DU CHLORAL, DU CHLOROFORME ET DE L’ÉTHER SUR LA CALORIFICATION
Sommaire. — Modifications imprimées à la température par le chloral, le chloroforme et l'éther. — Causes des modifications imprimées à la température. — Modifications des gaz expirés et des gaz du sang. — Conclusions.
Demarquay, dans sa thèse inaugurale présentée à la Faculté de médecine de Paris le 1er juin 1847, parle pour la première fois des modifications imprimées à la température animale par l’éther et par le chloroforme. L’année suivante, il publia, en collaboration avec Auguste Duméril, un travail plus complet sur ce sujet, dans les Archives générales de médecine1.
Duméril et Demarquay firent des expériences sur le chien et sur la poule. Ils ont administré l’éther et le
1 Recherches expérimentales sur les modifications imprimées à la température animale par l'éther et par le chloroforme, et sur le mode d’action de ces deux agents. Arch. générales de méd. 1848, p. 189 et 332,
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chloroforme en inhalation, et l’éther par le rectum sous forme de vapeurs; dans tous les cas, ils ont constaté un abaissement de température qui a varié entre 4° 4/5 et 2/3 de degré, suivant la durée de l’anesthésie. L’abaissement de température leur a paru plus considérable avec l’éther qu’avec le chloroforme.
Depuis la publication de ce travail, les chirurgiens ont attaché une importance de plus en plus grande à l’abaissement que subit la température animale sous l’influence des anesthésiques. En effet, les grands traumatismes, notamment les plaies par armes à feu, déterminent un refroidissement très notable. Doit on endermir et opérer avant la période de réaction, et doubler les dangers du refroidissement par l’emploi d’un moyen qui agit sur la calorification dans le même sens que la plaie ellemême ?
Cette question s’est présentée à l’esprit de tous les opérateurs. Aussi l’étude des modifications de la température par l’éther et le chloroforme a-t-elle été l’objet des recherches de plusieurs chirurgiens ou expérimentateurs, tels que Bouisson, Sulzynski, Scheinesson, etc.
Quand le chloral fît son entrée dans la médecine, on sut promptement, grâce aux recherches expérimentales ou aux observations cliniques de Demarquay, de Richardson, de Krishaber, Labbé et Goujon, Jastrowitz, Vulpian, etc., que la chloralisation s’accompagne d’effets frigori * tiques.
Aujourd’hui, il ne suffit plus de constater un fait, il faut l’expliquer. Des recherches encore incomplètes furent entreprises dans le but d’expliquer l’abaissement de la température dans l’anesthésie.
Si nous traitons cette question, c’est principalement pour discuter et rechercher les causes du refroidissement. Mais auparavant nous désirons revenir sur le fait brutal et voir si l’éther, le chloroforme et le chloral ne présentent pas entre eux, sous ce rapport, quelques différences intéressantes.