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CHAPITRE PREMIER

de l'hérédité des maladies scrofuleuses.

On reconnaît l'hérédité des maladies scrofuleuses à deux caractères principaux, savoir : i° la généralité de la maladie dans la famille ; 2° la très grande mortalité qu'elle y occasionne. I\ous étudierons chacun de ces caractères dans un paragraphe particulier.

ÎO HÉRÉDITÉ

S M. De ta généralité de ta maladie dans ta famille.

Le premier fait , \e fait le plus saillant que l'on rencontre dans l'étude des maladies scrofuleuses , c'est la généralité de la maladie dans la famille. Ce

fait n'existe pourtant pas toujours actuellement, par

Ja raison que Ja scrofule ne se montre point sur tous

les membres dune familje au même âge, de la même manière , ni au même degré, et qu'elle peut n'atteindre les enfants que successivement.

Mais ce que l'on reconnaît au premier aperçu, c'est une complexion commune à tous les enfants, complexion de famille, complexion scrofuleuse qui révèle la prédisposition funeste dont ils sont atteints, et par suite de laquelle ils seront sujets à des maladies scrofuleuses.

Cette complexion est le premier signe qui annonce la généralité de la rtialadie dans la famille , le premier qui accuse l'hérédité , celui qui nous donne l'éveil sur le genre de maladies dont les enfants sont menacés. C'est pourquoi nous en traiterons avec une certaine étendue avant d'aborder les autres caractères de l'hérédité des maladies scrofuleuses.

De la complexion scrofuleuse.

On reconnaît les familles scrofuleuses à une empreinte générale de débilité dont sont frappés tous les enfants : la complexion scrofuleuse comporte tout au plus un état de santé negatit pour quelques uns,

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et elle est exclusive pour tous des attributs de la force et d'une bonne organisation.

Le physique de ces enfants est dépourvu d'harmonie dans ses formes extérieures: le tronc et les extrémités n'offrent pas un rapport proportionnel de développement; la tête est trop forte ; les membres sont mal attachés à un corps débile trop long ou trop court; ils n'ont pas leur longueur, ou ils en ont une trop grande; les articulations sont généralement trop volumineuses.

Souvent la ligne médiane n'est pas au milieu du corps; il semble qu'il y ait une jonction manquée de ses deux moitiés, dont l'une serait placée un peu plus haut et plus en avant que l'autre. Cette dernière disposition, qui est la conséquence de l'inégalité de développement, est d'un mauvais pronostic pour les maladies qui surviendront plus tard, comme je pourrais en citer des exemples que j'ai observés sur plusieurs enfants de la même famille. Il n'est pas rare d'observer un défaut de réunion sur un ou plusieurs points de la ligne médiane; ce sont les sujets scrofuleux qui présentent le plus communément des exemples d'écartement de la ligne blanche, des becs-de-lièvre simples, ou compliqués de la séparation des os de la voûte palatine et des deux moitiés du voile du palais. Chez quelques enfants, la poitrine est en carène, les côtes sont tordues , le sternum fait saillie en haut et en avant , les différentes pièces qui le composent se dessinent sous la peau. Le diamètre antéro-postérieur du thorax a plus d'étendue que le trausversal.

Cette conformation vicieuse peut changer d'une

manière progressive entre huit et douze ans ; quand ce changement ne s'est pas opéré, on peut encore espérer qua l'époque de la puberté la difformité se modifiera , et que la cage osseuse de la poitrine se rapprochera de l'état normal; mais plus souvent elle persiste, et cette persistance qui s'oppose au développement régulier et à l'expansion complète des poumons est d'un fâcheux augure, car elle annonce toujours que le vice scrofuleux a implanté de profondes racines dans l'économie.

