‹ Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilitéChapitre 115 sur 132 · DES SENSATIONS DOULOUREUSES · texte numérisé non relu

DES SENSATIONS DOULOUREUSES

ressant tout le membre inférieur est évidement plus douloureuse que la brûlure du nerf sciatique, et pourtant c’est lui seul qui distribue la sensibilité à tout le membre. Au premier abord, on croirait que c’est quelque chose d’analogue à l’expérience qui consiste à toucher le* nerf d’une grenouille strychnisée sans provoquer de réflexes, tandis que l’attouchement de la plus petite surface cutanée produit immédiatement un réflexe tétanique très-intense. Cependant l’assimilation n’est guère possible. En effet, sur ce même nerf de grenouille strychnisée, si l’on, applique un corps chaud, un fer rouge par exemple, on détruit le nerf sans provoquer de réflexes, et cependant il y aura eu évidement de la douleur.

L’explication de la moindre irritabilité d’un tronc nerveux que de la masse entière de ses expansions terminales, ou même d’une partie seulement des expansions n’est pas simple à donner, et c’est une hypothèse que je propose.

Chaque tube nerveux en se terminant dans la peau, est sensible par lui-même, mais il est aussi sensible par voisinage, de-sorte qu’aucun point de la peau n’est insensible. Par conséquent si on compare la surface de section du nerf à la surface de la peau, on a un rapport très considérable, comme 1 est à lOOOje suppose : l’excitant étantdel par 1 centimètre carré, il y aura 1 d’excitation au nerf et iOOO à l’ensemble de la peau.

Remarquons encore que si l’incision d’un nerf est moins douloureuse que des incisions multiples delà peau, c’est peut-être parce que ces incisions de la peau durent quelque temps relativement à la section, d’un nerf et que ces excitations s’accumulant sans cesse finissent par produire plus de douleur qu’une incision unique, brusque, telle que

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