DES SENSATIONS DOULOUREUSES. 2M
de secondes après, la sensation de douleur. Dans les cas pathologiques, on retrouve encore cette dissociation (1).
2“ J’ai fait construire par M. Colin une pince à pression graduée dont les deux mors sont minces et arrondis : on peut ainsi saisir un repli cutané entre les deux mors de la pince. On augmente rapidement la pression jusqu’au moment où on sent la peau pressée assez fortement, puis on laisse la pince en place. Au bout de quelques instants, la douleur, qui n’existait pas d’abord, finit par apparaître. Elle vient graduellement, comme par ondées : à chaque seconde, c’est un élancement douloureux, plus douloureux que le précédent, en sorte que la douleur finit par devenir insupportable. Naturellement, le pression de la pince n’a pas augmenté, c’est la même excitation qui, en s’accumulant, a fini par produire de la douleur.
La seconde preuve que l’on peut donner de l’influence de la durée sur le phénomène douleur, c’est l’effet de l’incision de la peau par le bistouri, la première sensation n’est pas une douleur, c’est un sentiment de froid. Les poètes de l’antiquité avaient décrit le froid glacial que fait une lame acérée qui pénètre dans la poitrine. Il en est de même pour les blessures moins graves et incisions d’abcès, comme chacun, malheureusement, a sans doute pu en faire l’observation plus ou moins de fois sur soimême. Ce qu’on sent tout d’abord, c’est le fer qui parait extrêmement froid, puis au moment où l’incision est finie et le bistouri sort, on a le sentiment d’une cruelle déchirure.
fl® Si on p longe la main dans l’eau très-chaude, on pourra
(1) Remak. Arch. fur Psychiatrie, 1874, t. IV. Voy. aussi les recherches que j’ai publiées dans la Gaz. méd., 1876, ii°s 33 et 35, sur les seusations des ataxiques et Buü. de la Sec. de biol., 1876.