CONCLUSIONS
En résumé, de toutes les observations qui précèdent, on peut ürer les conclusions suivantes :
Des monographies anatomiques d’espèces voisines paraissent de plus en plus nécessaires, ainsi que l’étude des développements embryonnaires. Ces recherches permettront peut-être de démontrer, ainsi que cela l’est dans ce travail pour quelques espèces d’/mpatiens, que certains caractères anatomiques et morphologiques importants sont variables d’une espèce à l’autre. |
Ces différences anatomiques variables peuvent intéresser aussi bien l’ensemble de l'appareil végétatif, que quelquesuns de ses organes seulement: les uns déjà dans embryon lui-même, les autres dans les organes de l’appareil végétauif accru.
L'absence de racine principale chez l’embryon contenu dans la graine mûre de /. Noli-tangere, est un fait prouvé par l’étude histologique.
Les caractères donnés par cette étude histologique sont confirmés entièrement par l'étude de l’extrémité de l’axe hypocotylé, au moment de la germination. Une assise cellulaire périphérique seule se développe à ce moment en poils allongés, jouant le rôle de poils absorbants.
D’autres espèces de Balsamines ont leur racine principale normale, quelquelois elle persiste toujours, d’autres fois elle peut être de courte durée et, après s'être développée jusqu’à une certaine longueur, s’atrophie ou disparaît. On peut rencontrer tous les types intermédiaires entre l’avortement complet et le développement très grand de cet organe, chez des espèces très voisines.
IMPATIENS ET TROPÆOLUM. 161
Dans le cas où la racine principale n’existe pas, des racines latérales, au nombre de huit au moins, disposées en deux étages de quatre, naissent de bonne heure dans l'embryon jeune, aux dépens de l’assise périphérique du cylindre central, non encore différencié. Ces racines latérales ont une coiffe normale et une poche digestive.
Chez d’autres espèces du genre, où la racine jeune est à peine développée chez l'embryon à la maturité de la graine, on trouve aussi des racines latérales formées au nombre de quatre, généralement ; mais, celles-ci ne se développent que plus tard, après que la racine principale est déjà accrue.
Chez d’autres espèces enfin, ces racines latérales peuvent ne pas exister dans l'embryon à la maturité de la graine.
Les phénomènes de germination sont particuliers à chaque espèce. Une preuve évidente en est donnée par les singulières conditions dans lesquelles s’opère la germination de 1. Noli-tangere, chez laquelle une germination provoquée de graines récoltées bien müres, est presque toujours impossible. La plante se resemant très bien d’elle-même, il faut en conclure que ses graines doivent être immédiatement enfouies dans le sol pour qu’elles gardent leurs propriétés germinatives.
Les téguments des graines d’/mpatiens sont sujets à des variations de structure, suivant les espèces. Ces variations portent surtout sur les téguments externes, en vue de donner une protection plus ou moins grande à l’amande, par suite à l'embryon.
L’albumen qui existe toujours est en partie résorbé et est réduit à quelques assises cellulaires. Il y a toujours deux téquments, mais le tégument interne est fortement réduit lors de la maturité de la graine.
Chez l’embryon du Tropæolum, chez lequel la racine porte au sommet une double coiffe, cette coiffe surnuméraire est formée par une prolifération des cellules de l'extrémité du suspenseur. L’embryologie seule pouvait démontrer ce fait.
1062 CAMILLE BRUNOTTE.
Le corps à trois branches de l'embryon, décrit par Schacht, et dont l’existence a été mise en doute par Hofmeister, existe réellement. La double coiffe existe déjà dans l'embryon qui n’a que 1/4 de millimètre de long, dans l’ovule fécondé. Les matériaux de réserve qu’il accumule à son sommet pour proliférer ainsi proviennent des prolongements latéraux de l'embryon.
Les feuilles très variables comme formes, chez les /mpaliens aussi bien que chez les 7ropæolum, sont disposées chez les premières d’une façon très différente sur des espèces voisines et même sur la même plante. Chez les 7ropæolum, les feuilles embryonnaires gardent toutes un caractère héréditaire ; elles sont divisées plus ou moins profondément en trois lobes, alors que les feuilles caulinaires, chez quelques espèces, sont orbiculaires entières, ou circulaires, ou elliptiques allongées. |
Les nectaires extra-floraux des /mpatiens sont variables comme forme, comme structure anatomique et comme disposition, par rapport aux feuilles et à la tige, suivant les espèces.
Enfin, je rappelle que, dans ce Mémoire, il est donné description d’une méthode technique permettant de faire l’étude anatomique, histologique, et l'étude de la course des faisceaux dans bien des cas, des organes végétaux quelconques.
Cette méthode, applicable surtout aux petits embryons et aux organes délicats tels que des feuilles minces, a pour but de rendre transparents, aussi complètement que possible, les organes disséqués à la loupe et qui, vus ainsi en entier, sous le champ même du microscope, après coloration, peuvent être examinés directement, complètement et jusque dans leurs plus petits détails. |
Nancy, le 15 juin 1900.