‹ Recherches expérimentales sur l'action antifermentative et microbicide de l'antipyrineChapitre 13 sur 26 · ACTION SUR LA DIASTASE PROPREMENT DITE · texte numérisé non relu

ACTION SUR LA DIASTASE PROPREMENT DITE

M. Barral a fait au laboratoire de M. Lépine certaines recherches qui lui ont fait dire que l’antipyrine diminuait le pouvoir glycolftique du sang; il nous à paru intéressant de chercher, à notre tour, quelle action cette substance pouvait avoir sur la formation même du sucre par la diastase.

Expérience. — Notre expérience sur la diastase de l'orge germé porte sur cinq ballons : ces 5 ballons reçurent tous 50 cc. d’eau distillée, plus 20 cc. de fécule de pomme de terre. Sur ces cinq ballons, un fut conservé comme témoin, sans addition d’antipyrine, les quatre autres en reçurent les doses suivantes 0 97.5 — Ter —5"er. —10'er.

Ces ballons ainsi préparés furent soumis à l’ébullition jusqu’à ce que, dans chacun d’eux, il se soit formé un empois d'amidon, bien pris en gelée.

Cela fait, nous les laissâmes refroidir jusqu’à 50° environ et il y fut ajouté 0 gr. 5 de diastase pure délayée dans 50 cc. d’eau à 40°.

Les cinq ballons furent alors portés à l’étuve sèche dont la température fut maintenue à 60.

Le lendemain, le dosage du sucre fut fait avec la liqueur cupro-potassique titrée et il donna les résul-

tats suivants :

Dans les ballons témoins il s'est formé 0 gr. 275 de sucre

— contenant O gr. 5 d’antipyrine — 0 gr. 27% — — — gr. — — 0 gr. 215 — — — 9 gr. — — 0 gr. 180 Es ANS — — 10 gr. — — 0 gr. 145 —

A la dose 10 gr. nous arrivons donc à un peu plus de la moitié de la somme de sucre formé dans le ballon témoin. Avec 5 gr.,la diminution est encore fort notable. En poussant les doses plus loin, peutêtre pourrait-on arriver à annihiler complètement l’action de la diastase.

Sur les ferments solubles, comme sur les ferments vivants, l'antipyrine, nous pouvons l’affirmer, a eu une action très considérable. Là, nous ne sommes plus en présence d'une action d'arrêt sur des -éléments doués de la vie, mais, bien d’une action chimique dans laquelle l’antipyrine vient jouer un rôle actif. Comment l’antipyrine, que l’on range parmi les corps les plus stables, a-t-elle pu intervenir? C'est à M. le professeur Cazeneuve que nous devons de pouvoir répondre à cette question; il a donné de ces faits l'explication suivante, à laquelle, nous l’espérons, il ajoutera bientôt une sanction, rendue indiscutable par des analyses chimiques ; les diastases sont rangées parmi les corps albuminoïdes ; or, on sait que ces corps ont des fontions mixtes, c'est-à-dire qu'ils peuvent jouer soit le rôle d’acide, soit le rôle de base, cela ne dépend que du corps en présence duquel ils se trouvent. L’antipyrine, nous l'avons déjà dit, est une base forte, il se pourrait donc que les diastases,

agissant comme un acide dans ce cas particulier, forment des sels avec l’antipyrine.

Cette interprétation fort ingénieuse nous parait très plausible, elle rend bien compte des faits observés ; et en tous cas, elle a le mérite d'indiquer le sens dans lequel doivent se faire les recherches tendant à montrer les modifications que peut subir l’antipyrine dans l’organisme, faits sur lesquels rien de précis n’a été formulé jusqu'ici.

L'ONU

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