ATROPHIE MUSCULAIRE DANS LES AMPUTATIONS
L'atrophie da moignon d’amputation est chose bien connue actuellement ; les nombreuses autopsies, publiées à la Société anatomique principalement, ont servi à élucider bien des points. Nous ne pouvons moins faire que de nous y arrêler un instant.
Dans tout moignon d’amputation, on trouve de l’atrophie des muscles; c’est là un fait général, qui a toujours été noté; mais deux cas peuvent se présenter ; ou bien l’amputation a laissé un moignon qui ne sert que de point d'appui pour les appareils prothétiques mais dont l'utilité fonctionnelle est nulle, c’est le cas des désarticulations de la hanche, de l’épaule, des amputations faites à la racine du membre, de l’amputation de jambe au lieu d’élection ; dans ces cas, les muscles, n'ayant plus aucun rôle actif, s’atrophient toujours plus ou moins complètement et quelquefois ils peuvent presqu’entièrement disparaître ; le tissu celluleux, la graisse envahissent leurs interstices et finissent, pour ainsi dire, par les étouffer. Mais il y a des amputations qui laissent un membre utile; c’est le cas des amputations du pied, de la main, du poignet, de l’avantbras. Or, dans ces cas, non-seulement les muscles du moignon lui-même s'atrophient, mais aussi ceux du segment de membre situé immédiatement au-dessus.
Prenons les amputations du pied par exemple, et particulièrement celles qui permettent la marche sur le moignon : nous trouverons toujours de l’atrophie, non-seulement de la jambe, mais de la cuisse ; or, les muscles moteurs du
pied ont perdu leur action principale ; mais, les mouvements du genou sont libres, les malades marchent : ce ne peut être l’inertie fonctionnelle qui a déterminé l’atrophie de la jambe et à plus forte raison de la cuisse. Nous irons plus loin : par le fait de l’amputation qui amène au libre fonctionnement du membre des entraves sérieuses, par la gêne toujours notable de la marche, nous croyons que les muscles du membre amputé se fatiguent davantage et nous nous étonnons qu'une suractivité nutritive n’accompagne pas la suractivité fonctionnelle. |
Voici quelques observations que nous croyons intéressantes à cet égard.
OBsERvaTION XX. — Amputation de Pirogoff pour un écrasement du pied. Atrophie musculaire.
Antoine Besson, 34 ans,est apporté le 19 juin 1880, à la clinique. Il y a quelques heures il a eu le pied gauche écrasé par un wagon. On pratique immédiatement l’amputation de Pirogoff. Au commencement de septembre, il part pour Longchène bien guéri. Depuis lors il marche avec une bottine.
19 novembre 1880. — Cuisse à 12 cent. au-dessous de l’épine ilia-
que antéro-supérieure.
COTES RE C5 0m
M AMDUtOS, Me IMMENAN:590 — À 22 du même point: