‹ Recherches Expérimentales et Cliniques sur les PancréatitesChapitre 11 sur 49 · RU) SES · texte numérisé non relu

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de Wirsung d'une émulsion de culture tuberculeuse de même provenance que les précédentes. On pousse l'injection par une 2 de 20 centimètres cubes d’eau.

Le 16. — Pigments biliaires dans l'urine. Sucre en quantité très appréciable. Le 17, sucre. Le 26, sucre, 11 gr. 5 par litre. L'animal est malade et maigrit rapidement. Le 29, sucre. Le 2 janvier, traces de sucre. Le 4, pas de sucre. Le 16, pas de sucre : l'animal maigrit. Le 19, pas de sucre : on sacrifie l’animal,

AUTOPSIE. — Pancréas gros, très dur dans ses deux lobes. Tête complètement sclérosée, de dimensions normales ; extrémité du lobe vertical atrophiée, dure ; extrémité du lobe horizontal très dure, grosse : à la coupe, tissu lardacé, dur au couteau. Il s'écoule par la surface de section un suc blanchâtre dont on fait des lamelles. Ce pus est riche en bacilles de Koch.

Inoculation de la partie sclérosée, à 4 centimètres environ de la tête, à un cobaye albinos (sous la peau de la cuisse). Mort le lendemain (colibacille).

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — Ce cas, bien que plus ancien, est assez semblable au précédent. Toute la glande a disparu ; elle est remplacée par du tissu lymphoïde réticulé, de sorte qu’on se demande au premier abord si l’on a bien affaire à l’organe lui-même. Ce point est précisé par la présence, au milieu de la préparation, du canal principal et d'un grand nombre de ramifications secondaires. Ces canaux sont enflammés, entourés d'une gangue scléreuse épaisse ; leurs parois sont infiltrées de leucocytes ; leur épithélium est desquamé par places.

On voit encore, comme unique reste de la glande, de très petits amas d’acini (une dizaine réunis) en divers points de la préparation ; ceuxci sont entourés du tissu nouveau qui les pénètre. Ils sont en dégénérescence très avancée ; leur noyau se colore à peine ; leur protoplasma ést vasculaire, déchiqueté. Parfois deux ou trois acini seuls persistent.

Enfin on voit sur plusieurs préparations, un ganglion nerveux intraglandulaire, complètemeut altéré, dont les noyaux cellulaires ont émigré près du bord, se colorent mal. Tous les éléments protoplasmiques sont entrés en chromatolyse. Le tissu nouveau occupe le restant de la glande ; il est entrecoupé de bandes de sclérose qui dessinent vaguement la forme des anciens lobules. Ce tissu est constitué par un réticulum fin conjonctif, par d’autres faisceaux plus solides de fibres conjonctives adultes ; s'appuyant sur ce squelette, une quantité de leucocytes (lymphocytes, polynucléaires,mononucléaires surtout) ;des cellules sont allongées et contournées. Ces éléments cellulaires sont assez clairsemés en certains points, très serrés en d’autres.

On ne trouve pas trace de bacilles de Koch. Il en existe pourtant certainement en d’autres points de la glande, puisque nous en avons obtenu par frottis.

- En résumé, transformation complète de la glande en un tissu lym-

En he

phoïde encore peu organisé, peu riche jusqu'à présent en sclérose. Plus loin, limitation des anciens lobules par de larges bandes de sclérose. Disparition presque absolue des éléments glandulaires. Altération considérable des ganglions nerveux, intra-glandulaires.

Infection ascendante de la tête par un coli virulent.

Expérience n° 445. — Chien. — Infection intra-puncréatique de tuberculose humaine. — Diabète très. léger, transitoire. — Sacrifié le 53e jour. — Pancréas avec infiltration de leucocytes. — Organisation

de la sclérosè.

Chien noir à taches de feu, 45 kilogs. Le 18 octobre, injection de 5 centimètres cubes d’une émulsion de culture tuberculeuse en différents points de la glande. Cette culture m'a été donnée par mon ami Josué : elle paraît moins virulente pour le chien que la précédente.

