‹ Recherches embryogéniques et anatomiques sur quelques espèces d'Impatiens et de TropæolumChapitre 5 sur 28 · SUJET D'ÉTUDES · texte numérisé non relu

SUJET D'ÉTUDES

Les plantes examinées ont été choisies parmi celles faciles à se procurer et à avoir toujours sous la main en assez grande quantité. En ce qui concerne les /mpatiens, qui sont toutes, sauf une, des plantes étrangères à notre région, il a fallu forcément se restreindre à un certain nombre d’espèces; d’ailleurs, parmi toutes ces espèces étudiées, 1l en est qui ont été décrites sous des noms très variables, la plupart des auteurs omettant de faire suivre du nom du descripteur celui de la plante étudiée. 1 en résulte, et cela est le cas pour les diverses espèces d’/mpaliens, qu’une véritable confusion a été faite : telle espèce étant étudiée par un auteur sous le nom de Z. scabrida, par exemple, par

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d'autres sous les noms de Z. tricornis, L. cristata, 1. Hamuillonia, etc…

Dès le début de cet exposé, il est done absolument indispensable de bien préciser les caractères de chacune des espèces, leur synonymie s’il y a lieu et tous faits qui seront nécessaires pour nettement établir la diagnose de chaque espèce.

1° Impatiens.

Impatiens Noli-tangere, L., qui est la seule espèce indigène vraiment rustique et appartenant à la flore de France, a été décrite autrefois par Saint-Lager (*) sous le nom de 7. penduliflora, et par Scopoli(") sous celui de Balsamina Noli-tangere. Elle présente les caractères suivants: plante annuelle de 2 à 5 décimètres, un peu épaisse, glabre et d’un vert tendre. Tige dressée, rameuse, épaissie aux nœuds. Feuilles alternes étalées, ovales ou elliptiques lancéolées, la plupart obtuses, les supérieures aiquës tronquées ou atténuées à la base, lâchement crénelées. Pédoncules axillaires étalés portant de deux à cinq fleurs. Fleurs pendantes, les latérales apétales, les pétalées à éperon recourbé au sommet. Capsule oblongue, linéaire, pendante, aiguë, à cinq côtes longitudinales, ce qui la rend pentagonale. Graines ovales, grosses, ridées, striées.

Impatiens parviflora, D. C., est ainsi décrite : feuilles alternes, pédoncules floraux dressés à trois ou quatre fleurs, feuilles ovales, acuminées, dentées en scie, mucronées. Fleur avec un éperon droit. Plante annuelle; cette espèce bien connue, d’origine exotique, s’est acclimatée dans nos jardins.

Impatiens Balsamina, L., qui à été décrite par De Candolle sous le nom de*Ba/samina hortensis (), a ses pédicelles

(1) Élude des fleurs. Éd. 8, p. 150. — Voir Æore, Roux et Foucaup, p. 129, t. IV. (2) Prodromus, p. 685, t: I.

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nombreux, réunis ; les feuilles sont lancéolées, alternes dans la région supérieure de la tige. Les fleurs ont un éperon court.

Cette espèce, originaire de l’Inde orientale, est la plus connue de toutes; c’est elle qui fournit les nombreuses variétés horticoles à fleurs doubles. Le fruit qui, comme tou- Jours, chez le genre /mpatiens, est déhiscent avec élasticité, s'ouvre à la maturité en divisant ses valves de haut en bas, alors que le fruit de /mpatiens Noli-tangere ouvre les siennes de bas en haut.

Impatiens Roylei, de Walpers, désignée également sous les noms de Z. glandulifera et glanduligera par Royle, est aussi parfois appelée /. Royleana.

Cette espèce fait partie des Balsamines à capsules linéaires, à feuilles opposées ou verticillées (‘). L'appareil végétatif en est robuste, glabre, les feuilles habituellement opposées sont lancéolées, pointues ou ovales, dentelées avec dents aiguës. Stipules pointues. Pédoncules floraux subterminaux, à fleurs disposées en sorte d’ombelles ou en grappes. Éperon court, capsule renflée et formant un petit bec courbé à lPextrémité. Fleurs habituellement rosées ou rouges. Sépales verts. Graines larges, ovoïdes, à enveloppe assez épaisse paraissant spongieuse.

