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DE LA FUSION

somme d’excitations que comme une excitation unique. Pour le sens de l’ouïe, par exemple, le fait est incontestable. La lumière, la chaleur, probablement aussi l’action chimique, ne sont que des vibrations moléculaires d’une fréquence prodigieuse, et il est probable qu’on peut appliquer à ces excitations, la loi que nous venons de démontrer pour les excitations électriques. Tout nous porte à croire qu’il en est ainsi; cependant, nous ne pouvons donner que comme une hypothèse très-probable cette loi corollaire de la première.

Pour une excitation ayant une durée appréciable, le moment de la perception est d’autant plus retardé que son intensité est plus faMe, et d’autant plus rapide que son intensité est plus grande.

Revenons maintenant aux effets sensitifs produits par l’électrisation avec des courants induits fréquents. Il s’agit de connaître le rapport de la sensibilité avec la fréquence des interruptions.

Tout d’abord j’ai cherché à mesurer non plus l’addition, mais la fusion des impressionssensitives. La connaissance exacte du moment où cette fusion se produit aurait une certaine importance. En effet, nous pourrions par là connaître la durée de la vibration des centres nerveux, comme nous connaissons la durée de la secousse musculaire, et calculer peut-être par ce moyen la durée de la persistance d’action dans les centres.

Les auteurs qui se sont occupés de la question sont arrivés à des résultats très-variables, au moins pour les nerfs de la sensibilité générale; car, pour la vue et pour l’ouïe, les résultats de Helmholtz sont positifs.

Il est évident qu’il y aura fusionlorsque deux excitations

DES EXCITATIOJJS

successives se confondront au point qu’elles sembleront être une excitation unique. Or, si on dispose un courant électrique de manière qu’un cylindre enregistreur rompe le courant à un même moment de sa rotation, à chaque révolution du cylindre on percevra une sensation produite par la rupture du courant. Si, dès qu orr a eu la sensation, on rompt soi-même le courant par le moyen d’un petit ressort placé à portée, tantôt on percevra une seule excitation, tantôt on en percevra deux, selon qu’on aura répondu à l’excitation avec une grande promptitude ou une certaine lenteur. Si la promptitude est très-grande, on ne perçoit qu’une seule sensation. Naturellement, il faut pour que cette expérience réussisse, avoir acquis une certaine habitude et être arrivé à corriger son équation personnelle.

Or, en supposant que l’équation personnelle soit sensiblement constante, c’est-à-dire n’excédant pas 2/100 de seconde, ce qu’on peut, sans trop de difficulté, obtenir sur soi-même, lorsque l'équation personnelle est à son minimum d’écart, il y a fusion, lorsqu’elle est à son maximum, il n’y a plus fusion : ceci n’indique-t-il pas d’une manière incontestable, que la limite maximum de la fusion est précisément, sans qu’il y ait entre ces phénomènes le moindre rapport, un espace de temps qui correspond à l’équation personnelle minimum ? Or, cet espace de temps étant d’enyiron 4/100 de seconde, on voit que pour qu’il y ait fusion de deux excitations, il suffit qu’elles n’aient pas plus de 4/400 de seconde de distance entre elles.

(1) 'Voyez ce que nous avons dit plus haut dans la première partie, nages 35 à 50.

Richet.

DE LA FÜSION

Quoique j’aie l’intention de tenter encore quelques expériences sur ce sujet pour le compléter, je tiens à faire remarquer qu’il ne faut pas, quand même la sensation paraîtrait discontinue, en conclure qu’il n’y a pas fusion des excitations. En effet, les nerfs de la sensibilité générale paraissent différer des nerfs spéciaux, tels que le nerf optique et le nerf acoustique, en ce que des excitations même continues, comme la compression ou la pression, par exemple, semblent discontinues. Le seul moyen donc déjuger s’il y a fusion dans les centres nerveux, c’est de calculer la distance maximum nécessaire entre deux excitations pour qu’elles ne paraissent plus en faire qu’une seule. Aussi croyons-nous notre méthode la seule applicable, au moins pour l’excitation électrique. Pour les impressions tactiles, il est possible que les résultats soient tout différents.

J’ai ensuite cherché à étudier le nombre des excitations nécessaires pour provoquer une sensation dans le cas d’excitations trop faibles pour être perçues quand elles sont isolées.

Sur le tracé de la figure 9 sont marquées plusieurs ex-

Fig. 9. — A. Interruptions en nombre limité, non senties marquées à première ligne. B. Interruptions en nombre illimité arrêtées dès que le sujet perçoit. On voit que la première, celle de la troisième ligne, est la plus longue, comme toujours, par suite de l’éducation perceptive mentionnée plus haut.

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