‹ Recherches expérimentales, physiologiques et chimiques, sur la digestion, considérée dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 36 sur 57 · I. Le chyle du canal thoracique se présentait sous l’as · texte numérisé non relu

I. Le chyle du canal thoracique se présentait sous l’as

pect d’un lait blanc rougeâtre , qui se coagulait en quelques minutes. Le caillot , d’abord pâle , prenait une couleur rouge de einnabre en se condensant davantage. Le sérum ressemblait à un lait d’un blanc rouge jaunâtre , et en tout au chyle des vaisseaux absorbans de l’intestin grêle. Au bout de quelque temps il déposait du cruor , sous la forme d’une poudre fine. ' '!

Le chyle , abandonné à lui - mémo sur un entonnoir , pendant quatre heures, et remué souvent, se partageait en

caillot et en sérum. Ceux-ci furent évaporés (i) tous deux, afin de connaître la proportion des parties solides qu’ils contenaient.

dans 5 g, 8 gr.

dans 1 00.

dans 5 g, 8 gr.

dans ioo.

Caillot frais- 1,8

Sérum frais.. 58 , 0

3 ,oi

Caillotsec- 0,47

Sérum sec- 4 > 4 a

Eau 54,9»

Rapport du caillot sec au sérum sec. = 9,6 : 90,4

Rapport du caillotsec au caillot frais. = 26 : 100.

Rapport du sérum sec au sérum frais. = 7,6: 100.

a. Le caillot sec se ramollit , quand on le fit digérer dans du vinaigre distillé , mais sans s’y dissoudre d’une manière sensible. L’alcool, bouilli avec ce caillot sec, laissa, après avoir été évaporé, beaucoup de gouttes d’huile d’un brun jaunâtre.

b. Voici quelles furent les réactions du sérum frais :

Il laissa dégager un peu d’ammoniaque par la potasse. Ayant été agité avec de l’éther dépouillé d’alcool, il ne se coagula pas , et devint presque parfaitement limpide , avec une teinte jaune pâle. L’éther était incolore, et il s’y déposa quelques flocons de graisse déliés et blancs. Soumis à l’évaporation , il laissa beaucoup de graisse , qui , par le refroidissement, se partagea en grains cristallins blancs et en une huile d’une fluidité permanente.

Analyse du sérum du chyle. — 23,7 grammes de sérum frais laissèrent, après l’évaporation, 1,81 grammes de résidu sec. Ce dernier était brun jaunâtre , trouble , translucide , cassant et un peu gras. On le coupa avec des "ciseaux , et on le fit bouillir à plusieurs reprise*, d’abord avec de l’alcool à 36 degrés, puis avec de l’alcool absolu, parce que la graisse que le premier déposait pendant la filtration , obstruait bientôt le filtre. Les décoctions faites avec l’acool absolu furent séparées des premières.

(<) On ne fit évaporer qu’une portion du sérum , d’après laquelle on calcula combien le tout aurait fourni du résidu sec.

D6 LA DIGKSTION

I. Les dernières décoctions alcooliques étaient incolores. Elles laissèrent o,t i 5 gr. de graisse jaune.

II. Les premières étaient d’un jaune pâle. Elles laissèrent 0,57 gr. d’un résidu jaune - brunâtre , translucide , ayant l’aspect gras etl’odeur de la graisse , qui se liquéfiait en grande partie à la chaleur. Traité par l’eau, ce résidu laissa à son tour 0,28 gr. d’une graisse brune. La dissolution aqueuse se convertit presque entièrement , par l’évaporation , en octaèdres réguliers et brunâtres.

Une partie de cet extrait fut dissoute dans l’eau : elle dégageait fort peu d’ammoniaque par la potasse , n'exerçait aucune action sur les couleurs végétales, et se troublait par la teinture de noix de galle. Une autre , que l'on brûla , répandit l’odeur de la colle brûlée ; elle laissa un charbon difficile â incinérer ; la cendre se composait de carbonate et d’une grande quantité de chlorure alcalin , qui produisait un très-faible précipité avec la dissolution de platine.

III. La masse épuisée par l’alcool fut bouillie dans del’eau.

1. La décoction aqueuse était d’un jaune très-pâle. Elle laissa o,o 5 gr. d’une matière blanche , opaque , terreuse et sentant la colle forte.