Les scrofuleux sont en général de petite taille, et quelquefois, au contraire, d'une grandeur démesurée; ces deux extrêmes proviennent du même principe, de ce que la vie n'a point le degré de force nécessaire pour régulariser le développement des organes qui se trouvent ainsi arrêtés dans leur essor ou livrés à une nutrition sans frein ; la bouche est petite, en ogive, ou beaucoup trop grande; les dents de la première et de la seconde dentition, mais surtout celles-ci, sont tardives; elles ne sont pas blanches, elles ont plutôt une teinte noire; elles s'altèrent facilement et sont très friables. Le tissu spongieux des os est beaucoup trop développé relativement à leur tissu compacte et aux parties molles. Cet état du tissu spongieux est très reconnaissable aux signes suivants, qui ne sont cependant pas toujours réunis : l'os malaire est trop saillant; la base de la mâchoire inférieure est trop développée , ce qui donne aux individus un aspect rachitique tout particulier; les extrémités des os longs sont trop grosses; les pieds et les mains, qui sont principalement formés d'os

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courts et spongieux, offrent , dans quelques cas, un développement démesuré et des plus disgracieux. FiC pubis , le sacrum, les ischions sont dans un état d'hypertrophie qui est surtout à redouter chez les femmes , car plus tard il sera une des causes pour lesquelles les accouchements seront difficiles à terminer. (2 e partie, causes pathologiques.) Le corps des os longs est ordinairement de petit calibre et leur tissu compacte est très mince.

L'accroissement offre parfois les extrêmes les plus opposés. J'ai fréquemment dans mes salles , à l'hôpital Saint-Louis , des enfants de dix-huit à vingt ans qui n'ont guère plus d'un mètre trente Irois centimètres de laille. .l'en ai en un de vingt ans qui n'avait qu'un mètre vingt centimètres de haut ; il n'a pas grandi du tout, il s'est plutôt affaissé peudant quatre ans qu'il a passé dans la salle Saint-Jean, où il est mort en 1 836. Je l'ai fait dessiner en i83a au tiers de toutes ses dimensions par M. Chazal, peintre du Muséum d'histoire naturelle , et son dessin , qui a réussi au-delà de toute expression, a quarante centimètres de haut.

J'ai déposé son squelette au Muséum anatomique des hôpitaux, où il a été classé par mon collègue et ami M. le professeur Serres parmi les pièces les plus curieuses de cette collection.

A ce malade et à plusieurs autres dont l'accroissement était très retardé, mais à un degré moindre que dans l'exemple que je viens de citer, j'ai souvent opposé, devant les élèves, d'autres malades scrofuleux, de même âge, qui avaient un mètre soixante-cinq et mèmesoixante-dix centimètres détaille; quelques uns

étaient même plus grands, et l'un d'eux, le nommé Cjllot, avait un mètre quatre-vingt-quinze centimètres. Mais chez ces malades de trop haute taille, le tronc et les membres n'ont pas plus de symétrie ni plus de proportion que chez ceux dont l'accroissement a été arrêté; ils ont généralement la tête trop petite; ils portent fort mal leur corps et n'ont aucune énergie.

Les voies digestives sont dans un état d'atonie qui entrave continuellement toutes les fonctions de la vie assimilatrice. Beaucoup d'enfants scrofulenx n'ont jamais faim; il y a anorexie portée, en certains cas, au point que les enfants ne consomment point le sixième de la nourriture que comporte leur âge. Ce défaut d'appélit provient de l'inertie des organes de la digestion. J'attribue celte inertie à un état catarrhal de même nature que l'ophthalmie, ïe coryza, l'otite, les bronchites, les leucorrhées, etc. C'est cet état , très commun chez les sujets scrofuleux, qui se fixe, à l'état chronique, sur les voies alimentaires de quelques uns d'entre eux.

