RATION
l’addition d’un peu de nitrate d’ ammoniaque.
Fondue , non déliquescente.
Fondue , non déliquescente.
Fondue , non déliquescente.
cendre soluble dans l’eau.
Coloration médiocre en bleu.
Forte coloration en bleu.
Effervescence médiocre.
Très - forte coloration en bleu.
Effervescence très-considérable.
Très-grande quantité de flocons.
Trouble léger.
Coagulum.
Très-grande quantité de flocons.
Trouble léger.
Coagulum.
Très-grande quantité de flocons.
Trouble considérable.
Coagulum.
Précipité médiocre.
Sulfate de soude.
Précipité médiocre.
Sulfate de soude.
Précipité médiocre.
Sulfate de soude.
après sa dissolution dans l’acide hjrdro-chloriq
ue.
Forte coloration en rouge.
Colorât, médiocre en rouge.
Colorât, médiocre en rouge.
Très-fgrantle quantité de flocons.
Très-grande quantité de flocons.
Très-grande quantité de flocons.
Précipité très-faible.
Précipité médiocre.
Précipité médiocre.
Grande quantité de flocons.
Quantité médiocre de flocons.
Petite quantité de flocons.
DE l.A DIGESTION
La portion insoluble dans l’eau de la cendre des liqueurs provenant de l’estomac et du duodénum , donna aussi, avec le borax , un verre rouge pâle ; mais comme l’incinération avait eu lieu sur tin feu de charbon, il serait possible que le manganèse provînt de la cendre de ce dernier.
Il résulte de la table précédente que la cendre contenait en sels solubles dans l’eau : i°. du carbonate alcalin (la cendre delà liqueur stomacale était la seule qui n’en contînt pas) ; a 0 , du phosphate alcalin ( qui n’existait pas non plus dans celle du liquide de l’estomac) ; 3°. une petite quantité de sulfate alcalin'; 4 °- une très-grande quantité de chlorure alcalin. Cet alcali était de la soude , avec un peu de potasse. 5°. En outre , il y avait encore , dans la portion provenant de l’estomac, beaucoup de -chlorure de calcium et de sulfate de chaux , avec un peu de chlorure de magnésium. La portion de la cendre soluble dans l’eau contenait : t°. beaucoup de phosphate de chaux; 2 0 . du carbonate de chaux (la portion provenant de l’estpmac était celle qui en contenait le plus ) ; 3°. de la magnésie ; 4 °- de l’oxide de fer.
Il serait possible qu’une pierre calcaire se fût trouvée parmi les cailloux quartzeux qu’on fit avaler au cheval. C’est pourquoi nous ne pouvons décider si le suc gastrique contient par lui-même du chlorure de calcium, ou si ce composé avait été produit par la combinaison de l’acide hydro-chlorique libre du suc gastrique avec la chaux de la pierre calcaire.
Quantités respectives d’eau, de matière organique et de sels qui se trouvent dans les
LIQUEURS FILTRÉES^DU CANAL INTESTINAL
(Les proportions ont- été calculées d'après la table II.)
DES MAMMIFERES
l6o DE LA DIGESTION
§ III. Conclusions a tirer des expériences sur les organes
DIGESTIFS DU CHIEN ET DU CHEVAL A JEUN. — État de l’estomac. — Si l’on ouvre la cavité abdominale d’un chien ou d’un cheval qui vient d’être tué , et auquel on n’a pas donné d’alimens depuis quelque temps , on trouve l’estomac vide , rétréci dans tous les sens , et resserré sur lui-même , par la contraction de sa tunique musculeuse. On n’y aperçoit aucun mouvement. Les lames du péritoine qui s’étendent vers la grande et la petite courbure, ouïes épiploons, présentent des surfaces plus étendues, à cause du rapetissement de l’estomac. Les vaisseaux sanguins qui rampent, soit entre ces lames péritonéales, le long des courbures, soit dans les parois du viscère, sont très-sinueux et en même temps un peu rétrécis. Les nerfs de l’estomac sont également raccourcis et sinueux. La tunique celluleuse ou vasculaire , et la tunique interne ou muqueuse forment des plis très - nombreux , saillans et courbés dans tous les sens , qui sont produits par la contraction de la tunique musculeuse.
Suc gastrique. — Chez les chiens à jeun , la membrane interne de l’estomac n’est humectée que par un petit nombre de gouttes d’une liqueur presqu’aussi claire que de l’eau et légèrement trouble , tenant en suspension quelques flocons muqueux, d’un blanc grisâtre, filans entre les doigts^ qui adhèrent aux parois de l’organe. Nous trouvâmes , dans l’estoinac d’un cheval qui n’avait pas mangé depuis trente heures, cent douze grammes, et dans celui d’un autre cheval environ cinq cents grammes d’une liqueur jaune tf ès-pâle , peu trouble , peu épaisse , mêlée de quelques flocons muqueux blancs. Le liquide contenu dans l’estomac des chiens et des chevaux a une odeur animale, et une saveur légèrement salée. 11 n’ag^ presque pas sur la teinture de tournesol, ou ne la rougit que faiblement , comme nous l’avons vu plusieurs fois dans nos expériences.