Impatiens Scabrida, D. C., est ainsi décrite dans le Prodrome (*): pédoncules à trois ou quatre fleurs, dressés et beaucoup plus courts que la feuille. Feuilles ovales, acuminées et dentées en scie des deux côtés. Les plus jeunes feuilles, ainsi que la tige, sont rudes au toucher; en vieillissant, elles deviennent qlabres. Fleurs jaunes à éperon très long. Cette espèce, qui fait partie du groupe des Axi/lifloræ (), est désignée par Lindley sous le nom de /. {ricornis ; par Wallich sous les noms de /. cristata et Z. Calycina. On lui a prêté également le nom de /. Hamiliontana (*).

(1) Flora British India de Hooker, t. I, p. 468-472. (2) Prodromus, p. 685, t. I.

(3) Exauer et Pranrz, Balsaminacæ (Varburg, Reiche), fascicule 128, p. 391, 1835.

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Elle est originaire de l'Himalaya. Est assez fréquemment cultivée.

Impitiens longicornu, de Wallich, correspond à une espèce également décrite par le même auteur sous le nom de /. bicornuta et est réellement l’ancienne espèce Z. leptoceras de De Candolle. Elle a ses pédoncules floraux dressés portant de six à huit fleurs en grappes. Ses feuilles sont glabres, oblongues, atténuées, dentées en scies et mucronées. L’éperon est mince, droit et très long. Cette espèce, qui avait été signalée par Wallich ëx Napauliä, présente deux variétés, Pune à pétioles foliaires courts, l’autre à pétioles foliaires longs. Elle fait partie du groupe des Racemosæ.

Impatiens Sullani, originaire de Zanzibar, a été décrite par Hooker, directeur du jardin de Kew. Cette espèce, qui a fait l’objet d’un travail sur lequel j'aurai à revenir fréquemment, est décrite dans ce travail publié par W. Hermann (°). Elle est signalée dans l’ouvrage précédemment cité de Engler et Prantl comme une nouvelle espèce à éperon plus long que les fleurs, et trouvée dans la Sierra-Leone de l'Afrique occidentale. Elle est actuellement très peu cultivée dans les jardins ou les serres. Elle porte de nombreuses fleurs rouges qui apparaissent successivement sur l'appareil végétatf et y persistent pendant longtemps.

Impatiens auricoma est une espèce plus récemment connue encore. Elle n’a fait jusqu'alors l’objet d’aucune recherche anatomique. Introduite par hasard dans l’horticulture française, elle a été décrite par M. Poisson, du Muséum, dans le journal le Jardin en 1893, et sa diagnose, donnée par M. Ballon (), est la suivante : plante herbacée glabre, atteignant de 60 centimètres à un mètre. Feuilles amples, lancéolées, membraneuses, avec un pétiole linéaire. Elles sont souvent dentelées, glanduleuses. Fleurs jaunes, longuement pédonculées, et cependant à éperons égaux à peine au pé-

(1) Untersuchung einiger Arten der Gattung Impatiens, Freiburg-i.-Br., 1886. (2) Bullelin mensuel de la Société linnéenne de Paris, n° 35, p. 596. — Liste des plantes de Madagascar, genre Impatiens, M. H. BawLoN.

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liole. À cette description, on peut ajouter que la tige est charnue, glabre, assez ramifiée ; que les fleurs sont souvent réunies au sommet des rameaux et sont vivement colorées en Jaune d’or brillant.

La description donnée par M. Baillon est suivie d’une note permettant de croire que cette espèce correspond peutêtre à celle qui est décrite avec doute par De Candolle sous le nom de Balsamina ? madagascariensis (*).

2° Tropæolum.

