‹ Recherches et observations sur les causes des maladies scrofuleusesChapitre 4 sur 36 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

c'est une production pathologique qui modifie profondément tous les éléments organiques, et par suite leurs fonctions, et qui imprime aux sujets quelle affecte une complexion particulière , qui n'est autre que la complexion tuberculeuse, complexion originaire de laquelle dérivent ensuite les tubercules qui peuvent envahir tous les tissus , et un nombre infiui de maladies improprement appelées scrofuleuses.

Le développement des maladies qu'entraîne cette complexion embrasse toute la vie médicale du sujet , celle de ses frères et sœurs, celle de ses parents consanguins. Sous ces trois points de vue , nous avons répété nos observations un si grand nombre de fois , que nous ne craignons pas d'avancer qu'elles expriment avec, une exactitude rigoureuse la marche naturelle des phénomènes du vice scrofuleux.

Nos convictions à cet égard sont si profondes que nous ne saurions dire quel a été notre étonnement en voyant que des faits aussi communs n'étaient consignés nulle part dans les archives de la science, et qu'ils étaient à peine remarqués, et pourtant nous les avons fait connaître clans le premier cours spécial sur les maladies scrofuleuses que nous avons professé à l'hôpital Saint-Louis en 189.8, et nous les avons développés, un grand nombre de fois, devant les élèves, dans les cours des années suivantes; aussi

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avons-nons pensé qu'en publiant nos travaux nous porterions la lumière sur une des questions qui intéressent le plus directement la société , et que nous ferions faire un progrès véritable au diagnostic. Il est certain que la science écrite dans les meilleurs auteurs non seulement est étrangère aux idées que nous exposerons sur ce sujet important, mais encore leur est diamétralement opposée. Nous allons le prouver par une simple remarque sur la pratique générale de la médecine, remarque dont personne ne sera tenté de contester la vérité.

Une mère a quatre enfants , tous quatre scrofuleux. Supposons qu'elle les présente au bureau central d'admission dans les hôpitaux : le premier est affecté d'une tumeur blanche, on le dirige en chirurgie; le second est tuberculeux-pulmonaire, il appartient à la médecine; le troisième est ophthalmique, on lu; cherche une clinique oculaire; le quatrième offre des tubercules sous-cutanés : celui-là seul est enfin reconnu scrofuleux, écrouelleux; on l'envoie à l'hôpital Saint-Louis. Qui soutiendra que ces quatre enfants ne portent pas le germe d'un vice commun, du vice scrofuleux? et cependant ils seront soumis à des traitements bien différents. Ce ne sont point là les seuls morcellements qu'on fait subir au domaine des maladies scrofuleuscs; elles en éprouvent encore d autres dont je ne parlerai point, ceux que je viens

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de signaler feront suffisamment connaître ma pensée.

Telle est , n'est-il pas vrai , la pratique médicale ; elle n'est que l'application trop fidèle de la théorie. Mais cette théorie est fautive sous tous les rapports; elle suppose entre ces maladies des différences qui n'existent point; elle assigue à chacune d'elles une médication particulière, alors qu'elles sont toutes de la même nature et qu'elles réclament la même méthode de traitement. Ces divisions arbitraires accusent l'enfance du diagnostic; nouspensons qu'elles ne peuvent plus subsister en présence des idées générales au moyen desquelles nous avons relié tous ces états morbides et les avons rattachés à la complexion tuberculeuse.

La généralité de la scrofule dans la famille, sa coïncidence sur les diverses branches d'une même race , suffiraient , à nos yeux , pour prouver que les maladies scrofuleuses sont toutes de même espèce, et qu'elles n'ont entre elles aucune différence essentielle.

Mais celte doctrine, déjà si évidente par les considérations que nous venons de présenter, devient irrésistible quand on remonte à l'origine de ces maladies et qu'on découvre qu'elles sont toutes héréditaires. L'hérédité est effectivement la cause générale des maladies scrofuleuses; cette cause est la seule que nous ayons pu reconnaître et constater. Les

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