‹ Recherches et observations sur les causes des maladies scrofuleusesChapitre 3 sur 36 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

11 n'y a, à parler rigoureusement, de scrofule d'aucun tissu, d'aucun organe; c'est, dans tous les cas, la même maladie qui attaque plus particulièrement chez un malade le système muqueux, chez un autre le système dermoïde, cellulaire, osseux , etc., mais sans se fixer jamais sur aucun d'eux d'une manière isolée. L'invasion de la scrofule sur un organe en particulier doit faire craindre son développement plus ou moins prochain sur un autre point de l'économie ; souvent même on s'aperçoit alors qu'elle existait déjà sous d'autres apparences auxquelles on ne l'avait pas encore reconnue.

Nous ferons les mêmes observations générales relativement à la famille. Lorsque la scrofule se montre avec un certain degré d'intensité sur un enfant, on doit s'attendre à la voir se développer sur ses frères et sœurs , car la plupart des autres enfants offrent des signes de la prédisposition à cette maladie, et il en est même chez lesquels on peut la reconnaître à des signes caractéristiques. Nous pourrions appliquer les mêmes remarques aux diverses branches de la famille; mais, pour le moment, nous nous contenterons d'indiquer ce sujet d'observation que nous avons traité avec quelque étendue dans le corps de l'ouvrage.

Quel que soit le nombre des expressions symptomatiques de la scrofule , quelques différences appa-

AVANT-1'ROPOS. V

rentes qu'elles puissent offrir ; elles out néanmoins une physionomie commune, au premier aspect delàquelle on reconnaît la présence du vice scrofuleux. Mais qu'est-ce que le vice scrofuleux? nous ne répondrons pas à la question ainsi posée, parce qu'elle est insoluble; nous pouvons seulement affirmer que l'existence de ce vice, quel qu'il soit, est congéniale et qu'elle est toujours révélée par le développement de tubercules : cette production est, en effet, la scrofule elle-même, son signe analomique, pathognomonique, celui-là seul qui la caractérise et qui donne de la valeur à tous les autres symptômes.

En d'autres termes, qu'un malade soit affecté de tubercules, n'importe leur siège, pour nous il est scrofuleux ; qu'un malade ait une ophthalmie, une leucorrhée, des ulcères cutanés, des abcès froids, des caries, des tumeurs blanches, etc.; la nature de toutes ces maladies ne peut plus être mise en doute, elles sont scrofuleuses quand il a existé des tubercules, ou qu'il y a coïncidence de ces productions morbides soit chez le sujet malade, soit seulement dans sa famille.

Pour nous, le tubercule est de même origine et reconnaît le même mode de formation que tous les organes ; il est lui-même une sorte d'organe qui a sa vie particulière, comme le foie et la rate out la leur propre; comme eux , il fait son évolution spontanée ;

Page 1