur la coloration vitale des vacuoles. L'auteur emploie surtout
le bleu de crésvl, le bleu de méthylène et le vert Janus. En étudiant de jeunes organes des bourgeons, M. Dangeard montre que les vacuoles dans les méristémes de nombreuse plantes, sont à l’état de granules, de filaments ou de réseaux, qui fixent les colorants vitaux avec intensité. Ces éléments ressemblent parfois à s'y méprendre à un chondriome, mais M. Dangeard assiste à leur transformation en vacuoles et il les rattache sans doute possible au système vacuolaire.
Ainsi, M. P. A. Dangeard, par la méthode des colorations vitales, découvre des états encore ignorés de l’appareil vacuolaire dans les plantes.
Au moment où nous avons fait nos premières recherches sur les colorations vitales chez les végétaux, nous avons employé le bleu de crésyl et le rouge neutre d’une manière exclusive. Cela s'explique, car ce sont certainement les deux meilleurs colorants vitaux du vacuome. Le premier de ces colorants qui a servi principalement pour les belles découvertes de M. P. A. Dangeard a le mérite d’une carrière déjà fructueuse en cytologie végétale : il a en outre l’avantage de donner des images très visibles au microscope. Nous avons emprunté le second aux zoologistes chez lesquels il est d’un usage courant. Le rouge neutre s’est révélé dans quelques cas supérieur au bleu de crésyl et il a facilité ainsi beaucoup nos recherches. Il fut mis aussi à contribution à peu près à la même date chez les Phanérogames par M. Guilliermond qui a publié quelques observations isolées dans le domaine des colorations vitales à la suite de celles de M. P. A. Dangeard.
M. Guilliermond ajoute peu de chose aux observations vitales de M. Dangeard sur le vacuome ; il constate comme l’avait fait ce dernier que les vacuoles ont la propriété de fixer la plupart des colorants vitaux et qu’elles renferment en solution colloïdale une substance capable de se précipiter en corpuscules à leur intérieur.
Il ressort de cet historique que, chez les animaux, on a coloré des éléments très variés (produits de réserve, de dégénéres-
cence, vacuoles, mitochondries, etc.). Chez les végétaux on à coloré principalement les vacuoles (MM. Pfeffer, P. À. Dangeard et Pierre Dangeard, Guilliermond). En dehors de la coloration de l'appareil vacuolaire, on ne peut signaler chez les végétaux que celle des granulations du cytoplasme par Pfeffer et celle des mitochondries des Champignons par M. Guilliermond au moyen de violet Dahlia. Cette dernière coloration est signalée comme étant très difficile à réaliser et comme très imparfaite.
Par conséquent, chez les végétaux, le système vacuolaire a presque le privilège des colorations vitales. C’est pourquoi la question se pose de savoir s’il existe une spécificité d'action de certains colorants vitaux.
Chez les végétaux, des colorants tels que le rouge neutre, le bleu de crésvl, le bleu de méthylène se fixent dans l’immense majorité des cas sur les éléments du vacuome. On peut donc les dire colorants vitaux vacuolaires ; on pourrait joindre à eux le bleu de Nil et le bleu de toluidine qui donnent des résultats moins parfaits.
D'autres, comme le violet Dahlia, le violet de méthyle, colorent dans certains cas les vacuoles, dans d’autres cas des granulations du cytoplasme (microsomes pour Pfeffer, mitochondries pour M. Guillermond).
Le vert Janus colore les vacuoles des Géraniacées d’après M. P.-A. Dangeard ; il colorerait les mitochondries d’une manière spécifique chez les animaux (Laguesse, Cowdry).