ATROPHIE DANS L'OS MALADE
Ua os long, soumis à de certaines influences pathologiques s’atrophie : quelles sont ces influences ? comment se manifestent-elles ?
Tout d’abord, l'âge du sujet tient la première place. Les os longs se développent par la diaphyse ; les belles recherches de M. le professeur Ollier, ont démontré toute l’importance des régions de la diaphyse qui avoisinent le cartilage de conjugaison, régions appelées par M. Ollier, juxta-épiphysaires, ainsi que celle des cartilages de conjugaison eux-mêmes. On jdit, dans le langage cou-
rant, que l'os se développe par ses épiphyses ; il suffit de s'entendre : si, en clinique, ilest permis de confondre, sous le nom d'épiphyse, toute la région renflée des os longs, anatomiqueinent, on ne doit comprendre sous ce nom que les portions de l’os séparées de la diaphyse par les cartilages conjugaux. On sait encore, depuis les travaux de M. Ollier, que toutes les extrémités de l’os ne prennent pas une part égale au développement en longueur, et les lois se résument dans les trois propositions suivantes :
« 4° Au membre supérieur, pour les os du bras et de » l'avant-bras, c'est l’extrémité concourant à former le » coude, qui s’accroit le moins.
» 2 Au membre inférieur, pour les os de la cuisse et » de la jambe, c’est l’extrémité qui concourt à former le » genou, qui s’accroit le plus.
» Les deux segments principaux d’un même membre, se » trouvent par cela même dans un rapport inverse entre » eux ; les os du membre supérieur sont aussi dans un » rapport inverse, relativement aux os analogues du mem- » bre inférieur. »
Telles sont les lois qui régissent le développement des os longs, et qui sont for:iulées dans l’ouvrage de M. Ollier (4). Rappelons que ce développement n’est en rapport, ni avec la direction des trous nourriciers, (loi de A. Bérard), ni avec la soudure des épiphyses ; « la soudure des épiphyses s’opère dès que la prolifération physiologique du cartilage > est épuisée; elleindique la fin de son développement ; elle » est un résultat, non une cause Il ne faut donc pas l’invo- » quer pour expliquer l'inégalité d’accroissement (2). »
(1) Orrter. — Trailé de la régénération des os. t. I, p 371. (2) Ozrrer. — Loc. cit., p. 365.
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Il nous a paru indispensable, de rappeler ces notions de physiologie expérimentale ; ce sont ces lois si simples qui régissent le développement de l’os malade comme celui de l’os sain ; c’est à elles, qu’il faut le plus ordinairement recourir, pour interprêter les faits pathologiques.
En dehors des inflammations qui reconnaissent le traumatisme pour cause, on sait quelle est la fréquence des ostéites chez l'enfant ; or de même que les régions juxtaépiphysaires sont, chez lui, le siége d’une suractivité nutritive, plus grande que le reste de la diaphyse, ces régions sont aussi le lieu d’élection des inflammations osseuses, comme elles le sont des néoplasmes, des exostoses (1); or, deux cas peuvent se présenter: ou bien l’inflammation agit directement au voisinage du cartilage de conjugaison et elle est assez violente pour entraîner sa destruction par suppuration, ou bien son foyer principal étant un peu plus éloigné, son degré d’intensité moindre, le cartilage est seulement indirectement intéressé : au lieu d'une destruction il y a une suractivité fonctionnelle et, dans le premier cas, le développement de l’os est arrêté ou au moins sérieusement entravé : il y a raccourcissement ; dans le second il y a allongement.
Occupons-nous seulement du premier.
Si l’on songe que la plupart des ostéites surviennent pendant la période de croissance, avant la soudure des épiphyses, on a la clef des raccourcissements quelquefois considérables, toujours permanents que l’on remarque chez la plupart des porteurs d’affections osseuses anciennes.
Donnons quelques exemples :
(1) H. Souzier. — Thèse, Paris, 1864.
Osservarion XXVI. — Ancienne ostléile jurta-épiphysaire de l'humérus droit. Arrét d'accroissement. | Philomène Savoyat entre, le 10 juin 1880, à St-Pierre ; elle est âgée de 40 ans. A l’âge de 7 ans, elle fut prise d’un rhumatisme aigu, avec fièvre, délire, localisé dans le bras droit et les deux genoux. Suppuration des trois foyers d'ostéite. Des fistules ont persisté autour du genou gauche. Des séquestres sortirent par la fistule brachiale, actuellement cicatrisée, et qui siége en avant, au tiers supérieur de l’humérus. — On prend les mensurations suivantes : Bras, de l’angle postérieur de l’acromion au sommet de l’olécräne. Côté Sains . :..« « 320 mm. — malade. = .… .’ 280, —
Aucune gêne des mouvements du membre.
Ostéite juxta-épiphysaire, survenue dans l’enfance, à localisations multiples; arrêt d’accroissement de l'humérus droit, par lésion directe du cartilage de conjugaison de l'extrémité supérieure de l’humérus : tel est, croyons-nous, le diagnostic à porier dans ce cas. On ne trouve, pour expliquer ce raccourcissement aucune autre influence, ni immobilisation, ni inertie fonctionnelle, ni compression: la période aiguë passée, — et la maladie ne fut pas traitée, — cette femme s’est toujours servi de son bras.
Ogservarion. XX VII. Ostéile juxta-épiphysaire du fémur.
Jean Robert, 20 ans, entre le 10 novembre 1881, à St-Sacerdos.
À l’âge de 12 ans, invasion d’une ostéite accompagnée de symptômes typhoïdes, siégeant à l’extrémité inférieure du fémur droit. Suppuration : issue spontanée des séquestres. Depuis sept ans ce malade n’a jamais marché, ou du moins accidentellement. sans le secours de béquilles. Trois ou quatre ans au moins, il est resté alité.
Fémurs : De l’épine iliaque au bord supérieur de la rotule.
Côtésain mn 412 mm
— (Malade. 555 —
Tibias :
Coté Sen Re 55 mme =—mnalade ne M JU Péronés :
CDICISAIT A ee 00 mm.
MMA lAUE 000 ——
Pieds (longueur) :
Cote sam 210 mme
AA de 222 — Circonférence du mollet :