Sang, idem (n° 3 du tableau précédent
Le sérum est difficile à incinérer et ne peut donner des résultats, comparables que lorsqu'il a été lavé pour en séparer le charbon.
L'incinération du sang* des cholériques donne des résultats qui se rapprochent tellement de celui offert par le caillot du sang" d'individu sain, qu'il est évident que ce sang* ne contient presque plus de sérum et se trouve réduit aux éléments du caillot.
La cendre du sang1 de cholérique est presque entièrement insoluble dans l'eau et présente à peine une réaction alcaline.
Il faut ajouter en outre, que l'examen physique de ce sang' démontre qu'il est altéré dans la structure de ses éléments mécaniques.
En résumé, il est évident que le sang des cholériques est profondément altéré, et qu'il ne contient plus qu'une très faible quantité de sérum.
Nous verrons bientôt par les propriétés et l'analyse des déjections ce qu'est devenu ce sérum.
Examen des déjections des cholériques.
Déjections stomacales.
Les déjections stomacales sont sous forme d'une liqueur incolore, légèrement trouble, et présentent un faible dépôt blanc, qui augmente légèrement par le repos.
L'azotate d'argent y fait naître un précipité blanc en partie, soluble dans l'acide azotique. Le résidu insoluble noircit à la lumière et présente tous les caractères du chlorure d'argent.
Le bi-chlorure de mercure fait naître dans ces déjections un trouble presque imperceptible.
Le sulfate de cuivre en donne un plus apparent après vingt quatre heures.
73gr440 de ces déjections ont été soumis à l'évaporation et ont laissé un résidu ne pesant que 0sr140. D'où l'on tire :
Eau 0,9978
Matières fixes 0,0022
Ces résultats ne présentent rien de bien saillant. Les déjections stomacales étant moins abondantes et plus rares que les déjections alvines, il est évident que ce n'est point en elles qu'il convient de rechercher les caractères les plus remarquables du choléra. Ces déjections sont, d'ailleurs, presque toujours accompagnées de boissons , de tisanes , données aux malades, et se trouvent ainsi appauvries et modifiées. Les déjections alvines méritent bien plus d'intérêt.
Déjections alvines.
Les déjections alvines des cholériques sont tout à fait liquides; elles sont d'un blanc sale, translucides, et ont, jusqu'à un certain point, l'apparence d'une décoction de riz fort trouble; c'est pour cela qu'on leur a donné le nom de riziformes. Elles sont alcalines. Filtrées et desséchées, elles donnent un résidu hygroscopique qui, appliqué sur du papier rouge de tournesol, attire l'humidité atmosphérique et le bleuit. L'alcalinité des déjections
est donc due à un ou à plusieurs alcalis fixes, et non, comme on aurait pu le penser, à un peu d'ammoniaque, libre ou carbonatée, qui se serait évaporée pendant la dessiccation
Par la filtration, les déjections sont séparées en un liquide limpide, jaunâtre, plus ou moins foncé, et en une matière muqueuse, grisâtre, qui devient plus foncée par la dessiccation.
Soumises à la filtration et à la dessiccation, les déjections alvines ont donné les résultats suivants :
Moyenne (2).
Eau
Matière muqueuse tenue en suspension.
Si l'on ajoute une dissolution de bi-carbonate de soude aux déjections, le mucus suspendu dans leur masse se dissout presque complètement; cependant, elles demeurent un peu troubles.
Par l'addition d'une dissolution de potasse caustique, le mucus se dissout complètement et la liqueur devient limpide. Ce résultat est remarquable, parce que ce mucus contient une quantité notable de phosphate de chaux qui est insoluble dans la potasse.
L'acide chlorhydrique à 0,004, ajouté par parties égales aux déjections, ne les éclaircit pas en vingt-quatre heures, et, par conséquent, le mucus n'est ni de la fibrine, ni une matière albuminoïde quelconque.
La liqueur filtrée, et ne contenant par conséquent que des matières solubles, étant soumise à l'évaporation, a donné les résultats suivants :