Le 21, traces de sucre dans l'urine ; le 28, sucre, 4 grammes par litre; le 4 novembre, sucre, 4 grammes par litre ; le 45, pas de sucre; le 28, pas de sucre ; le 28, injection de tuberculine, pour hâter l’évolution de la tuberculose (10 gouttes dans 10 cc. d’eau). Très peu de réaction. Sacrifié le 10 décembre.

Auropsik. — Pas d’adhérences péritonéales. Pancréas. Lobe vertical bien développé, un peu dur, assez peu malade du reste. Lobe horizontal très peu développé, très atrophié à son extrémité surtout, masses extrémement dures ; plusieurs points sont sclérosés dans le reste du lobe.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — a) Point prélevé dans une partie du lobe vertical, à peu près saine. Glande normale: acini bien développés ; cellules glandulaires normales, se colorant bien. Pas de sclérose.

b) Point prélevé à la limite d’une partie sclérosée : on voit, au centre de la préparation, le canal principal, un peu enflammé : son épithélium est en prolifération. Ses tuniques sont infiltrées de leucocytes : Enfin il est entouré par une infiltration inflammatoire extrêmement intense qui se prolonge entre les divers lobules. Toute la partie gauche de la préparation est constituée par cette infiltration de caractère un. peu variable (infitration de leucocytes, petits nodules de cellules rondes, raréfaction cellulaire, organisation de la sclérose, etc.).

La partie droite représente, presque contre le canal, des lobules glandulaires dissociés par une infiltration de leucocytes interacineuse et intercellulaire. Puis des lobules de plus en plus normaux.

Allant du plus au moins, nous trouvons à gauche une infiltration jeune ayant remplacé le tissu de la glande. Une multitude de Jeucocytes (presque tous, des mononucléaires) constitue cette infiltration. Elle est entrecoupée et limitée par un jeune tissu de sclérose, à fibres conjonctives encore peu denses, riche en éléments cellulaires. Ces éléments sontencore pour la plupart des leucocytes mononucléaires. On observe un certain nombre de cellules allongées, qui. paraissent en dériver.’ On aperçoit enfin au milieu de cette sclérose des canaux pan-

créatiques, entourés de cercles concentriques conjonctifs et assez peu touchés.

Dans le tissu de sclérose qui s'étend assez loin, on aperçoit parfois des ilots d’acini glandulaires, déchiquetés et en train de disparaître. A un Stade moins avancé, les acini restent en place, mais les espaces interacineux sont élargis et pleins de leucocytes. Les espaces interacineux et surtout interlobulaires présentent un certain nombre de fibres peu épaisses et peu consistantes, avec un certain nombre de cellules allongées.

Enfin plus loin, on tombe sur des acini presque normäux, mais on est frappé par la multiplication des cellules à leur niveau, ces cellules se lassant et se bousculant, indice d’uneirritation faible qui se traduit par une excitation proliférative.

Plus loin, on tombe sur la glande normale sans sclérose, sans infiltration de leücocytés, sans élargissement des fentes et sans prolifération cellulaire,

Expériencen® 63. — Injection de tuberculose humaine peu virulente. — Glycosurie fuible, transitoire. — Sclérose modérée au 15e jour. — Infection de la glande pendant les 3 derniers jours,consécutive à une 2° opération. — Abcès locaux du pancréas.

Chienne noire, jeune, 8 kilogs. Le 8 juillet, injection par piqûre, en différents points du pancréas, d'une émulsion de culture tuberculeuse (humaine). (Cette culture est restée plusieurs jours dans une étuve à 40° ; inoculée à un lapin, elle lui a donné une tuberculose locale qui ne l’a pas tué en deux mois).

Sucre pendant 8 jours après l'opération : le maximum a été de 5 gr. par litre. Ce sucre disparaît spontanément. L'animal se porte bien et ne maigrit pas.

Le 21 septembre, l'animal, en parfait état, est réopéré. On lui injecte à nouveau une émulsion de culture tuberculeuse un peu plus virulente (due à mon ami Josué). Le 24, les sutures abdominales ayant lâché et l'intestin ayant fait saillie en dehors, on sacrifie la chienne.