Lorsqu’ après avoir fait jeûner des chiens et des chevaux , on leur fait avaler de petits cailloux , et qu’on les tue au hout de quelque temps , on trouve l’estomac resserré autour de ces corps étrangers. Mais si les animaux ne sont mis à mort qu'au bout de quelques heures, les pierres ne se retrouvent plus
DES MAMMIFÈRES. l(’»|
dans l’estomac , dont la membrane musculeuse les a poussée t dans le canal intestinal, en se contractant, comme nous l'avons observé sur un chien; ou bien il n’y en reste plus que quelques-unes, ainsi que nous l’avons vu sur un cheval; L’estomac, irrité mécaniquement par les cailloux, contenait une plus grande quantité d’une liqueur blanche-grisâtre , un peu trouble, en partie liquide et transparente, en partie consistante, filante et muqueuse. Trois chiens auxquels nous avions fait avaler des cailloux* fournirent environ trois à cinq grammes de liqueur. L’estomac d’un cheval sur lequel nous avions tenté la même expérience , pour connaître l’effet que produiraient les cailloux , contenait aussi une grande quantité de suc gastrique , avec quelques brins de paille non digérés. La liqueur abondante obtenue après l’ingestion des morceaux de quartz blanc , était très-acide et rougissait fortement la teinture de tournesol , tant chez les chiens que chez les chevaux. Chez le chien , au contraire * auquel nous avions fait avaler des pierres calcaires, la teinture de tournesol ne rougit que faiblement. Mais ici l’acide libre du suc gastrique avait été neutralisé en partie par sa combinaison avec la ehaux .
Il résulte donc de ces expériences que, dans l’état de vie ,non-seulement la membrane muqueuse de l’estomac , irritée mécaniquement par des cailloux , fournit une sécrétion plus abondante , mais encore que le fluide qu’elle exhale est plus acide que celui d’un estomac non irrité. L’exactitude de celte conclusion est parfaitement démontrée par l’action que le poivre exerce sur l’estomac d’un animal à jeun. Le chien auquel nous avions fait avaler du poivre avait là membrane muqueuse de l’estomac très-rouge , et il fournit près de dix grammes d’un liquide blanc-grisâtre , un peu trouble, d’une saveur salée et d’une odeur acide, qui rougissait très-fortement la teinture de tournesol.
Comme la salive du chien n’est point acide , il est évident que le liquide abondant contenu dans l’estomac irrité n’était point de la salive avalée par l’animal, puisqu’il rougissait le tournesol. Nous ne pouvons pas non plus le considérer comme une sécrétion de l’œsophage, puisque ce canal était peu humecté chez les chiens et chez le cheval auxquels nous avion?
CE Li DIGESTION
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fait avaler des cailloux , et que le fluide transparent et un peu muqueux qui s'y trouvait i»e rougissait pas le tournesol. Viridet avait déjà remarqué que la sécrétion œsophagienne ‘n’est point acide (-t). Il résulte donc de là que les physiologistes qui nient l'existence du suc gastrique , comme fluide particulier, sont dans l’erreur.
Si l’on demande quelles sont les sources Ou les organes sécréteurs du suc gastrique , nous répondrons qu’il est trèsprobable que la portion liquide de -ce sue provient tlu sang qui circule dans les réseaux capillaires artériels' de la tunique muqueuse de l’estomac , laquelle n’est point couverte d’une sorte d’épiderme , et qu’au contraire la portion plus consistante , filante et muqueuse , paraît être sécrétée par les glandules muqueuses répandues en grand nombre dans le viscère. Blasius et "Viridet ont déjà démontré l’existence de glandes nombreuses dans l’estomac du chien et d’autres animaux. Everard Home ( 2 ) a décrit et figuré ces glandes, telles qu’on les voit dans plusieurs animaux carnivores et herbivores. Chez l’âne et le cheval (3) on ne les trouve que dans la seconde moitié de l’estomac, celle qui n’est point revêtue d’une couche épidermique.
Au reste, il est difficile , sinon même impossible , d’établir rien de positif à l’égard des sources de la portion liquide et de la portion muqueuse du suc gastrique , parce que nous ne pouvons point observer la sécrétion sur l’estomac d’animaux vivans.
Composition chimique du suc gastrique. — Quant à ce qui concerne la composition chimique du suc gastrique , un grand nombre de physiciens anciens et modernes, Wepfer, Viridet, Rast, Réaumur, Spallanzani, Scopoli, Stevens, Car-
(1) Tractalus novus medico-physicus de prima coclione, prœcipueque de venlriculi fermento. Genève, 1693, in-8“, p. 324. Il trouva, dans nu cochon , que le liquide œsophagien n’agissait nullement sur la teinture de tournesol , tandis que celui de l’estomac ia rougissait avec beaucoup de force.
(3) Lectures on comparative anatamy, vol. 1, p. i 3 j.
( 3 ) Vol. 11 , tab. 16.
iniuati , Brugnatelli, Yauquelia et autres, ont bien cherché à la découvrir , mais leurs recherches n’ont abouti à aucun résultat satisfaisant. Il n’y a point de fluide animal par rapport aux propriétés duquel les chimistes et les physiologistes aient émis des opinions si peu d’accord les unes avec les autres, et même si contradictoires, qu’à l’égard du suc gastrique. Les uns l’ont cru acide , d’autres alcalin , et d’autres encore neutre. Quelques — uns des plus grands chimistes du siècle n’ont pas même osé se prononcer sur sa nature , et ont avoué franchement leur ignorance sur tout ce qui concerne l’histoire de ce fluide important.