Au sujet des 7ropæolum, deux séries de recherches ont été faites : les premières, s’occupant surtout de l’embryogénie, ont dù être faites sur des plantes faciles à cultiver et dont je pouvais avoir constamment, à la belle saison, des fleurs fraîches sous la main. Je n’ai donc pu m'adresser pour cette étude qu’à des espèces bien déterminées, sans m’occuper des variétés nombreuses créées par l’horticulture, et je me suis arrêté aux espèces: 7ropæolum mayjus, L.; Tr. minus, L., et Tr. aduncum, Sm., ou 77. peregrinum, Jacq., dont on trouvera plus loin les diagnoses.

La deuxième série de recherches faites en vue surtout de la comparaison de lappareil végétatif et de la morphologie des feuilles a compris un plus grand nombre d’espèces que

(1) Prodrome, t. 1, p. 686.

(2) Les espèces Linnéennes citées ci-dessus sont décrites ainsi (Systema Vegetabilium, p. 807-808) :

I. Balsamina. — Pedunculis agregatis, foliis alternis lancéolatis serrulatis, calcare corollam æquante (J. coccinea Sims. I. capensis. Thunb.)(Ind. orient.) (Amér. tropic.). I. Noli-tangere. — Foliis oblongo ellipticis, inæqualiter dentatis, mucronatis, flaccidis, calcare incurvo floribus breviori (Europ. Amer. bor. Asia med.). 1. parviflora (Cand.). — Foliis ovatis, acuminatis, mucronato-serratis, floribus erectis, calcare recto (Mongolia).

I. scabrida (Wall.). — Pedunculis erectis folio brevioribus, foliis oblongis utrinque attenuatis, serratis, junioribus scabris, calcare longissimo (Nepal). 1. leptoceras (Wall.). — Folis oblongis utrinque attenuatis, mucronatc-serratis glabris, calcare tenui recto longissimo (Nepal).

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j'ai pu examiner dans les herbiers du Muséum (') et a porté sur les espèces suivantes: 77. longifolium, de la Nouvelle- Grenade; 7r. pentaphyllum, Lam., de l'Amérique méridionale; Tr. Brachyceras, de Hooker, du Chili austral; 77. ciliatum, Ruiz et Pavon, qui ressemble beaucoup à 7r. aduncum, et qui est également originaire du Chili; 77. sessilifolium, Popp et Endlicher; Tr. Deckerianum, Moritz, appelée aussi Tr. trilobum à cause de la forme de ses feuilles, et qui est originaire du Venezuela.

Je donnerai ici seulement les diagnoses des espèces étudiées au point de vue du développement de Pembryon; elles ne prêtent d’ailleurs à aucune discussion.

Tropæolum majus, L. — Foliüs peltatis orbiculatis repandis, nervis margine petalisque obtusis. Syn. : 77. hybridam, L. (anamorphosis).

Tropæolum aduncum, Sm. — Folüs subcordato peltatis 5-7, lobis subtus glaucis, lobis incisis obtusis, petalis majoribus lobatis, minoribus inciso fimbriatis, calcare adunco petala majora æquante. Syn.: Tr. peregrinum, Jacq.

Cette espèce se prête tout spécialement aux études embryologiques. Elle porte ses fleurs sur de longs rameaux terminaux sur lesquels on peut toujours assez facilement trouver tous les stades de développement de lPembryon. Alors que les fleurs de la partie inférieure du rameau sont déjà fécondées, celles de la partie supérieure sont seulement en voie de formation. De plus, cette espèce est très florifère.

On trouvera la diagnose des autres espèces signalées et même des dessins représentant certaines d’entre elles dans les ouvrages de description, entre autres dans l'ouvrage d’Engler et Prantl(?) où K. Reiche à donné une étude assez complète du groupe des Tropæolées.

(1) C'est grâce aux collections du Muséum mises à ma disposition que j'ai pu comparer les diversès formes des feuilles et de l'appareil végétatif des Tropæolum. Je remercie M. Poisson de son obligeance et de son accueil ; qu’il me soit permis de rappeler ici le souvenir du regretté M. Franchet qui, au cours de mes recherches dans les herbiers, m'a élé si utile.

(2) ExGcer et Pranrr, Die nalürlichen Pflansenfamilien : Tropæolacées, von K. Reiche. Lieferunqg, 47. à

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