AuTorstEe, — Un point de la partie horizontale du pancréas est purulent ; pus verdâtre (coli). D’autres points sont ramollis. Le reste de la glande est très dur.

EXAMEN HisTOLOGIQUuE. — Début de sclérose autour des vaisseaux, des canaux, des lobules. Infiltration de cellules allongées accompagnées de quelques fibres entre les lobules et les acini glandulaires. Nous n'insistons pas sur l'examen histologique en raison des complications infectieuses survenues dans les derniers jours.

Expérience ne 66. — Injection de culture tuberculeuse dans le pancréas. — Diabète. — Glycosurie ayant alteint 69 grammes par litre. — Sclérose modérée. — Grande quantité de glande conservée. — Aucune

formation tuberculeuse ; aucun bacille de Koch.

Chien à museau noir, 12 kilogs. Le 44 juillet, injection en différents points du pancréas et par piqûre du parenchyme, d’une culture très peu virulente de tuberculose humaine. On ajoute à cette culture quelques gouttes d'une culture de staphylocoques blancs, pour réaliser une infection mixte, et un centimètre cube d'une solution d’atropomorphine 0,01 de morphine, 0,001 de sulfate d’atropine) pour paralyser pendant quelque temps la glande etses défenses. L'animal est bien portant les jours suivants : trace de sucre pendant 45 jours. Puis cette très légère glycosurie disparait.

Le 19 septembre, l'animal se porte bien : on le réopère. Le pancréas est trouvé légèrement malade ; un lobe est adhérent au foie, très légèrement induré ; l’autre lobe est libre, normal. On injecte, dans les deux lobes, en trois points, une culture de tuberculose plus virulente. Le 21, sucre dans l'urine : 26,64 par litre. Le 22, trace de sucre seulement. Le 23, 48 gr. 4 de sucre par litre. L'animal boit et mange beaucoup, il urine, en moyenne, plus d’un litre en 12 heures. Le 25, sucre 69 grammes par litre. Le 26, pas de sucre. Le 28, sucre, 20 gr. 7 par litre. Le 29, sucre, 39gr: 7 par/litre.

Le 30, l’animal a beaucoup maigri (8 kilogs 200), il est pourtant gai et alerte. Selles jaunes, décolorées, avec quelques gouttes de sang.

On fait l'épreuve de la tuberculine : on lui injecte sous la peau 10 gouttes de tuberculine diluée dans 5 centimètres cubes d’eau distillée ; T. avant, 399; T. une heure après, 390 ; T. 6 heures après, 39° 2; T. le lendemain matin, 38°9.

Néanmoins, l’animal devient triste, abattu et ne bouge plus. Il redevient plus agile les jours suivants, il mange et boit à nouveau beaucoup. IL présente de la glycosurie (le sucre n’a pu être dosé, l'animal, devenu maladroit, ayant renversé sa soupe dans sa cage. Poids, 7 k.800. On le sacrifie le 5 octobre.

AUTopsiE. — Le péritoine est couvert d’une éruption récente de très fines granulations tnberculeuses (déterminée probablement par l’injection de tuberculine). Par places, tuberculose végétante, en chou-fleur du péritoine.

Pancréas : lobe vertical intimement accolé sur toute sa longueur à lintestin dont on le distingue à peine et dont la paroi fait corps avec la glande très épaissie et scléreuse ; — lobe horizontal tout à fait scléreux, très atrophié et réduit de dimensions. En somme, pancréas absolument sclérosé sur toute son étendue, plus encore à la tête qu'aux extrémités. Sur la coupe fraîche de l’organe, on voit de très larges travées conjonclives, encerclant quelques ilots glandulaires, seuls restes de la glande.

Aux extrémités, on voit une plus beaucoup grande proportion de parenchyme glandulaire entre les travées de sclérose.Nulle part on ne voit ni tubercules, ni ramollissement, ni caséification. — Foie présentant quelques granulations tuberculeuses.Capsulessurrénales tuberculeuses.