Il suit de nos expériences que la petite quantité de fluide qu’on trouve dans l’estomac non irrité , chez les chiens et les chevaux à jeun, est presque neutre, ou du moins faiblement acide ; mais que , quand l'estomac a été irrité par des cailloux ou par du poivre, le suc gastrique, beaucoup plus abondant , contient un acide à l’état de liberté , et rougit la teinture de tournesol. Viridet, Carminati, Brugnatelli, Werner, etc., ont aussi reconnu la plupart du temps que le suc gastrique des mammifères était acide. Viridet (i) trouva ordinairement acide le liquide contenu dans l’estomac des chiens, des chats, des lapins, des lièvres, des écureuils, des hérissons et des cochons.
Carminati observa ( 2 ) que le suc gastrique était neutre chez les chiens et les chats à jeun ; mais que quand ces animaux avaient mangé 4e la viande , le liquide rougissait le tournesol. Il a trouvé- aussi le suc gastrique du cochon acide. Brugnatelli (3) a remarqué également que celui des chiens et des chats était acide. Werner (4) a reconnu la même qualité au suc gastrique , non - seule-
(1) Loc. cit.
(2) Untersuchungen ueber die IVatui des Magensafls. Vienne , 1785 ; in-8°, p. ia 3 - 127.
( 3 ) Dans Crell’a Beitraege tu den Chem. Ann., 1786, L 1, p. 79.
(4) Diss. sistens expérimenta circa modum, quo chj mus in chylum mutatur. Tubingue, 1800, p. 7, 9, n, 56 ,
lt>4 de la digestion
ment de ces animaux , mais encore du lapin et du cheval ( i). ’
(i) Nos expériences répandent du jour sur les expériences contradictoires des physiologistes relativement à la neutralité et à l’acidité du suc gastrique de l'homme. Plusieurs physiciens , Spallanzani , Carminali , Gosse, Montègre, Pinel fils, se sont procuré du suc gastrique d’hommes à jeun , pour en examiner les propriétés. On sait que pour l’obtenir ils excitaient le vomissement , soit en avalant de l’air et retenant la respiration, soit en irritant l’arrière-gorge , soit en employant des vomitifs. Spallanzani trouva le suc gastrique qu’il avait vomi le matin , à jeun , après s’étre chatouillé le fond de la gorge avec le doigt, écumeux et visqueux. Après quelques heures de repos, ce liquide était limpido comme de l’eau , et avait déposé un léger sédiment. 11 était sans couleur et sans amertume , mais il avait une saveur légèrement salée ; il ne donnait aucun signe d’acidité ni d’alcalescence. Le suc gastrique que Carminati obtiut de deux garçons qui l’avaient vomi à jeun , soit après s’être chatouillé le gosier , soit après avoir pris trois grains d’ipécacuanha , était très-liquide , transparent , un peu salé et sans amertume , et n’altérait ni le sirop de violettes , ni les autres couleurs feteues végétales. Gosse, au contraire, trouva toujours son propre suc gastrique acide, soit qu’il l’eût vomi K jeun, soit qu’il i’eût rendu après avoir mangé. Montègre ( Sur la Digestion dans l’homme, Paris, i8o4 ) observa que le suc gastrique qu’il vomissait le matin à jeun était trouble , ccumcux, visqueux et iitaut ; il avait une saveur acidulé et non désagréable. La plupart du temps, mais non constamment, tl rougissait le sirop de violettes et la teinture de tournesol. Après avoir mangé des alimens, de la viande, qu’il vomissait à des époques dillérentes, Montègre trouva toujoui s que les matières vomies étaient acides , et qu’elles rougissaient les couleurs bleues végétales avec force. Pinel fils remit à Magendie ( Précis élémentaire de Physiologie , t. il, p. n) environ trois onces de soggastriqué qu’il avait rendu par le vomissement , le matin à jeun. Ce liquide était visqueux, transparent, un peu trouble et salé. 11 fut examiné par Thénard, qui le trouva composé d’uue grande quantité d’eaû , d’un peu de mucus, et de quelques.sels à base de soude et de chaux : du reste , ni la langue ni les réactifs n’y indiquaient la moindre trac» d’acide. Chevrcuf a analysé deux onces d’un liquide obtenu de la même manière; il y trouva beaucoup d’eau, une grande quantité de mucus, de l’acide lactique uni à une matière auimule soluble dans l'eau et insoluble dans l’alcool , enfin une petite quantité d’hydro-chlorate d’ammoniaque et de chlorures de potassoet de soude. Il résulte de ces recherches qu’à jeun le suc gastrique de l’homme était la plupart du temps neutre, comme chea le* chiens et les chevaux. Mais on n’en peut pas conclure que es liquide soit également neutre pendant la digestion , car les alimens que l’homme vomit sont acides , comme Pont observé Gosse et Mon-
llKS JliM.MlFüKKS.