Ces enfants, qui ne mangent point parce qu'ils sont faibles, deviennent de plus en plus faibles par cela même qu'ils ne mangent point. Il n'y a aucune amélioration à attendre, tant que le canal digestif ne fonctioune pas mieux ; il faut pour qu'elle commence que le besoin des aliments se fasse sentir, et qu'il y ait de bonnes digestions. L'absence de l'appétit est un des symptômes auxquels il faut remédier en premier lieu, car elle ne peut durer longtemps sans devenir une cause des plus actives de détérioration, puisqu'elle arrête le développement des organes

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à sa source, et que ceux-ci, déjà trop faibles primordialeiiieiit, doivent s'affaiblir encore davantage parce quils manquent de matériaux de réparation. Je traite particulièrement cet état des voies alimentaires par quelques purgatifs administrés plusieurs jours de suite : la racine de rhubarbe, le jalap et le calomel associés à parties égales, l'eau minérale de Sedlitz, l'huile de palma-christi, l'un ou l'autre; puis j'ai recours aux préparations iodurées, qui jouissent à un liant degré de la propriété de donner de l'appétit aux malades, après que ceux-ci ont été bien purgés. Je soigne actuellement une famille de cinq enfants, quatre filles et un garçon, qui ont tous un appétit irrégulier et en général très faible. Aucun de ces enfants n'a la taille de son âge. La fille aînée a seize ans et demi ; elle n'a qu'un mètre quarante-cinq centimètres de taille, et n'est pas encore réglée. Ces cinq enfants ont les dents fort noires, et ils ont tous des taches de rousseur sur la figure.

Dans d'autres cas, beaucoup plus rares , il existe un appétit vorace qui n'est aucunement profitable, le physique de ces enfants étant aussi retardé que celui de ceux qui ne mangent presque point. Je connais une famille composée de quatre enfants tuberculeux, chez lesquels les voies digestives ont une grande activité, et dont aucun cependant ne jouit d'un embonpoint moyen.

Cet état du canal digestif coïncide le plus ordinairement avec une pâleur habituelle de la face, qui , souvent, dès cette époque de la vie, est un signe avant-coureur de la tuberculisation pulmonaire ; les

yeux sont cernés; l'haleine est fétide; les enfants éprouvent dans le nez des démangeaisons qui nous font supposer, clans le canal intestinal, la présence de vers , qu'on ne trouve pourtant pas toujours dans les déjections alvines. Il semble que la prédisposition existe sans avoir produit ses effets. C'est ainsi que beaucoup de tuberculeux n'ont pas encore de tubercules.

Les fonctions excrémeutielles n'ont point de régularité. Il y a tantôt constipation, qui dépend, peutêtre, de la sécheresse des surfaces muqueuses et de la faiblesse du mouvement péristaltique des intestins; tantôt une diarrhée de mauvaise nature , qui alterne quelquefois avec cette constipation. On dirait une blennorrhée passagère du canal intestinal, semblable à celle que nous voyons souvent sur les yeux , dans le nez, les oreilles, etc. Quelque abondante et durable que puisse être cette blennorrhée intestinale , elle ne doit pas uous étonner, si la surface muqueuse des intestins sécrète proportionnellement autant de mucus que la conjonctive, ou la pituitaire en certains cas d'ophthalmie et de coryza scrofuleux. Les déjections contiennent quelquefois des aliments mal digérés, parce qu'en cet état catarrhal de la membrane muqueuse intestinale la digestion des aliments ne peut se faire que d'une manière très imparfaite.

La peau, le tissu cellulaire, sont d'une maigreur très prononcée , ou bien dans un état d'hypertrophie particulière, d'hypertrophie indurée, qui grossit les formes outre mesure, et qui éteint tout leur éclat.

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Beaucoup de sujets scrofuleux ont la peau sèche , couverte de papules de lichen et de prurigo ; il y a un défaut général de transpiration qui coïncide avec des sueurs partielles des pieds, des mains et des aisselles; ces sueurs ont ordinairement une odeur acescente des plus prononcées.

La physionomie paraît plus âgée dans l'enfance seulement, car plus tard c'est le contraire; le tronc et les membres sont plus jeunes que l'individu, c'està dire qu'ils n'ont point le développement ni la force que comporte son âge.