EXAMEN HISTOLOGIQUE : fixation par le sublimé, l'alcool ou le liquide d’Altmann. Morceaux prélevés en divers points de la glande ; plus ou moins sclérosés.

La première impression donnée par cet examen est qu’il reste encore une quantité très considérable de glande : une sclérose modérée, généralement périphérique et périlobulaire entoure de grands espaces de glande à peine malades. Gette sclérose est plus compacte en certains points, IlL.en est d’autres, par contre, où elle est très légère.

Si nous prenons pour type de description la lésion la plus uniformément répandue, nous voyons que les artères sont entourées, par une large zone de tissu scléreux adulte à fibres serrées, bien colorées, contenant peu de noyaux. Les canaux biliaires sout également très scléreux. Les autres parties scléreuses entourent, généralement, des lobules, plus ou moins remaniés, le plus souvent arrondis. De ces épaisses travées, partent de plus fines travées secondaires pénétrant plus ou moins le lobule. Cette pénétration est à peine appréciable en certains points. Le plus souvent, elle est modérée. En d’autres endroits, elle est très abondante : les fibres entourent non seulement les acini, mais les cellules mêmes. Elles sont, de plus en plus, entremêélées de cellules conjonctives allongées. L'acinus est pénétré, plutôt par des cellules que par des fibres: ces cellules semblent présenter toutes les transitions entre des cellules conjonctives et des leucocytes mononucléaires. Il y a, de plus, souvent à ce niveau, prolifération irritative des cellules glandulaires, dont le nombre est très augmenté. Il en résulte un aspect très dense, très coloré, un peu confus de ces points spéciaux.

D’autres endroits montrent une exagération de ces divers processus. Certains sont, en entier, constitués par du tissu conjonctif adulte, contenant à son intérieur de nombreux vaisseaux dilatés : on y voit encore des canaux pancréatiques fort peu modifiés. Ge tissu adulte n'est pas riche en cellules: pourtant, certains points en sont complètement infiltrés. Cette infiltration prend une direction longitudinale, comme les fibres mêmes.

D'autres endroits présentent une infiltration totale par les leucocytes, représentant un véritable follicule. |

La glande a presque en entier disparu à ce niveau: sur la limite, on voit les acini déchiquetés, les cellules en dégénérescence granulograisseuse.

Enfin les préparations à l’acide osmique montrent une dégénérescence graisseuse très accentuée des ilots acineux encerclés de sclérose : toutes les cellules voisines des fibres conjonctives ou dissociées par elles sont pleines de fines gouttelettes graisseuses, qui parfois se

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réunissent de façon à constituer des gouttes beaucoup plus grosses. Ce fait nous indique une des façons de disparaître de la glande.

Pas plus au microscope qu’à l'œil nu, aucune formation tuberculeuse nette n’est visible, aucun bacille n’a pu être décelé.

En résumé. — Sclérose modérée, périlobulaire surtout. Glande en partie intacte, pénétrée par la sclérose en certains points, réagissant d'abord par une prolifération cellulaire, puis disparaissant par dégénérescence, surtout graisseuse.

Le tissu de sclérose prend sa place : il paraît, d’une part s'installer directement par propagation des fibres entre les cellules, d'autre part dériver de formations presque uniquement leucocytaires.

Nous rapprocherons de ces expériences, une autre expérience de même ordre, faite avec de la tuberculose aviaire.

Les résultats sont, du reste, identiques.

Expérience n° 137. — Tuberculose aviaire. — 26 jours. — Infiltration lymphoïide avec début d'organisation de la sclérose.

Chien assez fort, rouge foncé, le 30 décembre, injection de tuberculose aviaire fournie par mon ami Josué. 20 centimètres cubes dans le canal pancréatique, 15 centimètres cubes aux extrémités des lobes vertical et horizontal. Le 4 janvier, sucre (traces) dans l’urine. Le 24 janvier, pas de sucre. On sacrifie l’animal par saignée.

Auroprsie. — Le pancréas présente une sclérose considérable de toute la glande. Rétrécissement médian à chaque lobe.

