‹ Recherches expérimentales sur l'action des préparations opiacées dans l'intoxication mercurielleChapitre 8 sur 21 · SOLUTIONS ET PROCÉDÉS EMPLOYÉS · texte numérisé non relu

SOLUTIONS ET PROCÉDÉS EMPLOYÉS

On sait que lorsque l’on étudie les doses toxiques d’une substance, c’est-à-dire la dose capable detuer 1 kilogramme de matière vivante, on peut observer : 1° une intoxication aiguë, c’est-à-dire l'intoxication qui amène la mort la plus rapide de l'animal pour une forte dose de substance toxique ; 2e une intoxication subaiguë, c’est-à-dire n’amenant la mort que beaucoup plus lentement; 8° une intoxication lente n’amenant la mort qu’au bout de plusieurs semaines. Enfin, il y a lieu dans certains cas d'étudier l'intoxication chronique. On appelle dose minima amenant une des intoxications une dose telle que, augmentée, elle n’amène pas unemort sensiblement plus rapide, mais qui, diminuée, n’amène la mort qu'avec un long retard.

Nous allons exposer dans ce chapitre les expériences que nous avons faites pour déterminer quelles étaient les doses minima de sublimé amenant l’intoxication aiguë et subaiguë,suivant qu'il était où non associé au chlorhydrate de morphine.

Gette association nous ne la réalisions que physiologi-

AY quement, c’est-à-dire que nous n’avons jamais donné dans une même solution le sel mercuriel et la morphine.

L’on sait, en effet, que la morphine forme avec les sels d’hydrargyre des sels doubles tels que le chloro-mercurate de morphine, l’iodo-mercurate de morphine, le cyanhydrargyrate de morphine, ete. Comme ces sels pouvaient avoir des propriétés et surtout une toxicité toute différente du sel mercuriel simple, et comme d’autre partnous avons étudié deux de ces sels, le chloro-et l’iodo-mercurate, nous avons toujours administré séparément les deux substances afin que leur action réciproque ne se produisit qu’à l’intérieur de l’organisme.

Ceci nous amène à parler de notre manuel opératoire, de nos solutions et des précautions que nous avons prises pour éviter autant que possible toute chance d'erreur.

Pour être sûrs de la quantité de substance active que nous administrions à nos animaux, nous avons toujours fait des injections hypodermiques. De cette façon, nous connaissions exactement la quantité de substance active absorbée, ce qui n’a pas lieu avec l’ingestion gastrique.

D’autre part, à cause de la nature même de nos recherches, il n’y avait aucun intérêt à employer les injections intra-veineuses qui, difficiles à pratiquer, exigeant des précautions minutieuses et un temps beaucoup plus long, n'auraient rien apporté de plus à notre démonstration.

Pourtant lorsque nous prévoyons que nous aurions à faire une longue suite d’injections, nous avions intérêt à ménager le plus possible notre place, et afin de réserver de l’espace pour les injections de sublimé ou de chloroalbuminate de mercure, nous avons eu recours aux injections intra-trachéales pour les injections de morphine.

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L'injection était faite avec une aiguille de gros calibre, capable de traverser les cartilages.

Le lieu le plus souvent choisi était situé à 1 cm. 50 environ au-dessus de la fourchette du sternum. En cet endroit, ilest en effet facile, à mon aide de saisir la trachée et de l’immobiliser en la poussant ce arrière en avant contre le sternum.

Nous n’avons jamais eu d'accidents, grâce aux précautions antiseptiques prises et, dans deux autopsies faites au lendemain d’injection, nous n’avons pas constaté de lésions irritatives, ni des bronches, ni du tissu pulmonaire.

Solutions. — Dans nos premières expériences, nous avons injecté tout simplement des solutions de sublimé dans de l’eau distillée contenant 0,5 pour 100 de chlorure de sodium par gramme de bichlorure de mercure.

Soit la solution à 2 pour 100.

He CLS SRE 2 grammes.

NaCI . . . .- 50 centigrammes, Eaudist. bouillie. 100 grammes.

Mais ayant reconnu que, malgré nos précautions, l’injection de solutions aux titres de 2 pour 100 et3 pour 100 avait amené chez deux de nos sujets des eschares aux points où les injections avaient été faites, nous avons remplacé les solutions de sublimé par celles de chloroalbuminate de mercure qui, en étant tout aussi CASE sont beaucoup moins caustiques.

Voici la formule que nous avons employée :

Solution de Courgues :

CE Es

Fe ER CS fe ra nine.

Eau distillée . . . 20 —

Dissoudre. — Filtrer.

Ajouter : Blanc d’œuf n° 1,

dilué dans Eau distillée . . . 20 grammes.

Agiter le précipité et ajouter la solution suivante :

Chlorure de sodium . : 2 grammes.

Eau distil. bouillie . 40 —

Agiter le mélange, filtrer, peser le filtratum et ajouter: de l’eau distillée pour parfaire à 100 grammes. .

L’on obtient un liquide opalin un peu visqueux, dont 1 centimètre cube contient 1 centigramme de chloro-albuminate de mercure.

Nous ne nous sommes pas servi de solution d’un titre supérieur à Z pour 100 et n’avons jamais injecté plus de 2 centimètres cubes au même point.

Nos solutions de morphine étaient simplement faites dans l’eau distillée. Nous remplissions de cette solution filtrée de petits entonnoirs à brome dont le bouchon de verre était remplacé par un tampon de coton et dont l’extréinité inférieure plongeait dans une solution antiseptique.

Une fois Les tubes remplis, ou les plaçait pendant une heure dans l’étuve à 110 degrés. |

Pour se servir des solutions, il suffisait de faire couler, à l’aide du robinet, dans un récipient stérilisé, la quantité de liquide nécessaire à l’expérience.

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