ABAISSEMENT TOTAL DE I.A
TEMPÉRATURE
AU
BOUT DE
MODE
d’administration
REMARQUES
Chien
Injection
Calme pendant les 20 dernières minutes.
Inhalation
Un court instant d’anesthésie complète.
Un court instant d’anesthésie complète.
Excitation vive, puis calme profond.
CO
Plaintes et agitation continuelles.
Plaintes.
Calme parfait.
En examinant ce tableau, on remarquera que l’abaissement de la température n’est pas rigoureusement lié à la durée des inhalations. On peut d’ailleurs, suivant le mode d’administration , faire absorber une forte dose d’anesthésique au sujet en très peu de temps, ou lui en faire absorber une faible dose en un temps beaucoup plus long. Le facteur le plus important est l’état d’excitation ou de calme du sujet. Quand l’animal est calme, quand
KTHER
il présente une période d’excitation courte, la température baisse le plus, proportionnellement à la durée de l’expérience; quand l’animal s’agite, quand il pousse des plaintes continuelles, la température baisse peu.
On comprend qu’il sera loisible à l’expérimentateur d obtenir 1 un ou l’autre de ces résultats avec la même dose d anesthésique. S’il fractionne la dose de manière à entretenir un simple état d’ébriété, à prolonger la période d’excitation, la température se modifiera à peine ; si, au contraire, il fait entrer rapidement l’anesthésique dans le sang de manière à obtenir de bonne heure la résolution musculaire et le calme, la température baissera beaucoup.
Lorsque la période d’excitation est vive, la température s’élève de 2, 3, 4 ou 5 dixièmes de degré ; dès que cette période est passée, la température se met à baisser.
La connaissance de ces faits est malheureusement peu susceptible d’application, car il y a autant de danger, sinon plus, à opérer des blessés incomplètement endormis qu’à s’exposer à faire baisser leur température.
Si l’on suit attentivement la marche rétrograde de la colonne thermométrique , on s’aperçoit qu'elle descend avec assez de régularité. Dans une expérience, le thermomètre est descendu de 0°,8 pendant les 13 minutes qui ont suivi le début des inhalations. Cinq minutes plus tard, il était encore descendu de 0°,4 ; six minutes après cette seconde observation, de 0°,4; enfin, onze minutes plus tard, il avait baissé de 0°,7. Ce qui fait que le thermomètre descend environ de 1/2 degré toutes les cinq minutes, à partir de la fin de la première période. Cette observation est à peu près confirmée par les expériences de Duméril et Demarquay.
L’introduction de l’éther dilué dans les veines a déter miné l’abaissement le plus considérable. Nous reviendrons bientôt sur l’interprétation de ce fait, à propos du chloral.
§ II. Chloroforme. — Cet agent fut étudié comparativement avec l’éther par Duméril et Demarquay. Dans quatre expériences dont la durée a varié entre 9 et 80 minutes, l’abaissement de la température a été de 2/3 de degré, au minimum, et de 4° 4/5, au maximum.
Pour les expériences que nous avons faites avec le chloroforme, nous nous sommes imposé les mêmes règles qu’avec l’éther. Voici le tableau des résultats que nous avons obtenus :