Les lobules sont très saillants et donnent aux extrémités de chaque lobe un aspect bosselé, sac de noisettes.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — l'examen histologique présente un processus analogue à ceux que nousavons décrits pour la tuberculose humaine. À côté de points à peu près sains, on a des points où les acini sont entourés de leucocytes en voie de fixation et d'organisation. Puis des points beaucoup plus irrités présentent un tissu lymphoïde, contenant une multitude de leucocytes, quelques polynucléaires, beaucoup de lymphocytes et de mononucléaires. Tous ces éléments ont pris la place des éléments glandulaires, dégénérés et disparus. On observe sur presque tous les points une tendance à l’organisation (faible proportion de polynucléaires, grande quantité des deux autres variétés de leucocytes, grande quantité de cellules conjonctives,fibres conjonctives très jeunes).

Cette organisation est, sur beaucoup de points, plus avancée, donnant lieu à un tissu de sclérose encore jeune. Car il est encore riche en cellules conjonctives ; ganglions nerveux très altérés.

Les expériences que nous venons de relater ont été faites avec des microbes de provenance et de virulence différentes. Elles ont duré un

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temps variable. Ces diverses raisons expliquent les divers résultats que nous avons obtenus, et que nous résumerons brièvement.

Une infection tuberculeuse locale suraiguë nous a montré une disparition totale des cellules glandulaires et leur remplacement par des leucocytes, surtout polynucléaires. Ces leucocytes, eux-mêmes, dégénèrent en certains points, laissant des fentes et des vides plus ou moins étendus. En un mot il y a formation d’abcès tuberculeux.

Un infection moins aiguë se caractérise par une infiltration lymphoîde analogue, mais les cellules demeurent vivantes. On assiste, sur certains points, à la formation d’un tissu de sclérose. Cette lésion entoure la première; elle existe seule en d’autres cas.

Le pourtour de ces mêmes lésions, ou les autres cas à infection moins virulente se caractérisent de plus en plus par l'organisation du tissu conjonctif. On voit alors succéder aux nombreux leucocytes infiltrés d'autres formes cellulaires, allongées, fixées. Certains auteurs n’admettent aucun passage entre ces cellules fixes et les leucocytes. Nous pensons, au contraire, avec METSCHNIKOFF, que des formes intermédiaires les relient l’une à l’autre, On voit, du reste, suivant l’âge de la lésion, une moindre quantité de leucocytes, un plus grand nombre de cellules conjonctives. Nous reviendrons ailleurs sur ce point.

Des fibres conjonctives de plus en plus nettes, de plus en plus denses et colorables se développent. Puis dans les processus plus anciens, la plupart des leucocytes, devenus inutiles, sont partis. fl reste un tissu de sclérose plus épais, plus large, contenant peu d’éléments cellulaires. La lésion de cicatrice est alors définitive.

Ces lésions peuvent coexister sur une même coupe : une zone centrale nécrosée est entourée d’une zone lymphoïde, puis d'une zone inflammatoire sclérosée. Généralement, elles s’enchaînent plutôt dans le temps et ce sont les étapes successives parcourues par une même lésion.

Enfin chaque stade peut se fixer : on trouve alors des cas qui, du commencement à la fin se présentent sous l'aspect d’un abcès caséeux, d’une infiltration lymphoïde, d'un tissu de sclérose surtout.

Mentionnons enfin des cas où la sclérose débute d'emblée, sans infiltration leucocytaire, par l'établissement d'un réseau anormal de

fibres entre les cellules et les acini ; par l’épaississement graduel du tissu conjonctif qui, normalément entoure vaisseaux et canalicules.

Ce processus anatomique, on le voit, n'offre aucune lésion spécifique. Nous n'avons jamais obtenu ni cellule géante, ni granulation tuberculeuse nette. Aucune de nos coupes n’aurait permis, par l'examen histologique seul, de faire le diagnostic. Chacune des lésions obtenues peut être également obtenue par d’autres injections, infectieuses (coli-bacille) ou toxiques (tuberculine, papaïne, alcool naphtolé).

Dans un cas seulement chez l’homme, nous avons relevé la présence, au milieu, du reste d’un tissu de sclérose, d’une cellule géante tuberculeuse typique (n° 106).

