‹ Recherches expérimentales et observations sur le choléra épidémiqueChapitre 6 sur 10 · I. II. III. Moyenne · texte numérisé non relu

I. II. III. Moyenne

Eau 0,9790 0,9820 0,9832 0,9814

Matières sèches 0,0210 0,0180 0,0168 0,0186

(*) Toutes les dessiccations ou évaporations ont été faites dans une étuve à gaz dont la température n'a jamais dépassé 70°. A cette température, le carbonate d'ammoniaque ordinaire disparaît complètement en se vaporisant.

(2) Cette moyenne n'a pas pour but de corriger des résultats qui ne peuvent être qu'exacts, vu le procédé employé , mais de donner la composition moyenne de celles observées. Il en sera de même pour les compositions qui vont suivre.

Examen de la matière mucoïde.

Le mucus frais des déjections alvines des cholériques présente à l'observation microscopique des granules sensiblement sphériques, ayant environ un centième de millimètre de diamètre, et' de plus des masses tuberculeuses inégales, irrégulières, dont le diamètre principal varie de quinze à vingt-cinq millièmes de millimètre.

Ces petites masses renferment des nucléoles, ou sont formées par la réunion de granules plus petits.

La matière muqueuse, lavée et desséchée, brûle en répandant une odeur de corne grillée. Mêlée avec de la chaux sodée, introduite dans un tube et chauffée, elle donne des vapeurs qui colorent en bleu le papier rouge de tournesol, et en rouge le papier jaune de curcuma. Elle contient donc de l'azote.

Soumise à l'incinération, elle laisse un résidu blanc, incombustible, assez considérable. Ce résidu est soluble dans l'acide azotique diluée, et l'ammoniaque le précipite de sa dissolution. D'où l'on peut conclure qu'il est essentiellement formé de phosphate de chaux.

0er 2 de cette matière ont laissé un résidu incombustible pesant 0sr 027. On déduit de là, pour la composition de la matière mucoïde :

Phosphate calcaire (contenant une petite quantité de carbonate). 0,125 Matière organique azotée 0,875

Examen de la matière soluble des déjections.

Le liquide filtré provenant des déjections, est alcalin comme les déjections entières. 10 centimètres cubes de cette liqueur ont exigé pour leur saturation lcc 250 d'une liqueur contenant 10 grammes d'acide sulfurique S O, H par litre, soit 0litre 00125 correspondant à 0^r 0125 d'acide sulfurique. La liqueur, colorée en bleu par le tournesol, n'a point fait effervescence; mais elle a passé au rouge vineux avant de prendre la teinte dite pelure d'oignon donnée par l'acide sulfurique. Cela indique qu'elle contenait un carbonate ou plutôt un bi-carbonate ; car la réac-

tion qu'elle exerce sur le papier rouge de tournesol n'est pas en rapport avec sa capacité de saturation. Les déjections contenant du potassium en quantité très notable, ainsi qu'on le verra bientôt, et le résidu de leur évaporation étant hygroscopique (4), il est très probable qu'elle contient du carbonate de potasse libre, ou du bi-carbonate de la même base.

Les 0^r 0125 d'acide employé pour saturer 10cc de déjections indiquent que celles-ci contiendraient 0^r 0176 de carbonate potassique par centilitre, soit 1^ 760 par litre (2).

Avant de passer à l'examen des propriétés générales des déjections mises en présence du réactif, il me paraît indispensable d'en faire connaître la composition. Elles sont formées de matières minérales et de matières organiques, et les réactions qu'elles donnent sont dues tantôt aux unes ou aux autres de ces matières.

Le résidu de la dessiccation des déjections filtrées est brun jaunâtre ; il est hygroscopique, comme il a été dit, et possède une odeur spéciale de matières fécalès que donne le guano du Pérou quand il a perdu le carbonate d'ammoniaque qu'il contient naturellement. Soumis à l'action de la chaleur, il répand une odeur de corne grillée. 0^r 500 de résidu de l' évaporation des déjections filtrées étant soumis à l'incinération, le produit fond, se boursoufle, brûle avec flamme et donne un produit noir fusible et difficile à incinérer. Ce produit, déduction faite du charbon, pèse finalement 0%T 330. Mis en présence de l'eau, il ne s'y dissout pas entièrement, donne une liqueur fortement alcaline, et laisse un résidu pesant 0^r 004, d'où la matière soluble est réduite à 0%r 326.

De ces données on tire les résultats suivants :

Matière organique combustible 0,170 0,340

Matière minérale soluble dans l'eau 0,326 0,652

Matière minérale insoluble dans l'eau 0,004 0,008

(*) Je ferai remarquer cependant que le résidu de l'évaporation de ce liquide donne par l'alcool un produit beaucoup plus hygroscopique, et dans lequel le chlorure de platine n'accuse pas la présence du potassium.

(2) La quantité de potassium trouvée dans les déjections des cholériques (0,0012) correspondrait à une quantité de carbonate beaucoup plus considérable (2sr123) , si ce métal était entièrement à l'état de carbonate. Voyez l'analyse complète des déjections.

La matière soluble dissoute dans l'eau a été précipitée successivement par l'azotate bary tique, l'azotate argentique et l'acide chlor oplatinique .

On a obtenu ainsi :

0,138 de sels bary tiques. 0,403 de chlorure argentique.

0,204 de chloroplatinate potassique.

Le précipité bary tique était formé d'un mélange de sulfate, de phosphate et de carbonate. Traité par l'acide azotique, il <a laissé un résidu de sulfate ; la liqueur a donné par l'ammoniaque un précipité de phosphate, et le reste a donné par différence la quantité de carbonate de baryte qui se trouvait dans le mélange des trois sels.

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