Une partie de cette matière fut dissoute dans l’eau ; quelques flocons blancs résistèrent à l'action du liquide. La dissolution était d’ntï jaune pâle , colorait en bleu la teinture de tournesol rougie, troublait très-faiblement le per-chlorure de mercure et l’eau de baryte , donnait , avec le sous-acétate de plomb, beaucoup de petits flocons blancs qui se dissolvaient facilement dans l’acide nitrique, et n’agissait point sur l’acide sulfurique^ la dissolution d’argent , l’alcool , ni la teinture de noix de galle ( ce qui tenait peut-être à sa trèspetite quantité).

Une autre portion fut brûlée. Elle exhala une odeur em— pyreumatique et faiblement animale , et laissa une cendre blanche, qui se composait de carbonate de soude, avec fort peu de phosphate.

2. Ce qui était insoluble dans l’alcool et dans l’eau pesait i,o 5 gr. , après avoir été desséché.* C’était une substance d’un brun jaunâtre et translucide, qui donna o,o 5 gr. d’une

DES MAMM1TF.HES.

cendre grise-brunâtre , contenant des traces de carbonate et de sulfate ( point de chlorure ni de phosphate) alcalins, une quantité médiocre de phosphate calcaire et beaucoup de carbonate de chaux.

En conséquence le sérum évaporé du chyle contenait :

dans i, 8 i grammes, dans 100;

Graisse jaune o,n 5 6,35

Graisse brune 0,280 * i 5,47

Osmazôme, acétate de soude, beaucoup de chlorure de sodium , et une matière, vraisemblablement animale, , qui avait déterminé ce dernier à cristalliser en octaèdres 0,290 ifj,oa

Matière- salivaire , avec du carbonate et très -peu de phosphate de

soq.de o,o 5 o 2,76

Albumine, dont la cendre contenait principalement du cprbonàte et un peu de phosphate calcaire i,o 5 o 58 , 01

K. La lymphe des vaisseaux lymphatiques de la rate était d’un rouge vif. Au bout de quelques minutes, elle déposait une pellicule écarlate foncée au fond du vase. Cependant le sérum restait encore rouge, et il conservait même cette teinte dix-huit heures après.

Le sérum se coagulait par l’ébullition. Une partie, que l’on étendit d’eau , fut précipitée par l’acide nitrique et par le per-chlorure de mercure.

L. Le liquide des capsules surrénales était d’un rouge foncé et très- consistant. Il se coagula au bout d’environ dix minutes.

a. Le caillot était d’un rouge foncé et très-mou. Il paraissait contenir plutôt du cruor que de la fibrine.

2,69 gr. de ce caillot frais laissèrent 1,06 gr. de résidu, après l’exsiccation (= 3 g ,4 pour cent). Le résidu sec était d’un noir brunâtre, luisant à la surface, cassant et terne dans

244 DE LA DIGESTION

sa cassure. Il donna o, or gr. d’une cendre rouge brunâtre et meuble.

b. Le sérum était d’un rouge vif et translucide. Après avoir déposé encore beaucoup de cruor , dans l’espace de dix-huit heures , il se trouva d’un jaune assez pur et clair. Etant chauffé , il se prenait en une masse d’un gris sale , de même que tout autre sérum de sang.

4,57 gr. de ce sérum laissèrent , après avoir été évaporés, o,63 (= 13,78 pour cent) d’une masse sèche, qui était d’un brun rouge foncé et transparente sur les bords.

Distillationdes liqueurs filtrées du canal intestinal , depuis l’estomac jusqu’au rectum. — Toutes les liqueurs filtrées furent, chacune séparément , évaporées à siccité au bain-marie. Elles se troublèrent pendant l’évaporation, et cellesprovenant de l’estomac , du duodénum et des deux premiers tiers de l’intestin grêle se couvrirent d’une pellicule blanchâtre , qui cependant était peu épaisse dans la dernière portion , et qui manquait dans les autres liqueurs filtrées , tandis qu’en revanche celles-ci, et celle provenant de la seconde portion de l’intestin grêle , se remplirent de flocons d’un blanc grisâtre. Les résidus des liqueurs de l’estomac , du duodénum et du premier tiers de l’intestin grêle étaient d’un brun foncé , trr.nsparens , cassans à froid , mous et filans à chaud , et exhalaient une odeur douceâtre , désagréable. Les résidus des deux derniers tiers de l’intestin grêle , du cæcum et du rectum se comportaient de la même manière , à cette seule différence près qu’ils se ramollissaient moins au chaud.