Ce qui frappe donc, avant tout, dans l’évolution de la tuberculose pancréatique, c’est le peu de spécificité des lésions obtenues.

Un autre caractère frappant est l’énormité des doses, nécessaires, pour produire des lésions aiguës.

Nous avions même pensé, tout au début, que la sclérose était la règle, les abcès étant infiniment rares. Avec des cultures plus virulentes, nous avons, depuis, plus souvent, obtenu des abcès ou tout au moins des états inflammatoires aigus. Mais, nous employions, dans ce but, des doses colossales. Nous pensons donc, comme au début, que tout en étant possibles, les lésions vraiment tuberculeuses sont rares : la tuberculose du pancréas est généralement représentée par une sclérose plus ou moins complète, nullement spécifique.

A côté de cas où les bacilles sont colorés en grand nombre dans le pus ou sur les coupes, les cas les plus fréquents ne permettent d'en signaler aucun. Ils ont le plus généralement disparu complètement. Cette disparition coïncide du reste avec la cessation de l’état inflammatoire, et l'organisation complète de la sclérose.

Au bout de T jours de présence dans le pancréas, les bacilles paraissent, du reste, avoir perdu leur virulence pour le cobaye (n° 424):

Le résultat expérimental des infections tuberculeuses du pancréas est donc la production, en règle, de sclérose et la disparition des bacilles.

Exceptionnellement, le bacille persisle et l’état inflammatoire de la glande également.

Nous allons voir que la chnique est absolument d'accord avec.ces conclusions.

En effet : les lésions franchement tuberculeuses du pancréas (gra.nulations, abcès caséeux, etc.), existent en pathologie humaine : mais elles sont exceptionnelles. On en relève quelques cas seulement : tel l'exemple cité par GLarieny (1757) où « les ventricules, pancréas, intestins sont farcis dans plusieurs endroits de grains scrofuleux éruds ou suppurés ». VARNIER (1755) cite le cas d’une femme morte avec de la lithiase biliaire: « pancréas et mésentère pleins de glandes scrofuleuses : poumon droit tout ulcéré ». BouIL- LAUD ; NASsE (de Bonn), Mirivié en citent aussi des exemples. HARLES signale un pancréas jaune, rempli de petits tubercules contenant une substance ramollie, se laissant déchirer, la plupart des tubercules ayant une dureté cartilagineuse. ARAN cite un cas d’abcès tuberculeux du pancréas; SANDRAS, BARLOW également. LomBaRp (de . Genève) donne la proportion, qui nous paraît un peu forte, de 5 tuberculoses pancréatiques, sur 100 cas de tuberculose infantile. CRu- VEILHIER, croit que beaucoup de tumeurs caséeuses ou purulentes sont simplement adhérentes au pancréas et qu’elles ont, plus spécialement, pour siège les nombreux ganglions qui entourent la glande. Sur 37 observations, rassemblées par ANCELET, ARNOZAN en garde à peine dix.

Méme dans les tuberculoses miliaires aiguës, les granulations tuberculeuses sont rares suivant KLess, fait contesté d'ailleurs par FRisprelcu. Nous en avons observé une seule.

Comme typé de tuberculose pancréatique, nousemprunterons à Ar-

NOZAN (1) un très bel exemple :

Une négresse de 16 ans meurt, avec de l’ascite, de la diarrhée, des phénomènes vulgaires de phtisie pulmonaire, A l’autopsie, le péritoine contient une quantité énorme de liquide louche. Une masse considérable de ganglions tuberculeux remplit l’abdomen, les uns caséeux et durs, les autres ramollis : elle comprend les ganglions du hile, du foie, du mésentère, du bord supérieur du pancréas, etc.

Le duodénum est comme sculpté dans cette masse qui lui adhère sans le rétrécir. Les canaux cholédoques et de Wirsung sont perméa-

(1) ARNOzZAN. Art. Pancréas. Dictionnaire Dechambre.