iG5
Ce qui indique encore l’existence d’un acide libre dans le suc gastrique, c’est la coagulation du lait, non-seuleinent dans l’estomac des mammifères vivans, mais même, après la mort, sous l’influence de ce liquide. Presque tous les expérimentateurs qui se sont occupés de la digestion , ont observé ce phénomène. Littré (t) tua de jeunes chiens qui étaient encore à la mamelle , leur ouvrit l’estomac , et trouva le lait caillé ; il attribue avec raison cette coagulation à l’action du suc gastrique. Veratti ( 2 ), dans ses expériences sur la digestion du lait , chez les chiens et les chats , le trouva toujours caillé dans l’estomac. Spallanzani lui-même (3) , qui croyait le suc gastrique neutre, avoue que le lait se coagule dans l’estomac ; il s’était convaincu de ce phénomène par plusieurs expériences sur des chienset sur des chats, et il avait remarqué en même temps que la membarne interne de l’estomac de ces animaux conservait, après leur mort, la propriété de lui donner naissance. Jean Hunter (4) avait également observé la coagulation du lait dans l’estomac , et hors de ce viscère , par le seul fait de l’addition du suc gastrique. Carminati fit cailler du lait aumovendusuc gastrique d’un cochon. Ev. Home (5) prétend n’avoir observé la coagulation du lait dans l’estomac du chien qu’aux environs du pylore , où se trouvent la plupart des glandes.
Nous avons constamment remarqué cette propriété qu’a l’estomac de cailler le lait , et elle s’est offerte à nous , nonseulement dans sa portion pylorique , mais encore dans sa portion cardiaque. La coagulation s’effectua surtout d’une manière rapide et bien prononcée lorsqu’on versa dans le lait du suc gastrique provenant de l’estomac du chien à qui l’on avait fait avaler du poivre.
tcgre. Irrité par les substances alimentaires , l'estomac de l'Iiouitne , comme celui des chiens, des chevaux et d’autres mammifères, sécréta un suc gastrique acide.
(1} llist. île t’ Ac. des Sciences de Paris, 1711, p. 19 , u® 7.
(a) Coinmenlarii Acad. Bononiensis , t. vi. Opuec., p. 269.
(3) Exp. sur la digestion, § a^5; et dans Scunclncr, Outsider., p. ioj.
( 4 ) Observations on certain parts oj’lhe animal œconomy.
(5) Philosophical Transactions Jor the ycar 1 8 1 3, 1 '. ), p. çf>.
DK LA DIGESTION
lG6
Mais si l’on ne peut pas douter de l’existence d’un acide libre dans le suc gastrique du cliien, du chat , du cheval , du cochon , du lapin et d’autres mammifères , de même que dans la sécrétion de la caillette des ruminans, les chimistes n’ont point encore déterminé la nature de cet acide. Les uns l’ont supposé d’une nature particulière , et l’ont appelé acide gastrique ; d’autres l’ont regardé comme de l’acide phospliorique ; quelques-uns l’ont rapporté à l’acide acétique ou à l’acide 'lactique ; tout récemment enfin on a prétendu que c’était de l’acide hvdro-chlorique.
11 résulte de nos expériences que le suc gastrique contient plusieurs acides à l’état de liberté , savoir
i°. De l'acide hjdro- ch lo ri que. Nous l’avons trouvé quelquefois en distillantles liqueurs de l’estomac, particulièrement chez le cheval auquel nous avions fait avaler des cailloux à jeun ( Exp . vut). L’estomac du chien auquel nous avions donné des pierres calcaires contenait du chlorure de calcium (Exp. iv). Si la plupart du temps on ne découvrit pas cet acide en distillant les liquides trouvés dans l’estomac d’animaux à jeun , il faut probablement s’en prendre à ce qu’il y existait en trop petite quantité, et à ce que, retenq par une matière animale, il n’avait pas pu se volatiliser.
Prout (i) a aussi constaté dernièrement la présence de l’a-
(,) Philos. Trans.for lhe year iSaj, P. i, p. /|5. — Prout a déterminé de la manière suivante la quantité d’acide liydro-cliloriquc libre , d’hydro-ohlorate d’amiuonîaquc et de chlorure de sodium, qui se trouveut dans le suc gastrique des animaux. Il délaya dans de l’eau pure le contenu de l’estomac d’un lapin ou d’un antre animal, et partagea en trois parties la solutiou débarrassée du précipité par la filtration. Il iucinéra immédiatement la première portion, ce qui lui permit de déterminer la quantité de chlorure de sodium, au moyen delà précipitation par le nitrate d’argent. La seconde portion fut saturée avec de la potasse, puis brûlée, ce qui fit connaître la quantité totale de l’acide hydro-clilorîque. La troisième portion fut saturée exactement avec une dissolution de potasse d’une force déterminée, ce qui donua la quantité d’acide libre. En soustrayant de la somme totale d’acide hydro - cldorique trouvée par la seconde expérience , celle qui , d’après la première , existait combinée avec la soude, et celle qui, d’après la troisième, se trouvait h l’état libre, il restait celle qui était uuie avec l'ammoniaque. En suivant celle marche. Prout trouva que vingt onces de matière vomie
DES MAMMIFÈRES. I'6ç
cnle liydro— ehloriquc dans le suc gastrique du lapin , du lièvre, du cheval, du veau et du ebieu. Cependant il se trompe en disant qu’on n’en trouve pas d’autre dans le liquide stomacal. Lui et Children (i) ont aussi rencontré de l’acide liydro-chlorîquc dans le liquide vomi par des personnes atteintes de dyspepsie.
a°. De V Acide acétique. Nous avons trouvé beaucoup d’acide acétique libre dans le suc gastrique du chien auquel nous avions fait prendre du poivre. Nous en trouvâmes également dans le suc gastrique des chevaux. 11 existait sur» tout en grande quantité chez le cheval qui avait avalé des cailloux. L’acide lactique trouvé par Chevreul dans le liquide vomi par un homme à jeun n’était autre chose que de l’acide acétique, puisque, d’après les recherches récentes de Berzelius, l’aeide lactique et l’acide acétique ne diffèrent point l’un de l’autre. H en est de même de l’acide lactique, que Graves (a) a reconnu dans le liquide qu’avait vomi une femme atteinte de dyspepsie.
