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VII

Du traitement de la douleur.

Ainsi la douleur se retrouve partout, à chaque instant, et sous toutes les formes. Heureusement, la thérapeutique, qui est plus ou m,oins illusoire pour la plupart des maladies, est ici d’une efficacité incontestable. La science ♦médicale a rendu à l’humanité ce service, le plus grand qu’on puisse attendre d’elle, ç’est de modérer et presque de supprimer toute douleur physique et d’empêcher, sinon qu’elle-commence à apparaître, au moins d’empêcher

DE LA DOULEUR

qu’elle se prolonge pendant assez de temps pour etre insupportable.

D’abord il n’y a plus de douleur dans les opérations ; quelque longue, quelque pénible qu’elle soit, le chloroforme n’est jamais contre-indiqué. Les opérations sur les yeux, les autoplasties les plus délicates du voile du palais peuvent se faire avec le chloroforme. L anesthésie locale rendra aussi de très-grands services, en sorte que, pour ce qui concerne la douleur opératoire, le problème est résolu. Il est peu probable qu’on parvienne à supprimer absolument toute chance de mort dans l’anesthésie, car un poison assez violent pour paralyser le sentiment ne peut pas être inolfensif. Cependant les accidents dans l’anesthésie deviennent de plus en. plus rares.

Quant aux accouchements, la chloroformisation est un bienfait inestimable, et je ne comprends pas pourquoi la pratique ne s’en généralise pas en France. On ne peut que rire du sentimentalisme mystique qui le fait repousser par certains accoucheurs (i).

La douleur inflammatoire est facilement combattue. D’une part les saignées, d’autre part les narcotiques et les révulsifs, sont des moyens puissants, qui, ménagés avec art, doivent presque toujours triompher du mal.

Quant aux douleurs centrales ou périphériques liées aux névralgies, aux traumatismes, aux empoisonnements, aux affections générales graves, elles peuvent être victorieusement combattues, d’abord par les médications qui guérissent la maladie elle-même, ensuite par les narcotiques et les révulsifs.

(1) Cazeaux. Traité dea accouchements.

Richet.

330 de la révulsion.

Comment agit la révulsion? Il est probable qu’il en est de la sensibilité à la douleur comme de la semsibilité normale : une excitation est beaucoup moins sentie si un autre point du corps est excité en même temps, que si cette première excitation est seule, et si toute l’attention converge vers elle. Un vésicatoire, un sinapisme ont sans doute sur une douleur profonde une influence analogue. De plus les révulsifs agissent sur la circulation vasomotrice et peuvent changer d’une manière favorable les conditions d’afflux sanguin, lequel a, comme on le sait, tant d’influence sur l’excitabilité nerveuse.

Parmi les narcotiques, l’opium est au premier rang; c’est un médicament héroïque, et sans contestation l’agent le plus précieux de Iet thérapeutique. Les- injections souscutanées de morphine constituent un véritable progrès de la médication narcotique et sont devenues d’un usage général.

En somme, les malades qu’on ne peut pas soulager avec l’opium font l’exception, et une exception beaucoup plus rare qu’on ne le pense. D’ailleurs, à défaut de la morphine le bromure de potassium, le chloral, l’éther, fournissent de précieuses ressources, et souvent leur indication est formelle. L’électricité, les bains prolongés, l’hydrothérapie peuvent aussi être employés a vec succès; enfin le sulfate de quinine a une action anti-algésique tellement

puissante que pour les douleurs névralgiques il faudrait presque le.placer sur le même rang que l’opium.

D’autres substances peuvent aussi être regardées comme d-s narcotiques, le bromure de sodium (1), l’acide cyaphydnque à dose presque infinitésimale, l’éther et le chlo-

(1) Rabuteau. Elém de thérap, p. 608.

CONCLUSIONS

roforme à petites doses. La liste en serait inépuisable et n’offrirait guère d^intérêt.

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