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II. — Dosage du soufre dans les aciers

Le soufre est un élément nuisible à l’acier, qui le rend «rouverin », la plupart des aciers de qualité en renferment moins de 0,040 pour 100. On a donc à doser des teteurs très faibles.

Si l’on part de limailles ou de riblons très sulfureux, la désulfuration au four Martin est une opération très longue et très coûteuse; on élimine en effet le soufre à l’état de sulfure de calcium, en faisant des laitiers très calcaires; or, à mesure que la proportion de chaux que renferment ces derniers augmente, leur fusibilité diminue, d’où nécessité d'élever la température. Si l’on veut éviter de trop grands frais, consommation de gaz, détérioration du four, on a donc intérêt à déclasser (1) les coulées dès la

1) C'est-à-dire à changer leur destination.

fusion, si cela est possible; 11 importe par suite d’être renseigné rapidement sur la teneur en soufre.

Les deux méthodes généralement utilisées en France Sont :

a. La méthode Rollet: transformation du soufre en FPS, dans un courant d'hydrogène, additionné d’un peu de gaz carbonique ({

en volume), à température voisine de 11009; dosage volumétrique de IS par précipitation à l’état de Ag?S, dans une liqueur titrée de NO“Ao.

b. La méthode, dite d'évolution, aitaque du métal par FCI; le gaz produit, additionné d'hydrogène et de gaz carbonique, traverse un tube dé porcelaine chauffé au rouge; H?S produit est transformé en ZnS ou CdS, qu'on dose 1odométriquement.

La méthode Rollet, dont nous avons suivi l'application de très près, fournit d'excellents résultats, à condition seulement :

19 Que l’hydrogène, le gaz carbonique soient rigoureusement exempts d'impuretés telles que As IF, PE, HMS NEC |

Par passage de ces gaz dans un tube de porcelaine chauffé au rouge sombre, et barbotage ultérieur dans des laveurs à MnO'K, et à NO Ac, on les purifie convenablement.

30 Que la température soit assez élevée (11000 environ) et la limaille pas trop épaisse.

L'expérience demande environ 1 heure.

La méthode d'évolution est un peu plus rapide, mais elle nous à paru beaucoup plus délicate; Pattaque exige en effet un volume d’acide relativement grand (3oem° FICI à 220 B., 6em° SO‘ H? pour une prise de 5), or il est très rare que ces acides et en particulier HCI, qui distille dans la réaction, soient sans action sur l’iode; l'essai à blanc, même avec des acides purs, est loin d’être négligeable (évalué en soufre, il atteint facilement 6,010,

0,01) pour 100 et même davantage). Les résultats ont donc besoin d’être contrôlés de très près, et la méthode Rollet nous semble plus robuste.

Ces deux méthodes sont d’une application trop longue pour permettre de suivre une désulfuration. Le procédé que nous allons décrire nous a permis de renseigner la fabrication en quelques minutes, dans les mêmes conditions de rapidité que pour le manganèse, le phosphore, le carbone.

Nous brûlons le soufre dans un courant d’ oxygène, à très haute température (12009 environ).

Dans. ces conditions, on obtient tout le soufre à l’état de gaz sulfureux, qu’on dose par réaction sur une liqueur titrée d’iode.

L'appareil est des plus simples : le four qui sert à la combustion du carbone peut être utilisé à condition d’élever la température ; l'oxygène industriel est simplement lavé dans une solution de potasse; le gaz sulfureux produit traverse un absorbeur à boules (du même type que celui déjà décrit), renfermamt une solution diode.

Liqueurs utilisées. — La liqueur d’iode est telle que ion = oM6,2 de soufre (15,86 d’iode par litre).

L’iode non détruit est dosé avec une liqueur équivalente d’hyposulfite en présence d’amidon soluble; on obtient un virage très net, au vingtième de centimètre

cube, malgré la dilution des mr “bre grâce à Femploi d’amidon soluble (1).

(} On l’obtient commodément en chauffant pendant une demiheure, à 1800-2009, de ’amidon avec un grand excès de glycérine (300°%° pour 10* d’amidon).

Après refroidissement, on précipite l'amidon par l'alcool, on lavé par décantation, on essore, on lave à l'alcool sur l’essoreuse, ét l’on dissout le précipité humide dans l’eau bouillante. |

Marche d'une expérience. — 1° Essai à blanc. — Le four étant à la température voulue, on fait d’abord passer un courant d'oxygène pendant une dizaine de minutes. On adapte ensuite au tube de porcelaine l’absorbeur à boules, renfermant 252m° de liqueur d’iode. On maintient le courant d'oxygène (2 à 3 bulles à la seconde) pendant 7 minutés; on titre ensuite l’iode libre.

La différence avec la valeur trouvée dans le titrage direct donne l’essai à blanc; on s’assure par une deuxième expérience qu'il ést constant. Il est en général de deux divisions, soit en soufre 0,002 pour 100 pour une attaque de 28.

20 Dosage. On pèse »$, 3* ou 45 d’acier, que l’on place dans des nacelles assez épaisses, pour éviter qu’elles ne soient percées et collent au tube de porcelaine.

L’absorbeur étant mis en place, on introduit vivement la nacelle, et l’on force le courant d'oxygène, de façon à maintenir pendant toute Pexpérience la même vitesse de dégagement (2 à 3 bulles à la seconde); la combustion, très vive, est accompagnée de lueurs, elle est complète en moins de r minute, et 4 à 5 minutes suffisent pour chasser SO?

produit.

Expériences.

Poids * Méthode de Méthode par Méthode la prise. Rollet, combustion. au SO‘Ba.

{ 3 {| 0,042 0,040 0,043 { 0,640 0,049 - 0,042 BA L A Ù 5) ? 0,023 0,029 »

Acier Martin ; “ 3 6,012 0,010 »

3 0,032 0,032 0,030 9 0,090 0,046 ir A Précision. — Les résultats obtenus sont connus à 0,005

près; dans des dosages de réglage de fabrication on, peut même négliger l'essai à blane qui est de l’ordre de 0,002.

La durée totale d’une expérience, y compris le perçage

et la pesée, est inférieure à 10 minutes.

Remarque. Deux des dosages indiqués dans le Tableau ont été faits par précipitation du soufre à l’état de S0O*Ba. Dans ce but on a d’abord séparé le soufre par la méthode de MM. Carnot et Goutal (dissolution du fer par Cu CI. 2 KCD (1); lexpérience a été faite sur r0* d’acier.

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