PAR LE FROID
près semblables, et il remarqua qu’à la bataille 4’EyIau, par un froid de 10 degrés au-dessous de zéro, les amputations n’étaient presque pas douloureuses. Bégin, étudiant l’action sur lui-même des bains très-froids (1), a noté une certaine insensibilité. «En sortant du bain, dit-il, on observe un fait très-remarquable ; c’est que les téguments sont presque insensibles au contact des corps extérieurs. Ce phénomène est tel que le passage du linge avec lequel on s’essuie n’est pas senti. Il semble qu’on se rapproche de ces peuples septentrionaux, qu’on voit demeurer étrangers aux sensations les plus vives et même aux blessures les plus cruelles » (?)
C’est Arnott qui, le premier, employa les mélanges réfrigérants comme anesthésiques, et les premiers essais furent faits dans le service de Velpeau (2). Depuis, ces essais se sont multipliés (3), et c’est maintenant un procédé généralement employé.
Mais comme notre but n’est pas de traiter une question de thérapeutique chirurgicale, nous ne parlerons que des phénomènes physiologiques. Au bout de quelques minutes, de une à cinq minutes, selon l’intensité de la source de réfrigération, l’anesthésie survient, et on peut faire l’incision superficielle de la peau sans douleur. La peau blanchit, devient exsangue, et il ne s’écoule pas de sang quand on la coupe. Quelle que soit la source de froid, glace pilée, mélange de glace et de sel marin, alcool ou
(1) Art. Scrofule [Diction, des sciences mêd. Paris, 1820, p. 361).
(2) Béraud et Foucher. Union mêd., avril 1850.
(3) Foubert, 1854 ; Murelle, IfiSS ; Blaire, 1857. Th. inaug. Paris. Voy. aussi Perrin, Traité d'anesthésie chirurgicale.