‹ Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilitéChapitre 81 sur 132 · DES EXCITATIONS · texte numérisé non relu

DES EXCITATIONS

citations électriques de même fréquence, l’intensité du courant étant invariable. Un métronome ne permettait le passage du courant que pendant un espace de temps limité, pendant qu’il y avait environ cinq interruptions de l’électro-aimant.

Les signes A de la première ligne représentent les interruptions faites par le métronome, de telle sorte que, chaque fois qu’il rétablit le courant, le courant est interrompu environ cinq fois par un électro-aimant. Or, ces cinq excitations n’étaient pas perçues. Au contraire, pourles lignes inférieures B, l’individu arrêtant lui-même dès qu’il éprouvait une sensation, on voit qu’il sentait parfaitement des courants exactement semblables et interrompus avec la même fréquence. La seule différence est que, pour le premier cas, le nombre étant illimité, il finissait par sentir, tandis que dans le second cas, le nombre étant limité par l’oscillation du métronome, il n’avait pas le temps de sentir.

Cette expérience est peut-être plus instructive que toutes les autres pour démontrer le phénomène de l’addition dans les centres, elle nous montre que souvent cinq excitations sont insuffisantes, et qu’il en faut un plus grand nombre pour produire un effet sensitif.

D’ailleurs, ce qui démontre mieux encore le même phénomène, c’est l’étude delà contraction musculaire. Si on prend un courant faible, des interruptions dont la période est limitée par un métronome n’auront produit aucun effet. Si, au contraire, on laisse quelque temps les interruptions s’établir, on voit que le muscle finit par se contracter.

Supposons que le courant soit un peu plus fort, et nous aurons un tracé analogue à celui qu’on voit à la figure 1. La première période ne produit pas d’effet musculaire.

Jgg = DE l’addition

mais la seconde en produit un, et la troisième un autre plus marqué encore. De sorte que l’addition se manifeste, non-seulement pour les secousses isolées, mais encore pour les groupes et les périodes d’excitations, quoique elles soient séparées par un espace de temps très-appréciable.

L’importance de cette éducation musculaire comparée à l’éducation perceptive, n’échappera à personne : on verra

quelarapiditéplusgrandedes dernièresperceptionsestdue à un phénomène d’ordre physique, à une sorte d’élasticité, qu’il est permis, vu la similitude des réactions, de comparer à l’élasticité du muscle : nous pouvons donc affirmer que ce qu’on appelle l’éducation de la perception, n’est qu’une variété particulière des phénomènes de l’addition dans les centres.

Ainsi, le nombre maximum des excitations qui peuvent s’additionner est certainement plus grand que cinq, et il est difficile de le déterminer avec plus d’exactitude. Au contraire, le nombre minimum est facile à trouver.

En effet, nous savons que les secousses de la rupture et

Fig. 10.

La ligne des excitations a répond à la courbe myographique a' qui est nulle. La ligne des excitations b' répond à la courbe myographique b\ Le courant en a et en b est le même. En b les interruptions sont produites par les mourements combinés d’ua métronome, et d’un interrupteur très-lent.

et de la fusion delà clôture pouvaient s'additionner. Le même résultat est obtenu avec des courants d’ordre physique semblable, en sorte que deux excitations très-rapprochées éveillent une sensation; mais, lorsqu’elles sont plus éloignées, il n’y a aucun phénomène de perception.

La figure 10 montre à quel point pour la contraction musculaire le phénomène est identique. La ligne droite a correspond aux interruptions de la ligne a et indique qu il n’y avait aucun mouvement produit dans le muscle, tandis que la ligne h’ qui répond aux interruptions plus rapprochées, tantôt deux, tantôt trois, tantôt quatre de la ligne b’, démontre que le muscle est excitable par deux excitations très-rapprochées qui ne produisent rien si elles sont plus éloignées. Naturellement aux lignes a et b, 1 intensité du courant était toujours la même. On voit aussi dans cette figure à quel point la quatrième excitation est plus puissante que les trois premières. Chaque fois qu elle vient se surajouter aux trois premières,la contraction devient plus énergique. On peut donc conclure que, lorsqu’une excitation unique est insuffisante, trois excitat.ons et même deux excitations, suffisent pour provoquer un

mouvement. , ^ -x j

Ainsi, pour résumer toute cette partie de notre etude,

nous pouvons affirmer que, toutes choses égales d’ailleurs,<

des interruptions rapides seront mieux senties que des interruptions lentes, et regarder comme très-probable que le nombre des excitations nécessaires pour amener une perception, est d’autant moindre que ces excitations sont plus fortes et plus rapprochées. , . , ,

Il nous reste maintenant à étudier la duree de la persistance des impressions sensitives dans les centres,

DE l'addition

autrement dit, quel est entre deux excitations successives l’intervalle minimum, pour que la seconde excitation ne vienne pas s’additionner à la première.

Je n’ai évidemment pas besoin d’ajouter qu’il n’y a pas d’identité à établir entre cet intervalle qui mesure la durée maximum de la persistance des impressions, et le très-court espace de temps pendant lequel deux excitations successi* ves se sont confondues au point de n’en plus paraître former qu’une seule. Dans ce dernier cas, c’est un phénomène de fusion, tandis que dans le cas qui nous occupe ici, c’est un phénomène d’addition.

Je pensais d’abord que cette limite serait facile à connaître et qu’elle avait une durée constante. En conséquence, j’ai essayé de la mesurer en prenant des interruptions très-lentes et croissant très-lentement. Mais je ne tardai pas à m’apercevoir que mon hypothèse n’était rien moins que justifiée. En effet, plus l’interruption est lente, plus pour éveiller une sensation, l’excitation a besoin d’être forte. C’est une conséquence directe de la loi que nous ver nous de démontrer précédemment. On arrive ainsi à cette limite de la perception qu’il est toujours si difficile d’apprécier. C’est du reste à peu près ce qui se passe pour un muscle épuisé ou excité faiblement. Il se contracte si peu que sans le myographe on ne saurait dire s’il s’est contracté, ou s’il est resté immobile, et que, même avec le myographe, il est impossible de préciser exactement le moment où la contraction a commencé. D’ailleurs pour tous les phénomènes physiologiques il y a comme une chaîne continue dont tous les anneaux voisins se ressemblent tellement qu’il faut en prendre un plus éloigné pour constater une différence. Autant ces phénomènes sont fa-

Fig. 11. (1)

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