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ART. 4. — OBSERVATIONS SUR LES COLORANTS VITAUX ET BEUR EFFET DANS LA CELLULE

À.— Mode d'action des colorants vitaux

Les colorants vitaux dont nous avons étudié l’action dans les tissus vivants sont assez nombreux : rouge neutre, bleu de crésyl, bleu de méthylène, bleu de Nil, bleu de toluidine, violet de méthyle, violet dahlia, vert Janus.

Parmi eux, nous avons distingué ceux qui se fixent sur Île vacuome dans l’immense majorité des cas, ce sont le rouge neutre, le bleu de crésyl, le bleu de méthvylène, le bleu de Nil et le bleu de toluidine, nous les avons appelé des colorants vilaux vacuolaires.

Au contraire, le violet de méthyle, le violet de dahlia et le vert Janus peuvent selon les circonstances colorer les vacuoles, les noyaux ou les microsomes. Ce sont des colorants vitaux non spécifiques.

La coloration des noyaux à été obtenue dans des cellules où l’activité était ralentie (albumen de la graine de Ricin, embryon de la graine de Pin maritime). La coloration prise par le noyau est diffuse; cependant dans un seul cas, le grain de pollen de Gingko biloba, nous avons observé la coloration vitale très nette des chromosomes du noyau ; mais il s’agissait d’une coloration au moyen de rouge neutre (1).

En ce qui concerne les microsomes, nous avons montré que leur coloration vitale se faisait à la longue, au moyen de solutions très diluées de violet de méthyle, violet dahlia, vert Janus. Parfois on constate de doubles colorations vitales du vacuome et des microsomes dans une même cellule. Les plastes n’ont jamais fixé le colorant vital, de sorte que dans les cellules où la distinction du plastidome et du sphérome est difficile en raison de leurs caractères morphologiques voisins, on pourrait se servir avec avantage de la méthode des colorations vitales pour séparer les deux sortes d'éléments.

(1) Ce colorant vital vacuolaire montre donc, en cette occasion des propriétés anormales,

Ce

B. — Pénétration des colorants vitaux

à travers les membranes

Il est certain que les colorations vitales se produiraient avec une beaucoup plus grande facilité s'il n°Y avait pas l'obstacle opposé à la pénétration par des membranes épidermiques -souvent très peu perméables.

L'imperméabilité des membranes est fonction de l’âge des cellules, car les points de végétation et les jeunes ébauches foliaires se laissent facilement pénétrer par les colorants. D'autre part, lorsqu'un épiderme possède naturellement un rôle absorbant (épiderme des jeunes plantules de Gymnospermes, cotylédons des plantules de Ricin, cellules d’albumen, etc.), il se montre extrêmement perméable aux colorants vitaux : c'est une propriété précieuse que nous avons mise à profit bien des fois.

Sur les cotylédons à trois faces du Pin maritime, nous avons fait cette constatation très curieuse que seule, la face externe qui se trouve en contact avec l’endosperme, possède un épiderme facilement perméable aux colorants vitaux. Les deux autres faces qui, par leur situation, ne peuvent pas participer. à l'absorption dans les conditions naturelles, se montrent imperméables vis-à-vis des colorants.

Un phénomène semblable se produit chez le Ricin où l’épiderme du cotylédon qui se trouve en contact avec l’albumen, fixe plus rapidement le rouge neutre que l’épiderme de la : face opposée qui n’a pas naturellement de rôle absorbant, mais le fait est beaucoup moins net que chez les Conifères (1).

A ce genre de recherches se rapportent les expériences suivantes faites chez le Ricin en vue de montrer que dans les conditions naturelles les échanges ont lieu entre cellules, de vacuoles à vacuoles

(1) Dans ces deux cas, limperméabilité. d’une région épidermique des cotylédons ne correspond à aucune particularité sensible des membranes. En effet. il est impossible de constater sur une coupe une différence morphologique entre les membranes des surfaces cotylédonnaires, quelle que soit la région envisagée

Une jeune plantule de Ricin a été séparée de son albumeéri avec précaution ; puis les deux moitiés de ce dernier ont été placées dans une solution de rouge neutre : la plantule était maintenue pendant ce temps, afin qu'elle ne s’altère pas, à l'intérieur d’un autre albumen, dont la plantule avait été sacrifiée. Lorsque la couche interne du premier albumen avait pris une teinte rouge foncé par suite de la coloration vitale de ses cellules, on rapprochait les cotylédons de la plantule et on les maintenait en contact étroit avec cette partie colorée de l’albumen.

Dans ces conditions, au bout de quelques minutes, on pouvait constater que la face externe des cotyvlédons foliacés avait pris une teinte rosée, indiquant qu'il y avait eu passage du rouge neutrè du vacuome de l’albumen dans celui des cotylédons.

Cette expérience montre que les colorations vitales peuvent nous renseigner sur le mécanisme de la nutrition cellulaire, puisqu'un colorant vital paraît se comporter vis-à-vis d’une cellule à la manière d'un aliment soluble.

Dans cet exemple du Ricin, nous avons deux assises cellulaires en présence, qui, toutes les deux sont, capables de fixer à leur intérieur un colorant vital lorsqu'on les place dans un bain colorant. Lorsque ces deux assises sont mises en rapport par leurs membranes intactes, l’un des tissus peut soutirer à l’autre le colorant qu'il avait absorbé précédemment en présence d’une solution. L’épiderme des cotylédons du Ricin

manifeste done ainsi un pouvoir absorbant supérieur à celui

de l’albumen.

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