H INJECTIONS DE CHLORAL
Il est vrai qu'elle est bientôt remplacée par une diminution ; mais, avant la fin de l’expérience, les courbes systoliques reprennent l’amplitude qu’elles avaient avant l’injection.
Depuis le moment où le chloral est introduit dans le sang' jusqu’à la fin du tracé, la systole ventriculaire s’est allongée; le resserrement du ventricule est moins brusque qu’à l’état physiologique; la fibre musculaire cardiaque semble perdre de son énergie au fur et à mesure qu’elle reste en contact avec les produits que le chloral fournit dans l’organisme. Lorsque l’élimination de ces produits ou leur combustion commencent à s’établir, la contraction tend à revêtir sa physionomie habituelle.
Le nombre des révolutions cardiaques se lit avec la plus grande facilité sur ces tracés. On en comptait 30 par minute avant l’introduction du chloral ; immédiatement après l’injection, ce chiffre tombe à 28. Mais bientôt le cœur s’accélère, et en moins de 10 minutes le nombre de ses contractions a plus que doublé; il est de 68 par minute. A ce moment la sensibilité est complètement abolie; l’application d’un corps étranger sur la cornée ne détermine plus le resserrement réflexe des paupières. Pendant cette période d’anesthésie confirmée, qui dure un quart d’heure environ, le cœur se ralentit graduellement; il ne bat plus que 48 fois par minute. Le ralentissement s’accuse de plus en plus ; et, quand on cesse de prendre le tracé, le cœur est revenu à 30.
Dans l’une de nos expériences, nous avons observé un fait intéressant. Aussitôt après l’introduction de la sonde cardiographique dans les cavités droites, le cœur était ataxique ; il présentait des intermittences séparées par
une forte systole et une série cle petites systoles avortées. Cet état persistait, bien que nous eussions pris soin de retirer légèrement la sonde et de l’empêcher de buter contre le fond du ventricule.
Nous injectons une première dose de chloral (T grammes) ; le cœur se régularise un peu, les systoles sont à peu près également espacées, leur force presque identique. Nous injectons une seconde dose : le cœur s'accélère et devient absolument régulier comme rythme et comme force.
Ce résultat nous conduit à parler d’une observation analogue que nous avons faite dans une autre circonstance. Un cheval, sur lequel nous voulions démontrer à l’aide d’un tracé, l’influence de la section et de l’excitation des pneumogastriques, reçoit la sonde cardiographique dans le cœur droit. L’animal est debout et très calme ; son cœur est intermittent. Après une longue pause, on observe deux ou trois systoles, puis une nouvelle pause et ainsi de suite. On coupe les deux pneumogastriques. Aussitôt le cœur se précipite et acquiert un rythme régulier.
La régularisation des battements du cœur par le chloral est un phénomène que M. Troquart a déjà signalé dans sa thèse, mais qu’il a, de son aveu, vainement cherché à expliquer.
« Chez le chien, dit-il, on observe des intermittences du cœur qui sont normales. Nous avons toujours observé que l’injection du chloral, malgré les accidents primitifs, faisait disparaître, du moins pour un certain temps, ces irrégularités et que les oscillations de la pression devenaient des plus régulières. C’est un phénomène que nous