Tous ces résidus furent mêlés avec un peu d’eau chaude , pour les rendre à demi fluides. On les introduisit ensuite dans un matras , on versa de l’alcool par-dessus , on chauffa plusieurs fois la masse avec de l’alcool à 3(j degrés R , et on filtra.

Laliqiïeur alcoolique faible obtenue de cette manière fut évaporée à siccité. Le résidu était , pour les portions provenant de l’estomac , du duodénum et des deux premiers tiers de l’intestin grêle , d’un brun foncé , translucide , et d’une odeur douceâtre, désagréable; il devint humide en restant à l’air. Pour le dernier tiers de l’intestin grêle , le cæcum et le

rectum, il était semblable, et seulement un peu plus solide. Nous épuisâmes tous ces résidus par de l’alcool bouillant k 36 degrés.

i . La liqueur alcoolique plus forte donna , par l’évaporation , un résidu extractiforme semblable. Ce résidu fut délayé avec un peu d’eau , et agité , dans un vase fermé, avec de l’étlier , que l’on décanta et renouvela souvent.

A. Le liquide étliéré donna un résidu brun, translucide et poisseux. Ce résidu fut traité par lîeau.

a. Ce qui ne se dissolvit pas dans l’eau consistait en une résine brune , qui , dans la plupart des liqueurs filtrées , était tenace et translucide. La résine du duodénum entrait en fusion à la chaleur, et brûlait ensuite avec une flamme vive , en répandant l’odeur delà graisse ; elle se dissolvait facilement dans l’alcool , et en était précipitée par l’eau. La résine du coeeum et du rectum était d’un vert brunâtre . La liqueur éthérée fournie par le contenu de ces deux intestins avait offert également une couleur verte. Toutes ces matières résineuses étaient indubitablement de la résine biliaire , en partie mêlée avec la graisse et le principe colorant de la bile.

b. L’eau avait enlevé un peu d’acide à l’extrait éthéré des liqueurs filtrées de l’estomac , du duodénum et des trois tiers de l’intestin grêle , mais n’avait rie'n pris à celui des liqueurs du cæcum et du rectum. Les portions provenant de l’estomac et dû duodénum étaient celles qui contenaient le plus de cet acide, dont la quantité allait ensuite en diminuant , et devenait extrêmement faible dans la liqueur provenant du dernier tiers de l’intestin grêle. L’extrait aqueux acide était, dans la portion appartenant au duodénum , d’un jaune brunâtre et translucide ; il contenait quelque chose de grenu, et rougissait fortement le tournesol. On pourrait le considérer comme de l’acide acétique rendu impur par une matière animale.

B. La portion insoluble dans l’éther de l’extrait alcoolique le plus fort fut essayée par les réactifs (table iv , a ). Comme on trouva de cette manière qu’il y avait de l’acide libre partout, excepté dans la portion provenant du rectum, nous employâmes différens moyens pour connaître la nature de

r>46 DE LA DIGESTION

cet acide , mais sans arriver à des résultats parfaitement satisfaisant.

On "se servit pour cela de la matière fournie par les liqueurs filtrées du duodénum. Cette matière avait une saveur douceâtre , acidulé et un peu empyreumatique (quoique tous les essais auxquels on la soumit eussent été laits au bainmarie). Elle se dissolvait complètement dans une plus grande quantité d’eau , à laquelle elle communiquait une couleur brune foncée.

a. On fit digérer une partie de cette matière avec du carbonate de chaux et de l’eau , puis on filtra. Le résidu, recueilli sur le filtre , ayant été dissous dans l’acide hydrocblorique, ne donna pas de précipité par l’ammoniaque. En conséquence , l’extrait ne contenait pas d’acide phosphoriquè , d’acide oxalique , d’acide tartarique , ni aucun autre acide formant avec la. chaux un sel difficilement soluble dans l’eau. La liqueur filtrée fut évaporée à siccité , et le résidu traité par l’alcool. Celui-ci ne laissa qu’un peu de matière extractive oxidée , avec une autre matière saline » qui , dissoute dans l’eau et évaporée, laissa un vernis non cristallin , lequel répandit, quand on' versa dessus de l’acide sulfurique, quelques vapeurs acides ( acétate de chaux impur?). La liqueur alcoolique dofina , par l’évaporation , quelques cristaux transparens, bien prononcés, et enveloppés d’une masse brune. En dissolvant cette masse dans l’eau, précipitant la chaux au moyen de l’acide oxalique versé aveoprécaution dans la liqueur , filtrant , saturant le liquide filtré avec de l’qxidc de zinc , et évaporant, on obtenait une masse brune, avec des grains cristallins sans forme appréciable.

