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LATE tinuer les bains de vapeur, le gargarismie, et dans peu de jours, S....., qui ne fut purgé qu’une fois, fut rétabli et débarrassé de la gale.
« D’après ce que je viens d'exposer, ne doit-on pas inférer que si d’abord on eût associé l’usage de l’opium aux frictions mercurielles, elles n’auraient pas donné lieu aux accidents observés chez S.....2?
« L’opium joint-il dans toutes les circonstances et chez tous les sujets indifféremment de la propriété de s’opposer ou de faire cesser les accidents occasionnés par le mercure? Des observations bien faites et répétées peuvent seules, je pense, résoudre cette question importante. »
On voit que Gouecou et Senné avaient nettement vu les propriétés antitoxiques de l’opium vis-à-vis du mercure et avaient nettement posé le problème des recherches à faire à ce sujet.
Mais les syphiligraphes qui suivirent ne semblèrent pas avoir eu connaissance de ces travaux et négligèrent de les continuer. Cependant, les plus célèbres d’entre eux nousont laissé des formules où entre lextrait thébaïque.
. Les fameuses pilules de Ricord ont la formule suivante :
Protoiodure de mercure
HiPitace enr a. er. 1097 Poudre de belladone .
Extrait thébaïque . . 0 gr. O1
pour une pilule.
Ou la suivante :
Ur
Proto-iodure de mercure. 0 gr. 05 Extrait thébaïque . . . . O gr. 01 Extrait de gaïae . . . . Ogr: 02
Celles de Dupuytren non moins fameuses contien -
nent :
Sublimé +... . .-., 1-centigramme Extrait d’opium . . . 2 centigrammes Extrait de gaïac . . . 4 centigrammes
Larrey formulait ainsi son sirop antivénérien : Sirop dépuratif de Larrey 900 grammes Sublimé corrosif . . . | Hydrochlorate d’'ammoniaque Extrait aqueux d’opium.
a. VU Bre0
Au milieu du siècle, Rodet s’occupant de la cure par l’opium à hautes doses d’accidents que lui, uniciste, croyait syphilitiques, mais qui ne l’étaient probablement pas toujours, nous dit :
1° Que ce remède uni au mercure pour combattre les ulcères malins syphilitiques, est un puissant auxiliaire ;
2° Qu'il guérit souvent les ulcères de ce genre lorsque le mercure a été déjà et vainement employé ;
30 Que, pour lui, c’est à tort que l’on a voulu faire de l’opium un succédané du mercure. Dans la syphilis constitutionnelle, il est utile «comme correctif des spécifiques puissants auxquels on l’associe », mais il ne doit être employé alors qu'à petite dose. |
Ge mot petite dose demande une explication.
Rodet, en effet, avait essayé un traitement par l’opium comportant des doses croissantes d'extrait thébaïque et
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allant jusqu’à 1 gramme et plus par jour. On comprend que pour lui 5 centigrammes ou 1 décigramme d'extrait d’opium dans une pilule fût une bien petite dose.
Eisenmann dit dans un article sur les médicaments composés : « Vous savez enfin que l’oxyde rouge de mercure associé à l’opium fut souvent employé dans la syphilis et que beaucoup de praticiens n’ajoutaient l’opium que dans le but de prévenir la salivation. » Il ajoute : « Le bichlorure gagne évalement en vertu thérapeutique et perd de sa toxicité l’orsqu’il est associé à l’opium. Videkind et le professcur Bartels l’avaient déjà observé, et je crois Pavoir vu moi-même à plusieurs reprises. »
Dujardin-Baumez, à propos du indie a vu que « la tolérance buccale et stomacale sont variables, mais qu'il est rare qu'on n'arrive pas à faire tolérer 5 centigrammes à { ni) oi de protoiodure en l’associant à l’opium. »
De même Fonssagrives dans le Dichonnaire en 100 volumes, nous dit à l’article oPIUM :
« J'ai obtenu, pour mon compte, de l'association de ’opium et du mercure des résultats que le mercure seul
‘avait été inhabile à me donner. Mais, c’est surtout contre
les ulcères vénériens rebelles qu’on peut attendre les
meilleurs résultats de l'emploi de l’opium. »
Plus loin, tout en reconnaissant que l’opium associé au mercure (connubium com mercurio) a uue action corrective des plus utiles, il déconseille de l’employer seul. Plus loin encore, il nous dit : « De même aussi l’action du sublimé paraît-elle singulièrement plus efficace quand on lui adjoint de petiles quantités d’opium dansle traitement de lasyphilis. »
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Actuellement, Fournier et Mauriac continuent à employer l’opium dans les pilules mercurielles, mais ils ne le font que pour assurer la tolérance stomacale.
Fournier propose de substituer aux anciennes pilules de Dupuytren qui contenaient 2 centigrammes d'extrait d’opium, la formule suivante où il supprime complètement le gaïac :
Bichlorure de mercure
: : aa. 1 centigramme Extrait d’opium. Fe
ajoutant que cette dose lui a toujours paru suffisante pour la visée que l’on poursuit, c’est-à-dire la tolérance stomacale du sublimé.
Il restreint de même à 1 centigramme la dose d'extrait thébaïque dans sa formule de pilule de protoiodure.
Ce faisant, il est conséquent avec lui-même, car il dénie tout rôle curatif à l’opium et dit :
« Quel avantage y aurait-il à l’associer indéfiniment au mercure pour toute la durée du traitement? Qu’on le prescrive au début pour assurer la tolérance. Mais la tolérance assurée il n’est plus utile, nuisible même. Je le supprime pour ma part dès que je crois n’en avoir plus besoin, quitte à ie reprendre si l'indication s’en impose de nouveau.
Mauriac reconnaît l'utilité de l’opium et nous dit :
« On associe généralement l’opium aux préparations pilulaires des différents composés hydrargyriques afin d’atténuer leur action irritante sur l’estomac. et les intestins. Il est essentiel au début pour assurer la tolérance: plus tard on peut s’en passer. Il est vrai qu’au bout de quelques jours à la dose de 1,2 ou même 4 centigrammes,
Robe D RETE l’économie y est tellement habituée qu’il agit comme un excipient inerte,
Nombreuses sont les formules d’injections hypodermiques où la morphine est associée à différents sels de mercure; mais, nous devons le reconnaître, la plupart des auteurs n’ont mis de la morphine dans leurs formules que dans le but d’atténuer la douleur généralement très vive que causent les injections de sels hydrargiriques.
Par le rapide exposé de l’historique de la question, on a pu voir que si beaucoup de médecins se sont rendu compte de l’action corrective de l’opium à lPégard des mercuriaux, si beaucoup ont reconnu son action adjuvante dans le traitement de la syphilis, aucun expérimentateur n’a encore essayé, par des expériences précises, de mesurcr, expliquer et déterminer cette action. Nous avons voulu tenter d’élucider une des faces de la question : l’action corrective de la morphine à l'égard de la toxicité des mercuriaux. Nous avons fait plusieurs séries d’expé riences pour déterminer les doses actives de morphine et pour rechercher si le rôle de cette substance sur Pélimi-
mation pouvait expliquer son action favorable.
Pressé par la loi militaire de finir nos études, nous sommes obligé de laisser à un autre l’étude, chez l’homme, des propriétés si curieuses de la morphine que uous croyons avoir mises en lumiere et, en particulier, de l’application à la clinique du résultat de nos recherches.
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