RRQ

bles. Foie farci dé tubercules miliaires, ainsi que les reins. L'intéstin a des ulcérations tuberculeuses. AR

Le pancréas est petit, dur, resserré entre les ganglions, intact en apparence. En le coupant en tranches, on trouve sur la moitié gauche ün tubercule caséeux, gros comme un pois, situé sur le canal ee qu'il n'oblitère pas.

A l'examen microscopique, on trouve au centre de quelques lobules, des nodules caséeux, extrêmement petits, entourés d’un semis de cellules embryonnaires, éparses au milieu des cellules pancréatiques. Ges nodules s'étaient-ils développés autour de fins canalicules, de même que le plus gros sur le canal de Wirsung ?

Nous citerons encore l’observation de LANCEREAUX (thèse PALLIER, ‘1892). A l’autopsie d’un tuberculeux pulmonaire. on trouve un pancréas très hypertrophié à surface irrégulière : nodosités multiples à l'intérieur. Ces masses indurées sont caséeuses, dures, sans suc au raclage, la glande est refoulée autour d’elles. Ganglions voisins très hypertrophiés. Ulcérations intestinales.

Il est parfois très difficile de distinguer des lésions de la glande de celles de ganglions inclus : comme dans l'observation de LANCEREAUX, ces derniers refoulent généralement la glande autour d'eux.

Le plus souvent, nous le répétons, l’origine de l’abcès est en dehors du pancréas.

Telle l’observation récente de ScawarTz. Une caverne gangrénée du pancréas communiquait avec le duodénum ; ulcérations tuberculeuses de l’estomac et du duodénum ; le tout consécutif à une tuberculose primitive des organes génitaux de la femme.

Telle l'observation de KuirpEL (1), dans laquelle des amas de ganglions d'aspect caséeux et crétacé, entouraient le pancréas sans limites bien nettes; pancréas normal, mais dur et sclérosé par places.

. Si les lésions tuberculeuses spécifiques sont rares, la sclérose de la glande paraît être beaucoup plus fréquente. Déjà les anciens auteurs signalent chez certains tuberculeux un pancréas induré, parfois squirrheux. Comme le remarque ARNOZAN, nous devons songer aux cas bien exceptionnels de squirrhes véritables survenant (comme dans

une observation de DREYrus-BRissAG et GomBAuLTr) au cours d’une

(1) KzrpPeL, Arch. gén. méd., novembre 1897.

PCR ie

tuberculose pulmonaire. Mais, bien probablement, cette dénomination ancienne de squirrhe n'indique qu'une induration considérable de la glande.

ANCELET (1) cite des exemples de cirrhose du pancréas au cours de la tuberculose. VuLpian également.

ARNOZAN cite l'exemple de deux sujets non diabétiques, morts de péritonite tuberculeuse, et chez qui le pancréas, très hypertrophié dans les deux cas (112 et 190 gr.) présentait un développement marqué de sa trame conjonctive. Dans un cas, les acini étaient enserrés au point d'être réduits à des amas de cellules à peine reconnaissables.

MORACHE (2) a rapporté également un cas de tuberculose généralisée chez un soldat de 22 ans.

Le pancréas est manifestement hypertrophié. Il mesure 19 centimè-. tres et pèse 122 grammes alors que d'ordinaire il en mesure 15 et pèse 10 grammes environ. Consistance fibreuse. À la coupe, on ne trouve aucune tumeur, aucun calcul.

L'examen histologique pratiqué par ARNozAN montre les grosses travées conjonctives de dimensions normales. Mais les petits tractus interacineux ont un développement exagéré. Sur certains points, ils ont une épaisseur double de celles qu’ils présentent habituellement. Ils écartent très fortement les acini dont les limites deviennent ainsi très distinctes. Ce tissu conjonctif ainsi développé ne parait pas contenir de cellules embryonnaires.

Nous avons systématiquement examiné, pendant six mois, les pancréas de tous les tuberculeux morts à l'Hôtel-Dieu. Nous n'avons pu trouver un seul cas de tuberculose pancréatique (sauf un tubercule dans un cas de granulie). La majorité ne nous a pas présenté de lésions appréciables.

