COURANT NERVEUX SENSITIF
de se servir de termes empruntés à la physique, et on dit en physiologie un courant nerveux comme on dit en phy* sique un courant électrique. L’expression a été adoptée par M. Claude Bernard (1), et elle a maintenant droit de cité.
Nous ne savons guère s’il convient d’établir une différence entre les courants nerveux sensitifs et les courants nerveux moteurs. Pour Vulpian (2), ce sont deux phénomènes identiques, deux mises en jeu semblables d’une seule et même propriété du nerf, la neurilité. Cette hypothèse n’a guère été contestée, cependant on ne peut aller aussi loin que son auteur, et admettre qu’il y ait suppléance possible entre deux nerfs d’ordre aussi different. M. Claude Bernard, après avoir étudié la mort du nerf sensitif qui diffère totalement de la mort du nerf moteur, dit formellement (3) :
« L’opinion que les nerfs de mouvement et de sensibilité peuvent se suppléer réciproquement, je la considère non^ seulement comme erronée, mais même comme opposée aux progrès, de la physiologie générale. »
Or presque tout ce qui a trait à l’excitabilité des nerfs se rapporte aux nerfs moteurs, et la raison en est facile à comprendre. Avec le nerf moteur on a un témoin fidèle et irrécusable, c’est le muscle qui traduit avec précision tous ,les phénomènes qui- se sont passés dans le nerf. Au contraire avec le nerf sensitif la réaction est presque impossible à apprécier, l’état psychique de l’animal en expéjrience jouant un rôle inconnu et considérable.
(!) l,eçons sur les propriétés des tissus vivants, 1860, p. 318.
(2) Leçons sur le système nerveux, passim.
(3) Rapport sur les progrès de la physiologie, p. 30.