b. On ne réussit pas davantage à découvrir un acide particulier en précipitant l’extrait dissous dans l’eau par le sousacétate de plomb , et examinant non-seulement le précipité, mais encore le liquide qui le surnageait. On peut admettre , comme une chose très-probable , que l’acide libre de cet extrait , de même que celui des extraits provenant de l’estomac , des trois tiers de l’intestin grêle et du cæcum , était de l’acide lactique , c’est-à-dire de l’acide acétique uni avec une matière animale.

ne S MAMJlll'ÈivEfi. iÇy

a. La portion de l’extrait alcoolique faible non soluble dans de l’alcool plus fort fut traitée par l’eau ; celle qui provenait de l’estomac , du duodénum et du premier tiers de l’intestin grêle, s’y dissolvit en grande partie; la dissolution de celle qui avait été fournie par les deux derniers tiers de l’intestin grêle et par le cæc um lut complète.

A. La dissolution aqueuse donna , par l’évaporation , un extrait brun foncé, brillant, cassant, toutefois difficile à écraser, beaucoup plus facile à dessécher que celui qui provenait de la liqueur alcoolique forte , restant cassant lorsqu’on le chauffait , et ayant une odeur très-faible. Les réactions d« cet extrait sont indiquées sur la table iv, b: A la distillation sèche , celui de l’estomac donna un liquide neutre , duquel la potasse , ^ammoniaque et l’acide sulfurique dégagèrent un acide volatil. Ceux des trois tiers de l’intestin grêle , du cæcum et du rectum se comportèrent de même , à cela près seulement que les liquides qu’ils fournirent à la distillation ramenaient tous au bleu la couleur îxmgie du tournesol. La cendre de ces extraits contenait du carbonate et du phosphate de chaux, avec du carbonate de soude, du chlorure de sodium, et aussi un peu de phosphate de soude. Ce dernier sel se rencontra sur-tout en si grande quantité dans les extraits provenant du cæcum et du rectum , qu’il cristallisa par le refroidissement de la dissolution dans l’eau chaude.

Une partie de l’extrait provenant du duodénum fut dissoute dans l’eau, et agitée avec une égale quantité d’éther. Les deux liquides se confondirent en une masse épaisse , gélatineuse , à peine encore un peu fluide , de laquelle il ne se sépara pas d’éther. Après qu’on eut ajouté davantage d’éther, il se sépara par le repos une partie de ce dernier , qui ne laissa cependant aucun résidu lorsqu’on vint à l’évaporer.

B. La portion insoluble dans l’eau des liqueurs filtrées de l’estomac , du duodénum et du premier tiers de l’intestin grêle, représentait une poudre brune, qui se dissolvait dans l’ammoniaque liquide et la potasse , et qu’on doit considérer comme une sorte de matière extractive oxidée.

II. La partie insoluble dans l’alcool faible des liqueurs intestinales filtrées et évaporées, fut épuisée par l’eau cbautlu.

DE LA DIGESTION

1 . La dissolution aqueuse donna , par l’évaporation , un extrait brun et dur , dont les réactions sont marquées sur la table iv, c. L’extrait de la liqueur filtrée de l’estomac fournit, à la distillation sèche , un liquide neutre. Celui des trois tiers de l’intestin grêle , du cæcum et du rectum , en donna un alcalin. Tous ces liquides exhalèrent une odeur aigre par l’acide sulfurique. Les cendres des extraits contenaient du phosphate de chaux , avec du carbonate et du phosphate de soude.

2. La proportion insoluble dans l’eau était une matière brune et cassante. Celle qu’on obtint des liqueurs filtrées de l’estomac ; du duodénum et des trois tiers de l’intestin grêle fut mise en digestion avec de l’ammoniaque , qui en dissolvit une partie. Le résidu obtenu par l’évaporation de cette dernière liqueur donna , à la distillation sèche , du carbonate d’ammoniaque. La portion non soluble dans l’ammoniaque contenait principalement du phosphate de chaux , avec une matière animale ( albumine ).

( TABLE I

RÉACTIONS DU MARC EXPRIMÉ DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE CANAL INTESTINAL AVEC L’ALCOOL, LE VINAIGRE

DISTILLÉ ET LA DISSOLUTION DE POTASSE, ET RÉACTIONS DES EXTRAITS OBTENUS AINSI :

iï

jj;

( TABLE

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