3°. De l’Acide butyrique. Nous l’avons trouvé deux fois dans le suc gastrique des chevaux ( Exp . vu et vin).
par un homme atteint d'une violente dyspepsie , contenaient plus d’une demi-drachme d’acide hydro-chlorique , ayant une pesanteur spécifique de i,j6o. — La méthode de Prout ne nous paraît exacte qu’eu ce qu’on peut déterminer, par les deux premières opérations , d’un côté lu quau-; lité d’acide hydro-chlorique unie à un alcali fixe, de l’autre celle qui existe & l’état dp liberté ou combinée avec l’ammoniaque. Mais elle nous semble dénuée de certitude sous ce point de vue qu’elle suppose que l’acida libre est uniquement de l'acide hydro-chlorique , tandis que nous avons trouvé si souveut de l’acide acétique, et meme quelquefois de l’acide bu lyrique. Dans ce cas, la quantité d’acide bydro-chlorrque libre indiquée, par la troisième expérience devrait être beaucoup trop considérable , parce qu’elle comprenait également de l’acide acétique; si ensuite ou retranchait cet acide libre, et celui qui, d’après lu première expérience, est combiné avec la soude, de la quantité totale d’acide hydro - chlorique déterminée par la seconde expénieuce, on trouverait que la quantité d'aciilc hydni-chlorique combinée avec l’ammoniaque serait beaux coup trop petite.
(t) Annalt nf Philosophy, jul. i8a j.
(a) Transactions oftl ic Association aj Jellows and lirentiates nj • fege oj physiciens in 1 retond. Dublin , i8o}, vol. »v, u° 3o,
DE LA DIGESTION
iCB
En outre , le suc gastrique des animaux à jeun contenait du mucus , mais point d’albumine : au moins n’y avons-nous pas trouvé cette dernière substance chez les chiens. On n’en rencontra une petite quantité que dans le suc gastrique du cheval qui avait avalé des caillopx. ( Exp . vm. )
Le suc gastrique du chien et du cheval contenait une matière animale insoluble dans l’alcool , mais soluble dans l’eau : c’était de la matière salivaire.
On trouva aussi, dans le suc gastrique d’un chien et d’un cheval, une autre matière animale soluble dans l’alcool t jc’étak de l’osmazôme.
Voici quels sont les sels queTou rencontra dans la cendre «du suc gastrique filtré.
i°. Dans le chien, beaucoup de chlorure et un peu de sulfate alcalins. Jamais on ne trouva ni carbonate ni phosphate alcalins. L'alcali était en grande partie de la soude. La cendre contenait encore un peu de carbonate et de phosphate de chaux , quelquefois aussi du sulfate de chaux et du chlorure de calcium.
2 °. Dans le cheval , la partie soluble de la cendre consistait en une grande quantité de chlorure et une petite de sulfate alcalin. L’alcali était de la soude , avec un peu de potasse. Ou trouva, en outre, dans un cheval, beaucoup de chlorure de calcium et de magnésium. La portion insoluble de la cendre contenait du carbonate et du phosphate de chaux , avec un peu de magnésie , d’oxide de fer , et même , à ce qu'il nous semble , d’oxide de manganèse.
Le sue gastrique du cheval qui servit à l’expérience vi, contenait, en outre, d’après l’analyse, un peu de résine et de graisse , et de l’acétate d’ammoniaque.
Vésicule biliaire et bile. — Dans tous les chiens qui avaient jeûné pendant quelque temps, la vésicule était gorgée de bile , observation que d’autres expérimentateurs ont également faite dans des cas analogues. 11 résulte de là que , chez les animaux à jeun , la bile ne se verse qu’en petite quantité dans le canal intestinal. Cependant la vésicule du chien auquel on avait fait avaler du poivre était moins remplie. Il semble que cette substance ait, par l’excitation qu’elle pro-
DES MAMMIFERES.
duisit, déterminé la bile à couler en plus grande abondance dans le canal intestinal. Labile que contenait la vésicale était très-foncée en couleur, visqueuse et filante.
Dans les chevaux , qui n’ont point de vésicule du fiel , la bile se trouvait accumulée dans les larges canaux biliaires, tomme les alimens manquent rarement à ces animaux , et qu’en outre la difficulté de dissoudre les substances qui servent à leur nourriture rend la digestion plus longue chez eux que chez les carnassiers , la bile coule probablement sans interruption dans l’intestin , tandis que , chez les carnassiers, elle se ramasse dans un réservoir particulier. Chez ces derniers animaux, qui digèrent rapidement leur nourriture, composée de viande, etdontla digestion est souvent interrompue, parce que c’est le hasard qui leur procure des alimens , un pareil réservoir est d’une haute importance.
Intestin grêle. — 11 était rétréci , et même resserré sur luimême, chez les chiens et les chevaux . Son mouvement péristaltique avait lieu d’une manière très-lente, souvent presqu’insensible , parce que le défaut de nourriture ne sollicitait pas le canal intestinal à exécuter de vives contractions.