Les sujets de cette complexion sont fréquemment dans un état de nonchalance et d'apathie quon ne peut surmonter. On voit beaucoup d'enfants scrofuleux qu'il faut toujours traîner par la main pour les conduire à la promenade , parce qu'ils ont une aversion extrême [jour le mouvement. Dans un cas particulier, j'ai vu cette aversion portée au point qu'on n'obtenait qu'avec peine d'une jeune demoiselle de douze ans qu elle fût se promener dans un jardin qui était de plain-pied avec un appartement que sa famille occupait au rez-de-chaussée.

Les mères se plaignent souvent de ce que leurs enfants, leurs jeunes filles surtout, se tiennent mal ; de ce qu'elles laissent tomber leur tête en avant, comme si elles ne pouvaient la soutenir ; qu'elles sont nonchalantes , toujours assises. Ces jeunes filles ne peuvent faire mieux. Elles se tiennent mal parce qu'elles tic sont pas assez fortes; parce que les muscles qui sont chargés de redresser la colonne vertébrale sont atrophiés; parce que le système musculaire n'est pas

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assez développé , et que la fibre, en général, manque, chez ces jeunes filles, du degré de tonicité nécessaire pour tenir le corps dans un juste équilibre. A ces causes, il faut ajouter le défaut d'harmonie des pièces du squelette que nous avons signalé plus haut, lequel n'est , la plupart du temps, que l'état rudimentaire de difformités beaucoup plus saillantes qui surviennent aux approches de la puberté , assez souvent avant cet âge, et rarement après.

Les enfants de complexion scrofuleuse éprouvent des lassitudes spontanées, qui augmentent plutôt qu'elles ne diminuent par le repos. Il en est qui ne savent que faire de leurs membres dans leur lit, et que le repos du lit fatigue plus qu'il ne les délasse, car ils sont toujours plus fatigués le matin que dans le milieu de jour.

J'ai vu beaucoup d'enfants atteints de scrofule catarrhale qui avaient passé plusieurs mois entiers ne faisant point d'autre exercice que d'aller de leur lit sur un canapé. Cette apathie est un des signes les plus fâcheux de la complexion scrofuleuse , un de ceux qui deviennent causé du progrès de cette complexion. C'est pourquoi on doit la combattre particulièrement par des exercices corporels dosés selon les effets qu'a produits la nonchalance dans laquelle les enfants ont vécu.

J'ai fait des observations analogues dans le cours de la plupart des maladies scrofuleuses ; les malades eu général ne sont pas restaurés par le repos de la nuit.

Ce phénomène a déjà été remarqué chez les tuber-

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culeux pulmonaires, qui souffrent davantage de leur état la nuit que le jour.

Le gonflement de la lèvre supérieure est également plus prononcé le matin que dans le cours de la journée; on voit même des jeunes filles chez lesquelles ce gonflement n'est bien manifeste que pendant quelques heures après leur réveil.

Les opbthalmies sont aussi plus douloureuses le matin; ce phénomène tient sans doute, en partie, à cette circonstance que les malades passent brusquement de l'obscurité de la nuit à la lumière du jour. Je dis brusquement, car, à l'exception de quelques cas de photophobie, la lumière a généralement une influence favorable sur la marche des opbthalmies scrofuleuses. .1 ai eu plusieurs occasions d'observer le danger qu'il y a de traiter ces opbthalmies dans des chambres obscures. Je citerai en particulier, un écolier de treize ans qui pour avoir été plongé dans une nuit profonde, a failli perdre la vue; cet enfant avait remarqué que ses yeux étaient mieux les jours où il sortait pour aller consulter sou médecin.

