INJECTIONS DE CHLORAL
gueulent sur l’influence que le chloral exerce sur le cœur. Les recherches de M. Franck et de M. Troquart sur ce point1 sont très complètes.
Ges expérimentateurs ont divisé les modifications cardiaques en primitives et secondaires. Les premières, « variables suivant les doses, la rapidité de l’injection », etc., consistent, par ordre de gravité décroissante, en : 1° arrêt définitif ; 2° arrêt momentané; 3° simple ralentissement des pulsations. Le cœur ralenti sous l’influence du chloral se laisse distendre outre mesure entre deux systoles.
Au début, le ventricule se vide complètement; mais il devient bientôt impuissant à envoyer dans le système artériel des ondées sanguines de quelque volume.
Les modifications secondaires ou consécutives sont, « le plus souvent, caractérisées par une période de ralentissement suivie d’irrégularités. Chez les mammifères, on observe souvent des périodes de systoles avortées, avec grande chute de pression et disparition des pulsations artérielles. »
Les mêmes auteurs ont étudié aussi le mécanisme de l’influence du chloral sur le cœur, mécanisme qui fut encore l’objet des recherches de M. Vulpian2.
Enfin, plusieurs physiologistes, parmi lesquels nous citerons M. Cl. Bernard et M. Vulpian, ont signalé l’affaiblissement des systoles ventriculaires.
Nous possédons déjà, on le voit, des connaissances nombreuses et précises sur les troubles cardiaques causés
1 Thèse de M. Troquart. Paris, 1877.
2 Comptes rendus de l1 Acad, des scienc. 1878.
par le chloral, Mais ce sont moins les troubles produits par des doses toxiques que nous voulons signaler, que les modifications qui accompagnent une chloralisation ré gulière.
Nos tracés cardiographiques nous renseignent : 1° sur l’état de la pression dans l’oreillette et le ventricule ; 2° sur le nombre des systoles ; 3° sur la force des systoles auriculaire et ventriculaire.
Précisons les faits en choisissant un exemple.
Un cheval reçoit deux injections de chloral dans une veine digitale; les injections sont poussées avec lenteur. Pas d’accidents primitifs. Le sujet est endormi facilement ; la sensibilité disparaît complètement. Cet état dure plus de trois quarts d’heure. Quand on termine l’expérience, l’animal agite ses membres de temps en temps, mais la peau est encore insensible.
Quelques secondes après l'injection, la pression diminue dans l’oreillette et le ventricule droits. Les minima des tracés fournis par ces deux cavités se rapprochent de la ligne d’abscisse. La chute des tracés devient graduellement de plus en plus considérable, puis elle cesse, et les courbes restent abaissées pendant toute la durée de l’expérience.
Immédiatement après l’injection, Y énergie des systoles augmente légèrement dans l’oreillette et le ventricule. Cette augmentation avait été observée par l’exploration médiate du cœur, et on L’avait attribuée à la distension du cœur par le sang et à l’application plus exacte de l’organe contre la paroi thoracique. L’exploration directe du cœur démontre que l’organe augmente réellement d’énergie.