Dans les chiens, le duodénum contenait un liquide plus ou moins consistant , blanchâtre , muqueux et coloré par un peu de bile. Ce liquide devenait de plus en plus consistant , dans l’intestin grêle , à mesure qu’on l’examinait plus bas , et il prenait une teinte jaunâtre ou d’un brun jaunâtre. Le plus souvent on voyait nager , dans la première moitié de l’intestin grêle , de petits flocons d’un jaune verdâtre ,-ou d’un brun jaunâtre, qui s’agrandissaient peu à peu en descendant. Ces flocons étaient composés de mucus intestinal condensé et de mucus biliaire, avec la résine, le principe gras et le principe colorant de la bile. Évidemment ils représentaient le commencement d’une matière excrémentitielle , qui n’existait qu’en petite quantité chez les animaux à jeun.
Lorsqu’on avaitlaissé jeûner les chiens pendantlong-lemps, ' et qu’on ne leur avait point fait avaler de cailloux , la fàce interne de la membrane muqueuse ne paraissait couverte que d’une couche mince d’une matière très-consistante , blanchâtre et un peu teinte en jaune, et la quantité de bile conte-
D£ LA DIGESTION
IJO
nue dans l’intestin était peu considérable. Au contraire, dhns les chiens à qui l’on avait fait avaler des cailloux ou du poivre, ou trouva une plus grande quantité de mucus diffluent et filant T et la bile était plus abondaute dans le canal. Il paraît donc que la sécrétion du mucus intestinal et l'écoulement abondant de la bile étaient le résultat de Fexcitationproduite par les cailloux et le poivre.
On remarqua T dans le duodénum et dans- le premier tiers de l’intestin grêle, un liquide fort abondant, d’un jaune brunâtre, trouble, aqueux, et souvent accompagné d’une matière très-consistante , qui filait comme de l’albumine liquide. Il y avait en même temps de petits grumeaux muqueux opaques. Le liquide acquérait de plus en plus de consistance , et sa teinte brune devenait de plus en plus foncée, A mesure qu’on l’examinait plus bas ; vers la fin de l’intestin grêle , il représentait des masses muqueuses plus épaisses, opaques, qui exhalaient une odeur désagréable, mais différente de celle des véritables excrémens. Ces masses contenaient le principe colorant, la résine elle principe gras de la bile.
Si le liquide était plus abondant dans les chevaux que dans les chiens, cette circonstance tient peut-être à ce que, les premiers de ces animaux étant privés de vésicule biliaire, la bile coule en grande quantité clans leur canal intestinal, même lorsqu’ils sont à jeun , et détermine , par l’irritation qu’elle cause à la surface de la membrane muqueuse, une sécrétion plus copieuse de mucosité.
Le fluide , en partie liquide , en partie muqueux , épais et filant, que l’on trouve clans le canal intestinal, est sécrété parla tunique interne ou villeuse. La portion consistante et filante paraît provenir des nombreuses glandes de Brunner disséminées isolément dans toute l’étendue du tube intestinal , et des glandes de Pevcr accumulées sur le bord libre de ce dernier ; mais la sécrétion delà portion aqueuse semble être due aux nombreuses ramifications artérielles qui se répandent dans la membrane muqueuse.
Comme la sécrétion des glandes intestinales se mêle avec le liquide exhalé par les artères , et qu’on ne saurait obtenir chacun de ces deux produits à part , il est impossible de faire
DES M AMMIFEUESr.
connaître leurs propriétés d’une manière plus précise. Cependant nous avons vu sur un chien (Exp. ni), après avoir essuyé avec soin le mucus diffluentqui couvrait la face interne de la membrane muqueuse , qu’en pressant les glandes de Peyer il en sortait des gouttelettes d’un liquide gris-blanchâtre, très-consistant. Ce liquide avait une saveur légèrement salée, et ne filait point entre les doigts.
La grande étendue de la membrane muqueuse de l’intestin grêle, la multitude de vaisseaux qu’elle reçoit,, et le nombre prodigieux de glandules éparses ou rapprochées les unes des autres qu’elle contient , doivent rendre très-considérable la quantité de mucus intestinal qu’elle sécrète pendant la digestion. Cependant il n’est pas possible d’évaluer exactement cette quantité, parce que le mucus intestinal se trouve mêlé avec les alimens dissous, la bile et le suc pancréatique. On sait que la membrane muqueuse a bien plus d’étendue chez les animaux qui vivent de substances végétales que chez ceux qui se nourrissent de matières animales, parce que le canal intestinal des premiers est beaucoup plus long : nous devons donc admettre qu'une plus grande quantité de mucus animal se sécrète et se mêle avec les alimens chez ceux-ci que citez les autres. On sait aussi que le nombre des glandes intestinales est plus grand chez les herbivores que chez les carnivores.
A l’égard des propriétés chimiques des substances contenues dans l’intestin grêle, chez les animaux qui sont à jeun, les conclusions suivantes découlent de nos expériences.
i°. Le liquide muqueux de l’intestin grêle des chiens et des chevaux contenait un peu d’acide libre dans le premier tiers ou dans la première moitié : aussi rougissait-il faiblement la teinture de tournesol ; mais , dans le reste de l’iutestiu grêle, il n’était point du tout acide , ou ne l’était que très-peu chez les chiens, et contenait même du bi-carbo— nale de soude chez les chevaux. Nous ne pouvons dire quelle était la nature de l’acide , parce qu’il existait en trop petite quantité. Nous présumons seulement que c’était principalement de l’acide acétique.