Ce sont des observations de ce genre, ce sont celles que j'ai faites relativement à la nonchalance dont les malades scrofuleux sont généralement atteints et aux conséquences fâcheuses dont elle est suivie lorsqu'ou leur permet de s'y livrer, qui m'ont inspiré l'idée de faire marcher ceux de ces malades qui sont atteints de tumeur blanche des articulations des membres inférieurs. Dans mon troisième mémoire sur l'emploi de l'iode dans les maladies scrofuleuses, publié en mai i83i , j'ai fait conuaître

QO HÉRÉDITÉ

l'usage où jetais, alors, depuis trois ans, d'associer les exercices corporels aux préparations iodurées dans le traitement des tumeurs blanches des articulations des membres pelviens.

Cet usage nouveau était, dès cette époque, la règle que j'appliquais communément à tous les malades scrofuleux , traités dans mes salles; et l'épreuve en avait été faite, avec succès, dans un assez grand nombre de cas, pour qu'on pût espérer qu'elle serait désormais suivie par tous les praticiens, auxquels elle avait, été signalée par mon honorable rapporteur, M. le professeur Magendic.

I.cs praticiens n'ont cependant pas changé de méthode; ils conseillent encore, en i843, le repos du lit pendant le traitement des tumeurs blanches des membres abdominaux : aussi voit-on fréquemment l'atrophie des membres, leur flexion permanente par la contraction des muscles fléchisseurs, l'ankylose des surfaces articulaires être les suites trop ordinaires du repos auquel on assujettit les malades en traitement; de sorte que ceux qui guérissent restent impotents, et conservent pour la vie des difformités tellement pénibles qu'on en a vu s'exposer aux chances dune amputation pour en être délivrés.

Je ne puis que répéter ici le conseil que j'ai donné, il y a treize ans , de faire concourir les exercices du corps à la guérison des tumeurs blanches des extrémités inférieures.

Celle innovation a été mise en pratique sur plus de trois cents malades depuis seize ans, en présence d'un grand nombre de témoins, parmi lesquels je n'ai

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pas rencontré un seul contradicteur. Il est vrai qu'indépendamment de leur concours efficace dans le traitement, les exercices corporels rendent la vie des malades beaucoup plus agréable et qu'ils ne présentent aucun danger.

Pourquoi donc cette pratique n'est-elle pas devenue générale? pourquoi? Parce qu'on regarde encore les tumeurs blanches comme des maladies d'origine locale , tandis qu'elles ne sont que la suite d'une prédisposition tuberculeuse, et parce que renseignement est demeuré' muet sur ce progrès delà thérapeutique. Comment, à une époque comme la nôtre, est-il possible de tenir, aussi longtemps, la lumière sous le boisseau?

Une certaine activité corporelle n'est cependant pas incompatible avec la complexion scrofuleuse; mais celle activité, au lieu de favoriser l'accroissement physique, comme pour les enfants bien constitués, diminue, au contraire, les forces des enfants scrofuleux ; c'est pour cela qu'après de longues promenades comme celles qu'on fait chaque semaine dans les pensionnats, ces enfants sont exténués, n'en ont cpie moins d'appétit, s'il est possible, et ne peuvent par conséquent réparer les forces qu'ils ont dépensées. Cet état, quand il est durable, est toujours cougénial , et c'est bien à tort qu'on en cherche les causes hors des individus.

Les organes de la génération, ordinairement retardés dans leur développement, n'acquièrent presque jamais le volume ni la force qu'ils offrent chez les sujets bien constitués : des jeunes gens de quinze à dix-

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huit ans, quelquefois même d'un âge plus avancé, ont lesorganes génitaux comme des enfants de huit à neuf ans. Cette comparaison est même trop avantageuse; car des enfants de huit à neuf ans, bien constitués, ont souvent les parties génitales plus développées que beaucoup de sujets scrofuleux de quinze à dix-huit ans. Chez ceux-ci, en effet, les testicules ne sont guère plus gros qu'une olive , et la verge est à peine comme les deux dernières phalanges du petit doigt de la main d'un adulte.

