SENSATIONS SUBJECTIVES
peu étudiées encore à ce point de vue du fourmillement et
du scintillement.
Il y a donc entre toutes les sensations produites par l’excitation des nerfs une chaîne ininterrompue. L’engourdissement, les bouffées de froid et de chaleur, le fourmillement, le scintillement, la démangeaison, le chatouillement étant tous symptômes de cette excitation nerveuse. Ces sensations ne sont pas douloureuses, mais elle peuvent le devenir. Il suffit pour cela que l’excitation soit plus forte ou simplement longtemps prolongée. D’abord tolérables, elles finissent par devenir douloureuses, et on ne saurait dire à quel moment commence la douleur.
Le point sur lequel je voudrais insister en dernier lieu, est l’absence complète de sensation tactile. Ce point est intéressant, car il peut contribuer a nous faire connaître un des éléments du sens du toucher. Rien n’est plus avantageux pour cette étude que l’analyse des sensations éprouvées par les malades auxquels à été faite une amputation. Cette analyse est aussi des plus curieuses et des plus instructives pour les fonctions sensitives des nerfs. En effet, la section d’un nerf ne fait pas disparaître la notion de l’existence des parties auxquelles il se distribuait. C’est un fait très-anciennement connu, et j’ai trouvé dans les archives de Reichert (1) une note de du Bois Reymond qui cite un passage de Descartes (Principes de la philosophie) qu’il n’est pas sans intérêt de reproduire ici. « On avait coutume de bander lesyeux à une jeune fille, lorsque le chirurgien la venait panser d’un mal qu’elle avait à la main, et on fut contraint de lui couper j usqu'es à la moitié du bras, ce