2". Le liquide de l’intestin grêle contenait, indépeudam-
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ment du mucus, beaucoup d’ albumine. Nous trouvâmes cette substance dans toute l’étendue de l’intestin grêle chez le chien auquel nous avions fait avaler du poivre. Nous en rencontrâmes aussi dans la première moitié de ce même organe chez le cheval qui était à jeun ( Exp . vi). Il y en avait une plus grande quantité dans tout l’intestin grêle , chez celui qui avait avalé des cailloux {Exp. xiu).
Cette albumine provient probablement en partie du suc pancréatique qui s’est versé dans le canal intestinal ; mais elle parait être aussi sécrétée en partie dans les glandes de ce dernier. Sa plus grande abondance après l’ingestion du poivre et des cailloux , doit sans doute être attribuée à l’action irritante que ces substances exerçaient sur le canal.
3°. On trouva, dans les liqueurs filtrées de l’intestin grêle des chevaux, une substance analogue à la matière caséeuse, précipitable par les acides, mais non par l’ébullition. Comme cette matière existe aussi dans le suc pancréatique , il est vraisemblable qu’elle en provient.
4°. Les liqueurs intestinales filtrées d’uu cheval {Exp. vm) contenaient une matière précipitable par le chlorure d’étain. C’était probablement de la matière salivaire et de l’osinazôme, dont une grande quantité fut trouvée à l’analyse. Cependant la précipitation peut avoir dépendu aussi en partie du phosphate de soude contenu dans les liqueurs. La matière trouvée dans l’intestin grêle des chevaux {Exp. vt et vm), qpii ressemble à l’albumine pour la consistance , mais qui , sous le rapport chimique , en diffère beaucoup , et se rapproche davantage de la matière salivaire , mérite une attention particulière.
5°. Une matière qui rougissait par le chlore etle per-chlorure de mercure fut trouvée dans le liquide intestinal des chevaux {Exp. vi , vm). Elle se montra aussi dans la partie inférieure de l’intestin grêle du chien à qui l’on avait fait avaler du poivre , lorsqu’on versa dans la liqueur du per-chlorure et du nitrate de mercure (i).
(i) Il est remarquable que, comme le prouveront un grand nombre des expériences faites sur les mammifères et les oiseaux , dont il nous
■6°. Ou trouva peu de résine biliaire dans le liquide de l’intestin grêle tout entier du cheval ( Exp . vi). La partie inférieure de cet organe contenait aussi une très-petite quantité de graisse.
n°. On rencontra également chez le cheval ( Exp. vi) , dans la portion supérieure de l’intestin grêle , une matière faiblement acide et azotée , analogue à l’acide allantoïque , à l’acide urique et à l’oxide cystique.
8°. Quant aux sels, les suivans furent ceux que l’on obtint en incinérant les liqueurs intestinales filtrées du cheval. ' a. Sels solubles dans l’eau : beaucoup de phosphate et de chlorure alcalins , peu de sulfate , et du carbonate alcalins; ce dernier en petite quantité dans la portion supérieure de l’intestin grêle , très-abondant , au contraire , dans l’inférieure. Le carbonate ne provenait pas uniquement de l’incinération de l’acétate de soude , qui y existait sans doute aussi , car on le trouvait déjà tout formé dans la portion inférieure de l’intestin grêle , à l’état de bi-carbonate. L’alcali était de La soude , avec un peu de potasse.
reste encore à parler , que la portion supérieure de l’intestin grêle contient souvent une matière qui est roupie par le chlore , mais qui ne l’est pas par les acides et par les sels métalliques , tandis que l’on rencontre dans la portion inférieure , et plus fréquemment encore dans le cæcum et le gros intestin , une autre matière qui n’est pas rougie par le chlore, mais qui l’est par les acides hydro - chlorique et nitrique, souvent ausi par le chlorure d’étain, les sels de plomb, le per-chlorure de mercure, etc. Ou voit tantôt la liqueur prendre une teinte rouge, et tantôt un précipité rouge se former, tandis que la liqueur se décolore; ce dernier cas a lieu quaud de l’albumioe ou une substance analogue, précipitable par 1rs réactifs qui viennent d’être indiqués , entraîne avec elle la matière rouge. Nous n’osons pas décider si ta matière qui ne rougit pas par le chlore, mais qui le fuit par les acides et les sels métalliques, est la même que la première, à quelques modifications près que celle-ci a subies lors de son passage dans l’intestin , ou bien si c’est un nouveau produit sécrété par la portion inférieure de l’intestin grêle et le cæcum. Au reste, ces deux matières ne proviennent point des atimeus on de la bile , puisqu’on les a trouvées aussi bien chez les animaux qu’on avait laissé jeûner que chez ceux auxquels le canal cholédoque .avait été lié parfaitement, La matière que le chlore rougit tire plutôt son origine du suc pancréatique , puisque nous l’avons rencontrée au moins dans la suc pancréatique d’un chien.
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b. Sels insolubles dans l’eau : du phosphate de chaux, le plus souvent avec un peu de carbonates de chaux et de magnésie.