Il est un grand nombre de scrofuleux qui, dans le cours de leur quatrième lustre , n'ont encore qu'un testicule dans les bourses, l'autre organe étant resté dans l'abdomen. Ce second testicule est quelquefois arrêté dans le canal inguinal. Dans quelques cas plus rares, aucun des organes sécréteurs du sperme n'est encore descendu dans le scrotum à quinze ou seize ans , quelquefois même à un âge plus avancé. J'ai présentement, dans mon hôpital, un jeune homme de vingt ans chez lequel les testicules sont encore dans le bas-ventre, et dont la constitution est, en outre, très peu développée sous tous les rapports.

Les jeunes filles ne sont pas moins retardées; elles n'ont souvent aucuu signe de nubilité à dix-sept ou dixhuit ans. La menstruation débute le plus souvent par une dysménorrhée qui dure deux ou trois ans, quelquefois toute la vie. Par la suite, les règles prennent rarement des habitudes louables. Elles sont insuffisantes; c'est-à-dire qu'elles ne paraissent que deux ou trois jours, peu abondantes; ou elles sont excessives et se prolongent, avec trop de force, pendant sept à

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huit jours, mais, dans aucun cas, elles ne produisent un résultat satisfaisant, car avec la menstruation, on ne voit point arriver les autres signes de la puberté. Les glandes mammaires et les ovaires éprouvent les mêmes retards de développement et de fonction que les testicules; les organes sexuels restent muets et insensibles , alors même que les jeunes personnes fréquentent la société.

Chez l'homme, les organes génitaux, dans l'ordre normal, font généralement leur évolution de quinze à seize ans ; ils prennent, à cet âge , un accroissement rapide qui se communique aux autres organes, car la constitution se développe et se fortifie en raison de la force que prennent alors les organes de la génération. La voixéprouveaussiun notable changement que tous les physiologistes ont signalé. L'évolution de ces organes développe un sixième sens ; l'homme éprouve des sensations nouvelles, dont il n'a eu jusqu'alors qu'une idée vague et très imparfaite ; il sent, le besoin d'une vie de relations au bonheur de laquelle se rattache la propagation de notre espèce.

Mais chez les sujets scrofuleux , cette évolution est ordinairement plus tardive et le plus souvent incomplète. On voit dans quelques cas la constitution prendre un certain essor et se fortifier un peu vers l'âge de quinze à dix-huit ans, sans que les organes génitaux participent à ce progrès; ils restent dans un état d'enfance après comme avant cet accroissement des autres appareils organiques; les fonctions génératrices éprouvent le même retard que le développement de leurs organes; elles ne prennent point leur

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rang au milieu des fonctions de l'économie; la voix reste enfantine; les caractères des sexes se dessinent à peine; il y a avortement de la puberté, et il en est de même de tous les âges suivants.

On a cependant signalé les goûts erotiques des sujets tuberculeux. Mais cette remarque ne peut provenir que de quelques faits sur la nature desquels on s'est trompé, et auxquels on a donné une portée qu'ils n'ont réellement, pas.

Il en est des organes de la génération comme des autres organes de l'économie.

Nous avons vu que les sujets tuberculeux sont généralement de petite taille, et que quelques uns d'entre eux ont cependant une taille démesurée;

Que l'appétit , ordinairement faible , quelquefois presque absent , peut offrir des caractères de voracité chez quelques sujets de complexion scrofuleuse;

Qu'il eu est un grand nombre dont la maigreur contraste avec l'embonpoint dont quelques uns sont surchargés;

Il est encore d'observation que les tuberculeux sont généralement apathiques, et qu'on en voit néanmoins quelques uns qui sont turbulents et qui ont une certaine activité d'esprit ;

De même , les organes de la génération sont peu développés chez les scrofuleux en général, et chez quelques uns ils offrent un développement anormal. Quand on analyse cet excès d'accroissement, on ne tarde pas à reconnaître qu'il est trompeur, et que cet état des organes ne donne pas plus de besoins et de forces génératrices que celui où leur développe-

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