Une autre catégorie nous a montré des lésions variables de sclérose, généralement modérées : parfois cette sclérose se développe autour des canaux excréteurs. Il semblerait alors (et cette remarque s’applique à nos cas expérimentaux), qu’une partie des produits solubles (tuberculine ?) s’élimine par les voies d’excrétion de la glande, en provoquant l’inflammation.

(1) Ancecer, Etude sur les maladies du pancréas, 1864. (2) Moraome, Bull. Soc. anat., Bordeaux, 1881. CARNOT à

mr oYnes

Généralement, le début de sclérose ne fait qu'accentuer une disposition normale du tissu conjonctif, autour des vaisseaux, des canaux

et des lobules.

Enfin la sclérose peut être beaucoup plus considérable et même

envahir la presque totalité de la glande. Nous citerons des observa-

tions de ces différents types.

OgBservarTion n° 422 (1). — Sclérose péri-artérielle et surtout péricanaliculaire chez un tuberculeux pulmonaire.

Homme de 32 ans, garçon d'hôtel, toussant depuis 3 mois (?) à son entrée, ayant fait deux séjours à Lariboisière et à la Pitié, présentant des signes d'excavation au sommet gauche, des râles humides et sonores généralisés. Albuminurie intense. Mort au bout de 8 jours.

AUTOPSIE. — Petite cavité au sommet gauche : granulie généralisée, remarquable aux poumons. Granulations hépatiques et rénales. Rien à l'intestin ni au péritoine. Pancréas plus dur qu’à l’état normal, surtout par places. Il présente superficiellement l'apparence d’une petite granulation miliaire.

Histologiquement : Gaine conjonctive considérable autour des vaisseaux et des canaux excréteurs : ceux-ci sont maintenus dilatés, par places, et sont même légèrement kystiques. Les ilots de Langerhans, assez peu abondants, sont également le centre d’une sclérose qui les dissocie et les entoure. Ces pôles de sclérose sont généralement indépendants. Par places, ils sont reliés l’un à l’autre par de fins tractus conjonctifs qui parfois dissocient quelques acini voisins. Ces tractus d'union sont parfois beaucoup plus considérables : la glande est alors segmentée en ilots de parenchyme glandulaire entourés d’une coque conjonctive. En un point, on observe, au milieu du tissu glandulaire, une masse ronde, altérée, ayant perdu toute structure en son centre, ne présentant aucun bacille, ni aucune forme cellulaire vraiment caractéristique.

Certains endroits montrent, entre les acini, une infiltration de cellules conjonctives. Sur aucun point de la coupe, on n’a pu déceler de bacilles de Koch.

OBSERVATION no 88 (2).

Homme de 30 ans, tuberculeux pulmonaire.

Le pancréas est dur, sclérosé : on en prélève des fragments (n° 88). EXAMEN HISTOLOGIQUE, — (Coloration : hématéine-éosine).

(1) Ces pièces nous ont été remises très obligeamment par notre collègue

et ami LEVEN.

(2) Cette pièce et la suivante nous ont été remises par notre collègue et

ami SICARD Que nous remercions vivement.

TR

À un faible grossissement, on voit des pôles roses, centres de sclérose, d’où partent des travées les reliant les uns aux autres.

Vaisseaux entourés d’une large zone de tissu conjonctif; de cette zone partent des ramifications scléreuses s'étendant entre les lobules. Les canaux pancréatiques sont également scléreux, mais moins que les vaisseaux. D’où l'aspect de sclérose lobulaire à poles vasculaires.

A un fort grossissement, on voit beaucoup plus de tissu scléreux : il est fin, pénétrant lobules et acini. Les acini sont contenus dans de petites logettes conjonctives. Par places, l’acinus lui-même est dissocié : les éléments cellulaires sont désorientés. Chacun d'eux est enveloppé d’une légère trame fibreuse.

Enfin quelques points présentent un stade jeune, avec une infiltration interacineuse, et même intercellulaire, par de nombreuses cellules conjonctives.

L'observation suivante est intéressante en ce fait que la sclérose pancréatique était partielle (queue), du côté de la lésion tuberculeuse (rein gauche).

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