‹ Recherches et observations pathologiques sur le spinitis, ou inflammation de la moelle épinière, faites à l'Hôtel Dieu de MarseilleChapitre 7 sur 19 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

L’inflammation de la moelle épinière est rarement annoncée par des phénomènes précurseurs. En général, on ne reconnaît cette maladie que lorsqu’elle est développée : encore a-t-elle été ignorée 011 confondue avec d’autres maladies, telles que la pleurésie dorsale de Baillou, l’inflammation des reins , l’affection rhumatismale des muscles, des gouttières vertébrales , l’empoisonnement par les préparations de plomb. Il est cependant des circonstances dans lesqueljês

le spinitis s accompagne de symptômes qaî ne permettent point au médecin attentif de le confondre avec les affections que nous venons d’énumérer , et avec lesquelles il. a le plus d’analogie-

Les symptômes généraux de l’inflammation de l’organe rachidien ^ sont ceux des ptilegmasies latentes accompagnées de vives douleur» le long de 1 epine du dos , s’exaspérant par les mouvemtens du corps» Le malade éprouvé ordinairement un malaise général , €Îe ranxiété. Une chaleur vive a la peau , un abattement moral extrême, de» mouvemens convulsifs des membres et des roideurs tétaniques ; te pouls est vif, fréquent et irrégulier , la face animée, la soif ardente ,, la déglutition gênée ou impossiblë ; mais si les symptômes acquièrent de l’intensité , il y a trismus , paralysie des membres , ballonnement du ventre, acGUinulation des urines dans la vessie. D’autres foi» les symptômes marchent avec une ienteur extrême qui peut eu imposer d’abord; mais bientôt il succède à cet état de lenteur des> signes qui ne permettent point de se méprendre sur le caractère*

spécial de l’affection: néanmoins , de tous les signes que je vien» d’énoncer , il n’y a de vraiment caractéristique du spinitis que 1» paralysie des membres qui coïncide avec une douleur le long de t epine. du dos , sans altération des facultés intelléctueîîes ÿ les autre» symptômes ne sont pas tou» également essentiels pris en particulier mais leur réunion suffit pour établir le diagnostic de la maladie»

Mon expérience m’a convaincu que la constipation était un symptôme qui accompagnait constamment Faffection qui nous occupe» Il existe une liaison si étroite entre la. moelle épinière et se» membranes , que celles-ei peuvent également être ûitéressées par la. même maladie , et doivent par conséquent offrir des phénomènes, à peu près analogues. Quoique jusqu’à ce jour il n’y ait aucun, auteur qui ait établi dés. signes pour distinguer ces deux aflèetions> cependant, par des observations recueillies avec soin, à mesure que l’on étudiera mieux les maladies de l’organe rach.diert , ne sera.t-iï pas possible de parvenir à séparer les symptômes qm appartiennene à la lésion de la snbstance pulpeuse de la moelle . de ceux qur accompagnent l’affection isolée des membranes qui lenveloppent.

Serail-ce, par exemple , s’écarter de la vérité , que d’admettre que la paralysie est un signe certain de l’altératicn profonde de la moelle elle-même , tandis que l’absence de ce signe suffirait pour indiquer que la maladie n’a son siège que dans le prolongement des membranes du cerveau? Il est moins difficile de juger de la partie du prolongement rachidien qui est le siège de l’irritation et de l’inflammation ; les symptômes ici sont assez distincts pour apprécier leurs différences, car si c’est la partie supérieure de l’organe, la protubérance annulaire ou le cervelet qui soient le siège de la phlegmasie , il y a trouble des sens , délire plus ou moins furieux , trismus, grincement des dents , la langue est rouge et sèche , la parole est gênée , la déglutition difficile, il survient des palpitations, des vomis-, semens ; en un mot, on observe, dans-certains cas, la plupart des symptômess de la rage.

Le siège de la maladie est-il dans la région cervicale ; les muscles du cou , des membres supérieurs, sont roides ou agités par des mouvemens convulsifs, les mouvemens de la poitrine sont gênés.

Est-il au contr|iire dans la partie inférieure de la moelle ; on remarque alors la paralysie des membres inférieurs , de la vessie, des sphincters de l’anus; il y a satyriasis, et ces derniers symptômes s’observent sur-tout quand rinflamination est l’effet d’une chute, d’un coup , etc. Quoique l’inflammation de chaque portion de la moelle ait des symptômes particuliers, d’après le siège qu’elle occupe, cependant, l’irradiation de la partie malade s’étendant aux autres parties , les symptômes deviennent incertains dans certains cas. Alors il faut faire bien attention quels sont les phénomènes primitifs, ceux qui sont les plus constàns, etc.

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