A l’égard du rôle que joue le suc intestinal, les expériences dont il nous reste à parler, sur les animaux tués pendant le travail de la digestion , démontreront qu’il sert en partie à dissoudre certains résidus d’alimens qui passent de l’estomac dans l’intestin grêle , mais qu’il est absorbé aussi ei» partie avec les substances alimentaires parfaitement dissoutes , et qu’il communique à ces dernières des qualités qui les rapprochent du sang. Sa portion muqueuse , celle quia le plus de consistance, forme les excréinens, de concert avec la résine , le principe gras , le mucus et le principe colorant de la bile.
Cæcum. — Le cæcum des chiens , qui est petit et un peu contourné en spirale , fut trouvé le plus souvent vide et rétréci. Un peu de mucus jaune-blancliàtre et filant adhérait à sa face interne. Nous rencontrâmes dans les chiens qui avaient avalé des cailloux et du poivre , une petite quantité d’excrémens consistans , d’un brun verdâtre, composés de mucus et de bile , avec lesquels était mêlé de l’air.
Le grand cæcum des chevaux était encore assez rempli, meme après que l’animal avait passé vingt-huit heures sans recevoir de nourriture. Il contenait une masse consistante , pultacée, d’un brun verdâtre, un peu écumeuse , exhalant l’odeur des excréinens et du gaz acide hydro-sulfurique. Cette masse était composée de mucus , de bile , de brins de paille et de fibres végétales. Les fibres dures et difficiles à dissoudre des plantes sèches paraissent faire un très-long séjour dans le cæcum des chevaux.
Quant aux recherches chimiques faites sur les matières contenues dans le cæcum , il est à remarquer que , dans tous les chiens sur lesquels nous avons fait des expériences, elles rougissaient la teinture de tournesol , comme faisait aussi le mucus adhérant aux parois. Viridet avait déjà observé cette particularité chez plusieurs animaux , et nous l’avions également remarquée autrefois dans d'autres expériences sur les chiens, tes grosses et nombreuses glandes qui existent
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dans le cæcum île ces animaux sécrètent sans doute une liqueur acide. En pressant entre les doigts celles du cliien auquel nous avions fait avaler des cailloux ( Exp . in), nous en vîmes découler un liquide épais, d’un blanc grisâtre tirant sur le rougeâtre , qui rougissait le tournesol , et avait une saveur légèrement salée.
La présence d’une liqueur acide dans le cæcum semble indiquer que là commence un nouveau période de la digestion.
La matière trouvée dans le cæcum des chevaux contenait, au lieu d’un acide libre , du bi-carbonate de soude.
Un peu d’albumine se rencontra dans le cæcum d’un chien à qui l’on avait fait prendre du poivre. On trouva aussi, dans le même chien et dans un cheval , un peu d’une matière analogue au caséum , et précipitable par les acides. L’acide hydro-clilorique produisit une coloration en rouge dans les liqueurs filtrées du cæcum des chevaux. L’alun, le chlorure d’étain, le nitrate de plomb, celui de mercure et le perclalorure de mercure donnèrent lieu à un précipité rouge. D’après l’analyse faite sur un cheval ( Exp. vi), la liqueur filtrée du cæcum contenait, en matières animales, de l’albumine , du caséum , de l’osmazôme, de la matière caséeuse et un peu de résine fétide et de graisse.
Les sels obtenus par l’incinération de la liqueur filtrée du cæcum des chevaux étaient •:
i°. Sels solubles dans l’eau : beaucoup de carbonate ( dont la plus grande partie existait toute formée avant l’incinération, et une faible partie seulement à l’état d’acétate), de phosphate et de chlorure alcalins , avec un peu de sulfate. L’alcali était encore delà soude, avecun peu de potasse.
2°. Sels insolubles dans l’eau : beaucoup de phosphate calcaire , avec un peu de carbonate calcaire et un peu de magnésie. c
Gros intestin et rectum . — Le gros intestin et le rectum de la plupart des chiens étaient rétrécis et vides. Un peu de mucus jaunâtre et non acide adhérait à leurs parois. Dans le chien à qui l’on avait fait avaler des pierres calcaires, on trouva , immédiatement au-dessous du cæcum , une matière pultacée , verdâtre , très-fétide , composée de mucus intes-
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tmal consistant et mêlé de bile , qui contenait quelques poil» et plumes. Cette matière rougissait encore un peu le tournesol. Elle formait dans le rectum de petites masses trèsconsistantes et moulées.
Le rectum du chien qui avait avalé du poivre contenait des excrémens secs et d’un brun verdâtre. La liqueur filtrée qu’on obtint après les avoir lavés dans de l’eau, ne rougissait pas le tournesol , et contenait très-peu d’albumine , mais bien prie grande quantité de matière animale précipitable par 1» teinture de noix de galle.
On trouva dans le colon et le rectum des chevaux des excrémens bruns, qui étaient plus secs et plus consislans que ceux contenus dans le cæcum. Ces excrémens étaient accompagnés de quelques flocons muqueux. La liqueur filtrée du colon contenait, dans le cheval ( Exp. vi), de l'albumine ou du caséum , de l’osmazôme , de la matière salivaire , une matière qui rougissait par le per-chlorure de mercure , de la résine biliaire , avec un peu de graisse et une matière exhalant une odeur excrémentitielle , enfin les mêmes sels que le contenu filtré du cæcum.